Conseil EcoFin
Assurer la viabilité des dépenses à la lumière du vieillissement
Par Sophie Petitjean | mercredi 16 mai 2012
Les ministres des Finances s’engagent à intensifier leurs efforts pour limiter autant que possible les conséquences économiques et budgétaires du vieillissement de la population, avec notamment des actions sur les systèmes de pension et de soins de santé. Réunis à Bruxelles en Conseil le 15 mai, ils ont adopté des conclusions approuvant le rapport 2012 sur le vieillissement et identifiant les actions à prendre à la lumière des nouvelles projections. A nouveau, les ministres insistent sur l’importance d’entamer des réformes structurelles pour soutenir la durabilité des finances publiques.
PROJECTIONS D’ICI 2060
Le rapport sur le vieillissement actif, rédigé conjointement par le Comité de politique économique et la Commission, porte sur l’évolution des dépenses publiques au cours de la période 2010-2060 en matière de pensions, de soins de santé, de soins de longue durée, d’éducation et de prestations de chômage. Basé sur des données démographiques provenant d’Eurostat et sur des méthodes de calcul bien établies, il affirme qu’en 2060 l’UE comptera 15 millions de citoyens en plus. Dans le même temps, le ratio entre les personnes en âge de travailler et celles de plus de 65 ans diminuera de moitié.
En conséquence, d’ici 2060, les dépenses publiques strictement liées à l’âge (hors prestations de chômage) devraient augmenter de 4,1 points de pourcentage du PIB et les dépenses de retraites publiques devraient augmenter de 1,5 point de pourcentage du PIB. Les projections indiquent que les dépenses publiques consacrées aux soins de santé et aux soins de longue durée devraient augmenter de 2,7 points de pourcentage du PIB entre 2010 et 2060. Et, en tenant compte de la possible évolution à venir de facteurs de coûts non démographiques, celles-ci pourraient même atteindre 3,4 points de pourcentage du PIB.
RÉFORMES STRUCTURELLES
A la lumière de ce rapport, le Conseil EcoFin souligne l’urgence de répondre aux conséquences économiques et budgétaires du vieillissement. Il appelle à entreprendre des actions pour réduire la dette des gouvernements rapidement, pour augmenter les taux d’emploi et la productivité et pour réformer les systèmes de pension, de soins de santé et de soins de longue durée.
Les ministres soulignent tout particulièrement que des actions supplémentaires devraient être prises pour augmenter l’âge effectif de départ à la retraite «
y compris en évitant les pré-retraites et en liant l’âge de départ obligatoire ou les prestations de retraite à l’espérance de vie ou par des mesures avec des conséquences budgétaires similaires ».
Ils appellent également les États membres à évaluer la performance de leurs systèmes de santé et d’envisager des réformes en vue d’atteindre «
un usage plus efficace des ressources limitées, associé à la fourniture de soins de santé de qualité ».
Ces projections devraient être utilisées dans le cadre du Semestre européen (établissement des budgets nationaux).