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Médias

La presse écrite européenne expose ses conditions de survie

Par Nathalie Vandystadt | mercredi 30 juin 2010

En pleine tourmente et introspection sur son avenir, la presse écrite européenne a rencontré le président de la Commission, José Manuel Barroso, le 30 juin à Bruxelles, pour réclamer une « réponse immédiate » de l’UE aux problèmes du secteur, surtout la culture du « tout gratuit » sur le Net. Pour les éditeurs de journaux, il y a trois priorités d’ici 5-10 ans : la publicité, les droits d’auteur, les nouveaux modèles économiques, comme le « payant » (tous supports confondus).

Le président de l’exécutif européen a reçu pas moins de dix responsables de l’association des éditeurs de journaux européens, ENPA, et représentants de grands titres, comme l’Allemand Reutlinger General Anzeiger, le Britannique Daily Mail ou le Français Le Figaro. Tous ont mis en garde l’UE contre le naufrage de la presse écrite et de son modèle économique. «  Cette rencontre (...) survient à un moment crucial et à la croisée des chemins pour les journaux en Europe. Les éditeurs sont en train de débattre non seulement sur l’avenir des recettes publicitaires, mais aussi de la façon de monétiser leur contenu, notamment dans l’environnement numérique »,a souligné Valdo Lehari Jr, président de l’ENPA. Pour lui, « ces réflexions sont particulièrement importantes et difficiles à un moment où la crise économique, les changements structurels et la libre circulation pour tous ont tendance à affecter le développement des journaux ».

D’abord, les médias écrits doivent pouvoir compter à long terme sur les revenus de la publicité. Autrement dit, «  sans plus de restrictions ou d’interdictions ». Ils ont aussi besoin de règles de concurrence englobant tous les acteurs du secteur, «  y compris les moteurs de recherche ».

Ensuite, les éditeurs réclament des «  autorisations préalables » et une «  rémunération appropriée » pour tout acteur extérieur utilisant le contenu de leurs publications pour des raisons commerciales. La question cruciale, pas seulement pour la presse, est celle du droit d’auteur en ligne : une «  politique du droit d’auteur forte est essentielle à l’avenir et à la survie de la presse », préviennent les éditeurs. Ils ont soulevé le besoin de se prémunir contre des «  agrégateurs de nouvelles » gratuits.

Enfin, l’UE doit faciliter la promotion de nouveaux modèles économiques propres à la presse en ligne, tels les services payants.

COHÉRENCE DES MESSAGES POLITIQUES

M. Barroso s’est montré compréhensif. Selon lui, «  la liberté des médias est un bien public », ajoutant : «  Personnellement, j’aime lire les journaux car ils posent les grands défis, ils ont un rôle que personne ne peut remplacer et créent l’opinion ». Il a mis en avant la stratégie numérique de l’UE : le potentiel de la demande mondiale en technologies d’information et de communication pesant quelque 2000 milliards d’euros. Reste à savoir comment les entreprises européennes peuvent mieux se placer.

Le président de la Commission a par ailleurs été invité à s’assurer de la cohérence des messages politiques au sein des divers services de son institution.



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