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Business & compétitivité / CultureImprimer l'article | ![]() CinémaLes Européens préfèrent aller voir les blockbusters américains Par Nathalie Vandystadt | mardi 10 mai 2011
Sans surprise, les films européens n’ont pas fait le poids en 2010 face à Avatar et d’autres blockbusters 3D américains. Le bilan pour le cinéma « made in Europe » est d'autant plus mitigé - avec une part de marché en recul de 25,3 % par rapport à l’année précédente -, selon les chiffres Observatoire européen de l’audiovisuel publié le 10 mai, que les cinémas n’en n’ont pas moins augmenté leurs recettes avec une croissance de 5 %, soit un record de 6,45 milliards d’euros. C'est sans appel. Les grosses productions US occupent 10 des 20 premières places des films aux plus gros succès dans les salles obscures européennes. Et mis à part le dernier Harry Potteret Robin Hood, deux films britanniques financés par des studios américains, aucun film européen ne figure parmi les 20 premiers films… Face aux plus de 43 millions d’entrées réalisées par Avatar, le succès français Les petits mouchoirsest loin derrière avec 5,4 millions d’entrées. C’est pourtant le film européen – hormis Harry Potter et Robin Hood – à avoir attiré le plus de spectateurs en 2010 en Europe. « Ces données semblent refléter l'impact des films 3D pour leur deuxième année de présence sur le marché. Alors que la croissance significative de la fréquentation des salles en 2009 était très probablement attribuable au facteur de nouveauté de la 3D, les films 3D n’ont pas réussi à accroître la fréquentation en 2010. Ils ont néanmoins maintenu la fréquentation à son deuxième plus haut niveau depuis 2004 et fait progresser le prix moyen du billet d'environ 6,8 % », explique l’Observatoire. La fréquentation des salles, elle, varie d’un pays à l’autre de l’UE. Elle a augmenté sur 13 marchés, comme la Belgique (+5,1 %), la Bulgarie (+25,1 %), l’Italie (+11 %), mais a diminué sur 14, comme en Allemagne (-13,5 %), en Espagne (-7,6 %) ou en Irlande (-6,6). « Entraînés par le succès local Les petits mouchoirs, les films français sont, une fois de plus, les films européens à avoir attiré le plus grand nombre de spectateurs. Soutenus par des résultats solides sur leur marché national, les films italiens occupent la deuxième place, avec 4,1 %, et sont suivis par les productions allemandes qui, grâce à Resident Evil: Afterlife, représentent 3,1 % des entrées totales dans l'UE », ajoute l'organisme qui dépend du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Production européenne en formeTout n’est cependant pas désespérant pour le cinéma européen. D’une part, il continue de rafler des prix prestigieux – 13 films européens sur 20 sont d'ailleurs en compétition au Festival de Cannes 2011 ouvert ce 11 mai (en dehors de la sélection « Un certain regard »), dont plusieurs coproductions. D’autre part, il affiche des niveaux de production en hausse. L'Observatoire estime, à titre provisoire, que 1 203 longs métrages, documentaires inclus, ont été produits dans l’UE, soit 19 films de plus qu'en 2009. Un nouveau record. Et si la production de fictions allemandes n'avait pas nettement reculé, passant de 129 à 84 films, cette croissance aurait été plus prononcée. Prix MEDIA du Talent européen La Commission européenne a aussi son prix cinéma. Elle a récompensé, le 10 mai, deux scénaristes, Virág Zomborácz (Hongrie) et Hanna Sköld (Suède), qui se partagent le prix MEDIA du Talent européen pour leurs films Afterlife et Granny’s Dancing on the Table. Un prix qui revient au scénariste et à la société de production d’un projet jugé le plus susceptible de plaire au public européen. Cette année, l’évaluation a porté sur 93 projets de film, qui reçoivent au total plus de 3,5 millions d’euros du programme MEDIA, soit une aide entre 10 000 et 80 000 euros pour chaque projet. Invitées par la Commission, les deux scénaristes recevront leur prix à Cannes le 15 mai, avec leurs producteurs. Afterlife, qui narre avec humour noir les mésaventures d’une famille hongroise, les Tulipán, dans un petit village à l’ère postcommuniste, a été aidé par le programme européen à hauteur de 40 000 euros. Et Granny’s Dancing on the Table, l’histoire d’une adolescente qui échappe aux griffes d’un père violent, de 60 000 euros. |
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