Analytique, complet, indépendant |
|
SOCIAL / CultureImprimer l'article | ![]() IntégrationLe sommet européen des Roms parachève une « année d’échec »Par Nathalie Vandystadt | vendredi 09 avril 2010
Le deuxième sommet européen des Roms, le 8 avril à Cordoue, s’est de nouveau déroulé sur fond de tristes constats. La veille, l’Agence de l’Union européenne pour les droits fondamentaux, basée à Vienne, a déploré une « année d’échec » dans la lutte contre les discriminations dont est victime la plus forte minorité (9 à 12 millions de personnes) en Europe depuis des lustres. Les discours de bonne intention se sont pourtant multipliés. Depuis Cordoue, la Banque mondiale a prévenu : « les pays européens perdent des centaines de millions d’euros chaque année en productivité et en contributions fiscales à cause de l’exclusion des Roms », selon une étude présentée par l’institution internationale. Problème numéro 1 : l’éducation. Seulement un Rom sur cinq en âge de travailler en République tchèque, et un sur huit en Bulgarie, Roumanie et Serbie sont dotés des compétences nécessaires. A titre de comparaison, la majorité des populations de ces pays en âge de travailler ont quatre à six fois plus de chances d’avoir ces qualifications. Pour Manuelyan-Atinc, responsable des questions de développement humain à la Banque centrale pour l’Europe et l’Asie centrale, « investir dans l’éducation pour tous - les Roms et les non-Roms - est la clé pour transformer ces pertes économiques et fiscales en gains qui sortiront les familles roms de la pauvreté et profiteront aux sociétés européennes en général, compte tenu, notamment, du vieillissement rapide des populations de la région ». Il n’empêche, la volonté politique manque. Le Français Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat à l’UE, a pris ses homologues à partie : hormis la ministre espagnole des Affaires sociales, Trinidad Jimenez, et un collègue roumain, « je n’ai pas vu d’autres ministres. Je n’ai pas vu de volonté politique. Je ne vous cache pas ma déception », a-t-il déclaré. Il a présenté une initiative franco-roumaine « pilote » qui affirme « de manière absolue le principe de non-discrimination envers les Roms ».« Comme tous les citoyens, les Roms doivent pouvoir vivre sans discrimination, avoir un accès égal à l’éducation, aux soins de santé et à l’emploi », a écrit, pour sa part, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton, dans un message diffusé à Cordoue. LA SITUATION A EMPIRÉ« On peut constater des améliorations dans certains domaines, mais dans beaucoup trop d’endroits la situation a empiré », a déclaré le directeur de l’agence européenne anti-discriminations, Morten Kjaerum. En 2009, 25 % des Roms ont subi agressions, menaces ou harcèlement. Or, 66 à 92 % d’entre eux n’ont pas signalé les mauvais traitements subis. « La Commission doit rappeler les Etats à l’ordre », a tempêté Rudolf Sarkozi, chef de la communauté rom en Autriche. L’exécutif a récemment réclamé une meilleure utilisation des fonds communautaires ( Europolitique n° 3953). Les Roms demandent un membre de la Commission dédié aux minorités, le dossier étant actuellement partagé entre les commissaires à l’Emploi et l’Inclusion sociale, Lazlo Andor, et à la Justice et Droits fondamentaux, Viviane Reding. |
|



La Commission veut faciliter la restitution de biens culturels -
