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SOCIAL / Education & formationImprimer l'article | ![]() Conseil EducationChômage des jeunes : les ministres européens sous pressionPar Sophie Petitjean | vendredi 10 février 2012
Les Vingt-sept s’accordent sur la nécessité d’une intervention précoce, ciblée et intelligente - associant le monde de l’entreprise et celui de l’éducation - pour réduire le chômage des jeunes en Europe. A l’occasion du Conseil Éducation du 10 février, les ministres étaient invités à identifier les mesures politiques à prendre en 2012 au niveau national et européen pour lutter contre les niveaux actuellement élevés de chômage chez les jeunes et atténuer les conséquences sociales de la crise pour ces derniers. « Le chômage est un gaspillage de talents humains. Lorsque 14% de nos élèves quittent l’école prématurément, il y a quelque chose qui fonctionne mal », a déploré la commissaire à l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Androulla Vassiliou, exhortant les États membres à redoubler d’efforts dans leurs programmes nationaux de réformes. A la demande de la présidence danoise, quatre États membres ont lancé le débat: Chypre a présenté son programme de lutte contre le décrochage scolaire, axé sur la prévention et l’intervention précoce. L’Allemagne a décrit son système de formation en alternance, soutenu financièrement par les entreprises. La Slovaquie a exposé sa stratégie de communication visant à sensibiliser les jeunes et leurs familles aux perspectives d’emploi et aux programmes d’étude. Et l’Irlande a présenté son « programme de 35 semaines », divisé en 12 semaines de formation axées sur les nouvelles compétences informatiques, 11 semaines de travail en entreprises et 12 autres semaines de formation. Les autres États membres (ainsi que la Croatie) ont ensuite exposé la situation qui prévalait dans leur pays respectif. Ils ont également suggéré une série de mesures à l’échelon européen. La France a par exemple appelé la mise en place d’un plan européen sur l’alternance, axé sur la mobilité et sur la qualité (des offres d’apprentissage et des stages, via peut-être l’introduction d’un cadre). Paris a en outre soutenu une simplification des procédures du Fonds social européen afin que celui-ci contribue davantage à la lutte contre le décrochage scolaire. Pour conclure la réunion, Androulla Vassiliou a déclaré : « Il faut travailler sur deux axes : d’une part, répondre aux défis à court et à moyen terme en offrant aux jeunes actuellement au chômage un stage et, d’autre part, s’attaquer aux défis à long terme à travers une évaluation constante de nos système d’éducation. C’est en effet moins cher et mieux d’intervenir à un stade précoce et de traiter la cause profonde du problème ». DEUX RAPPORTS ALARMANTSPlus tôt dans la matinée, les ministres ont adopté le rapport conjoint 2012 du Conseil et de la Commission relatif à la mise en œuvre du cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils ont également été informés des principales conclusions du rapport élaboré conjointement par le réseau Eurydice et Eurostat, intitulé « Chiffres clés sur l’éducation 2012 ». Et globalement, les conclusions de ces deux rapports ne sont pas bonnes. Le premier établit, en effet, que les États membres ne progressent que lentement vers les objectifs de la stratégie Europe 2020 en matière d’éducation et d’abandon scolaire (voir Europolitique n°4360). Le second, qui présente les évolutions des systèmes d’éducation européens durant les dix dernières années, attire l’attention sur le risque de pénurie d’enseignants dans un avenir proche. Il affirme en effet que cette profession compte de moins en moins de diplômés et a tendance, au fil des années, à se précariser : les enseignants travaillent plus de temps en classe et bénéficient d’un pouvoir d’achat moindre qu’il y a dix ans. En conséquence, plusieurs États membres de l’UE, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, l’Autriche et la Belgique, pourraient connaître à l’avenir une grave pénurie de main d’oeuvre. Les 95 indicateurs repris dans l’étude couvrent la situation démographique, les structures d’enseignement, la participation, les ressources, les enseignants et le personnel de gestion, les processus éducatifs et les niveaux de qualification, ou encore, le passage à la vie active. |
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