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Chimie/Perturbateurs endocriniens

La Commission avoue des failles dans les systèmes de contrôle

Par Elise Mertens | mercredi 22 février 2012

«  Des manques considérables existent dans les méthodes d’identification des produits chimiques susceptibles d’affecter les humains et la nature », dévoile un rapport publié le 20 février par la Commission européenne (1). Selon ce rapport, les systèmes de contrôle internationalement reconnus ne sont capables d’identifier qu’un pourcentage limité de perturbateurs endocriniens (ED). Pour une large majorité des substances chimiques, il n’existe encore aucun procédé de vérification valable et celles-ci continuent donc à être utilisées dans les produits de consommation courante malgré les dérèglements hormonaux qu’ils risquent d’entraîner.

Ce rapport fait suite à une demande du Conseil Environnement de décembre 2009 qui invitait la Commission à étudier, pour début 2012, les risques liés à l’exposition à de multiples produits chimiques et à envisager, si nécessaire, des méthodes d’évaluation appropriées.

«  Depuis 20 ans, il est de plus en plus évident que l’exposition à certains produits chimiques peut entraîner des troubles hormonaux », révèle cette étude qui met en évidence trois conclusions majeures : 1. les cocktails chimiques, même composés de substances qui indépendamment l’une de l’autre sont inoffensives, peuvent avoir des effets néfastes sur la santé humaine ; 2. l’exposition accentuée à certaines étapes précises du développement augmente le risque d’avoir une maladie chronique plus tard, notamment chez les nourrissons et les petits enfants ; 3. les systèmes de vérification internationaux sont inadéquats. Le rapport souligne aussi que «  la principale difficulté est de distinguer quels sont exactement les produits chimiques à risque car ils sont souvent mélangés les uns aux autres, et ne restent pas longtemps détectables dans les tissus humains après l’exposition. »

La Commission fait ensuite six recommandations afin d’améliorer les procédures d’identification : 1. mise en œuvre de méthodes de contrôle actualisées et reconnues au niveau international au titre des règlements REACH (enregistrement, évaluation et autorisation de produits chimiques) et phytosanitaires ; 2. définition de nouvelles lignes directrices pour l’interprétation des données ; 3. élaboration de règlements spécifiques pour les ED ; 4. développement de nouvelles procédures de tests tenant compte de tous les éléments ayant un impact potentiel sur la santé ; 5. prise en compte d’autres critères que la seule puissance dans les méthodes d’évaluation (toxicité, irréversibilité, spécificité, sévérité des effets) ; 6.création de nouvelles classifications réglementaires afin de stimuler la production de données.

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) demande une révision complète de la réglementation de l’UE sur les produits chimiques pour protéger plus efficacement les consommateurs.


(1)  State of the Art of the Assessment of Endocrine Disrupters - http://ec.europa.eu/environment/endocrine/documents/studies_en.htm

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