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Droits des femmes/Conseils d’administration

Une majorité de députés favorables aux quotas de femmes

Par Brian Beary à Washington | mardi 10 avril 2012

Une majorité d’eurodéputés se rallie à l’idée (envisagée par la commissaire à la Justice Viviane Reding) d’imposer des quotas de femmes dans les conseils d’administration, a affirmé à Europolitique le président commission des droits de la femme du Parlement européen. Les groupes GUE-NGL, Verts, ADLE et S&D sont «  généralement » favorables, mais le PPE et l’ECR sont plutôt contre, a indiqué Mikael Gustafsson (GUE-NGL, Suède), le 4 avril, lors d’une visite à Washington.

«  Ce n’est pas que nous voulions le faire, mais rien n’a été fait ces dernières années pour améliorer la situation. Nous avons tant attendu. Aujourd’hui, nous avons un quota informel d’hommes puisque les hommes élisent des hommes », a-t-il dénoncé. M. Gustafsson clôturait ainsi quatre jours de visite à Washington au cours desquels, avec trois autres membres de la commission des droits de la femme, il s’est s’entretenu avec des représentants du gouvernement américain, des Nations unies, de la Banque mondiale, d’ONG et de syndicats.

M. Gustafsson a reconnu que ses interlocuteurs américains «  n’étaient pas trop en faveur de quotas » qu’ils n’envisageaient d’ailleurs pas. Ils privilégient la carotte plus que le bâton : présenter des modèles de rôles positifs pour les femmes, encourager les filles à l’école, mettre un terme aux stéréotypes. «  Ils voulaient en savoir plus sur ce que l’UE faisait parce que nous sommes si loin ». Les mandats imposés par les gouvernements sous l’une ou l’autre forme (basés sur le sexe ou la race) sont généralement assimilés aux Etats-Unis aux antipodes de l’égalité pour tous en fonction des mérites.

En Europe, Mme Reding a lancé, le 5 mars, une consultation publique sur la sous-représentation chronique des femmes dans les conseils d’administration : au sein des toutes grosses firmes européennes, elles sont à peine 3 % dans le meilleur des cas. M. Gustafsson a indiqué qu’en tant que président de la commission FEMM, il appuierait une proposition en ce sens de Mme Reding, mais que son groupe politique, la gauche unie européenne, tenait moins à des quotas imposés par l’UE.

Les eurodéputés ont rencontré Margot Wallstrom, l’ancienne commissaire européenne devenue Représentante spéciale de l’ONU sur la violence sexuelle lors des conflits. Elle y lutte contre le viol comme arme de guerre. Mikael Gustafsson a noté que sa délégation avait appris que la Banque mondiale était parvenue à un équilibre 50-50 des sexes pour son personnel de tout haut rang, et commençait à tenir compte de la violence à l’encontre des femmes lors de l’octroi de prêts. M. Gustafsson est le premier président de la commission FEMM, poste pour lequel sa motivation première était l’égalité des genres, «  qui ne relève pas que des femmes, c’est une question de démocratie et de droits de l’homme. Je suis féministe en ce sens que je crois que les hommes sont avantagés par la structure de la société et je voudrais changer cette structure. »



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