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Sommet social tripartite

Le thème de la croissance revient au devant de la scène

Par Sophie Petitjean | jeudi 01 mars 2012

«  Le modèle social européen n’est pas mort » : c’est en ces termes que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a conclu le sommet social tripartite du 1er mars à Bruxelles, qui précédait de quelques heures la réunion des chefs d’État et de gouvernement. A la grande satisfaction des partenaires sociaux européens, cette réunion était consacrée au dialogue social en tant qu’instrument indispensable au rétablissement de la croissance et l’emploi.

«  A cause de l’urgence de la crise de la dette, les réformes structurelles, la croissance et l’emploi ont parfois été relégués au second plan. Alors je ne dis pas que la crise de la dette est résolue. Mais il est clair que nous avons maintenant la possibilité d’un changement de perspective », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. De là à rassurer les partenaires sociaux, il reste un pas. La réunion s’est en effet limitée à un échange de vues sur la situation actuelle, y compris le chômage des jeunes. Les partenaires sociaux européens UEAPME, BUSINESSEUROPE, le CEEP et la CES ont en outre dévoilé leur programme de travail conjoint pour 2012-2014.

«  Je salue l’accent qui a été mis aujourd’hui sur la croissance et l’emploi, car la Confédération européenne des syndicats (CES) est convaincue que la rigueur budgétaire ne sortira pas l’Europe de la crise. (...) Mais au-delà de cette reconnaissance, nous continuons d’avoir des divergences de vues sur le type de mesures à mettre en œuvre », a rappelé Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES.

Les employeurs ont en effet appelé à des réformes structurelles pour stimuler la croissance et l’emploi alors que les syndicats ont appelé à un axe de travail radicalement différent.

DEUX VISIONS DIFFÉRENTES

«  La consolidation budgétaire est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. (...) C’est pourquoi nous soutenons des réformes structurelles, qui encouragent les dépenses privées, restaurent la confiance des entreprises et remettent l’Europe sur le chemin de la croissance », a déclaré Gunilla Almgren, président de l’Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME). Les employeurs publics et privés ont également appelé l’UE à soutenir davantage les entreprises européennes. Business Europe (privé) a soutenu l’achèvement du marché unique pour les services, le développement du marché unique numérique et la promotion du commerce extérieur. Le Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises d’intérêt économique général (CEEP) a, quant à lui, exprimé de vives inquiétudes à l’égard des propositions en matière d’aides d’État, de marchés publics et de concessions, actuellement sur la table.

Les syndicats, de leur côté, ont appelé à un véritable changement de mentalité : «  L’accent ne doit pas toujours être placé sur les réformes structurelles et la déflation salariale. La CES plaide, a contrario, pour une taxe sur les transactions financières, la lutte contre l’évasion fiscale, la mutualisation de la dette, le renforcement de la Banque centrale européenne, etc. », a déclaré Bernadette Ségol.

UN PROGRAMME DE TRAVAIL COMMUN

En dépit de cette divergence de vues, les partenaires sociaux ont présenté aux présidents de la Commission, du Conseil et aux ministres danois, chypriote et irlandais leur programme de travail conjoint pour la période 2012-2014. Ce programme, qui concerne les réformes à entreprendre pour développer les politiques sociales, met tout particulièrement l’accent sur le chômage des jeunes. Les partenaires sociaux planifient en effet d’étudier le lien entre l’éducation, les attentes des jeunes et des marchés du travail et de formuler des recommandations concrètes aux États membres et aux institutions de l’UE.

Business Europe a en outre profité de cette réunion pour présenter le rapport de son groupe de travail sur les perspectives d’emploi des jeunes ainsi que des propositions concrètes relatives aux systèmes d’apprentissage et de formation en alternance.

Les autres thèmes clés de ce programme conjoint sur trois ans sont l’évolution du marché du travail, les besoins en termes de compétences dans le cadre de l’économie verte et de la participation des travailleurs âgés, l’égalité des chances, la mobilité et la migration économique. Les partenaires sociaux s’engagent, par ailleurs, à lancer une réflexion pour définir une vision commune des conséquences du débat actuel relatif à la gouvernance économique européenne sur le dialogue social européen et national. Les sujets de réflexion seront notamment les salaires, les pensions et les coûts du travail.

Le dialogue social en tant qu’instrument indispensable au rétablissement de la croissance et l’emploi

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