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Social / Partenaires sociauxImprimer l'article | ![]() Entretien avec Philippe de Buck, directeur général de Business Europe« Revoir les systèmes de pension, n’est pas une mesure d’austérité »Propos recueillis par Sophie Petitjean | mercredi 22 juin 2011
![]() Qu’il s’agisse du futur budget européen ou de la gouvernance économique, l’Union européenne doit être capable d’aller de l’avant et de tirer des leçons du passé : tel est le message que défend Philippe de Buck, directeur général de l’organisation des employeurs privés, Business Europe. Il invite le Conseil européen à adopter la proposition de compromis sur les six propositions législatives relatives à la gouvernance économique et le pacte « euro plus », tant critiqué par les syndicats européens. Et encourage la future présidence polonaise à s’attaquer aux dossiers susceptibles de doper la croissance, comme le brevet unitaire. Quinze mille manifestants ont défilé dans les rues de Luxembourg le 21 juin à l’appel des syndicats européens pour dénoncer le pacte « Euro plus », qui doit être entériné par le Conseil européen des 23-24 juin. Comprenez-vous leur motivation ? Le pacte « euro plus » n’est pas un pacte d’austérité. Revoir les systèmes de pension, ce n’est pas une mesure d’austérité, c’est une mesure essentielle qui tient compte de l’espérance de vie. Revoir l’indexation des salaires, ce n’est pas nécessairement une mesure d’austérité non plus. La preuve, c’est qu’elle n’existe qu’en Belgique et au Luxembourg et qu’ailleurs, on n’est pas pour autant dans un désert social. Là où il y a des mesures d’austérité aujourd’hui, c’est en Irlande, au Portugal et en Grèce pour des raisons que nous connaissons et qui ne sont pas dues à l’Europe d’ailleurs. Je m’oppose à ceux qui disent que toute mesure de réforme est une mesure d’austérité. Business Europe préconise la modération salariale et soutient une croissance économique qui crée de l’emploi, afin d’assurer la durabilité de nos systèmes sociaux. C’est également une bonne gestion des finances publiques au sein de l’UE. Quels sont vos autres messages pour les chefs d’État et de gouvernement ? D’abord, ils doivent reconnaître que nous sommes dans une reprise économique, qui est fragile mais qui est là, et qu’il faut tout faire pour la maintenir. Parce que grâce à cette nouvelle croissance, on ira vers les 2 % de croissance en 2011 et on créera 1 million d’emploi en Europe. C’est un élément crucial et il faut que les membres du Conseil en soient conscients. Deuxièmement, il y a une urgence : sauvegarder l’euro. Il faut trouver des arrangements pour permettre à la Grèce de retrouver sa crédibilité financière. Le problème, c’est qu’on discute trop longtemps et trop souvent en public. L’Europe est sur la bonne voie et nous escomptons que des décisions soient prises et confirmées à la fin de cette semaine. La troisième priorité est le futur de la gouvernance économique. Business Europe soutient le paquet des six propositions, y compris l’idée d’introduire des sanctions. Nous souhaitons que le compromis passe, et le plus vite possible. Notre quatrième et dernière priorité pour ce Conseil européen a trait aux pays de la Méditerranée. Selon nous, l’Europe doit aider ces pays. De concert avec la Confédération polonaise des employeurs privés, Lewiatan, vous avez organisé, le 22 juin, une conférence sur le prochain semestre de présidence. Qu’attendez-vous concrètement de la Pologne ? Varsovie, comme toutes les présidences de l’UE, sera jugée sur sa capacité de forger des accords entre les États membres de l’UE. Il y a plusieurs dossiers chauds qui devront être traités au cours des six prochains mois, notamment dans le cadre de l’Acte pour le marché unique (AMU). Sur la société privée européenne (SPE) par exemple, on sait très bien où se trouvent les difficultés : elles se trouvent en Allemagne et dans un certain nombre de pays. Elles concernent la représentation des travailleurs dans les organismes statutaires de la société privée. Alors oui, nous comptons sur la Pologne pour ne pas oublier ce sujet et continuer les discussions. Le deuxième sujet de l’AMU, c’est le brevet unitaire dans le cadre d’une coopération renforcée. La coopération renforcée n’était pas facile à accepter pour Business Europe mais nous nous y sommes résolus parce que l’objectif en valait la peine. La Pologne aussi, à l’époque, avait des réticences mais s’est ralliée à la grande majorité des pays. Je trouve que c’est un magnifique signal pour attirer les autres pays car, au final, ce que nous voulons, c’est un système de protection des brevets qui soit valable dans toute l’UE. Si la Commission fait une proposition sur le système judiciaire avant le Conseil Compétitivité extraordinaire du 27 juin, alors nous espérons que le Conseil tiendra une première discussion et si possible, prendra une décision. La présentation du budget européen, le 29 (ou 30) juin, est très attendue. Vous dites qu’il faut « faire les choses mieux et pas spécifiquement accroître le budget de l’UE » : pouvez-vous donner un exemple ? La présentation du budget est toujours un moment délicat. Nous souhaitons un budget rénové qui soutienne la croissance. Pour ce faire, nous allons examiner les propositions de la Commission et la soutenir dans ses efforts pour améliorer la mise en œuvre du budget. Et je prends l’exemple du développement régional et la politique de cohésion. Le but de la cohésion est de faire croître des économies pour arriver à une moyenne : est-ce que ça va dans le bon sens ? L’Europe doit faire un inventaire pour voir ce qui a été bien fait et ce qui a été moins bien fait, voire complètement mal fait. Elle doit combler ces failles, pour qu’il y ait un retour pour l’économie, pour l’emploi et pour les entreprises. Cela doit être le leitmotiv de ce budget. |
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