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SOCIAL / Education & formationImprimer l'article | ![]() Chômage des jeunesLa formation en alternance s’avère être un remède efficacePar Elise Mertens | mardi 28 février 2012
L’Autriche et l’Allemagne sont les « pays de l’apprentissage » par excellence et cela semble plutôt bien leur réussir. Avec les Pays-Bas, ces deux Etats membres occupent le podium des taux de chômage des jeunes les plus faibles de l’Union européenne. Avec 7,8 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans pour l’Allemagne, 8,2 % pour l’Autriche et 8,6 % pour les Pays-Bas, ces pays sont largement en dessous des 22,1 % de la moyenne européenne (1). Selon la DG Emploi et affaires sociales de la Commission européenne, ce succès s’explique en partie par la pratique généralisée de la formation en alternance, un système dans le cadre duquel les jeunes suivent alternativement une formation théorique et pratique (en entreprise). En Allemagne, huit jeunes formés en alternance sur dix trouvent un emploi après un an. En Autriche, comme en Allemagne, le système dual est une priorité de la politique d’emploi en faveur des jeunes depuis longtemps : il concerne 40 % des jeunes autrichiens et 65 % des jeunes allemands de l’enseignement secondaire. Cette pratique consiste à allier formation théorique et professionnelle, et favorise une meilleure transition entre l’école et le travail. D’après la ministre de l’Emploi allemande, Ursula von der Leyen, les jeunes « en apprentissage » trouvent plus facilement un emploi car ils ont déjà un pied sur le marché du travail et sont donc plus rapidement efficaces une fois sortis, contrairement aux diplômés qui n’ont souvent que des connaissances théoriques. De plus, avantage non négligeable, « les jeunes sont déjà connus par les employeurs, ce qui leur donne une longueur d’avance par rapport aux autres ». En Allemagne, à partir de 16 ans, les jeunes peuvent choisir de travailler 3-4 jours par semaine en entreprise et le reste du temps, ils continuent à suivre des cours théoriques. En Autriche, ils se voient proposer, dès 14 ans, la possibilité d’acquérir des compétences professionnelles dans le cadre d’une formation d’une durée de 2 à 4 ans. Le système d’orientation professionnelle néerlandais commence dès le début de l’enseignement secondaire à 12 ans et dure 4 ans. Les jeunes qui choisissent cette filière peuvent ensuite rejoindre l’enseignement général ou approfondir leur qualification via l’enseignement secondaire professionnel. Au Pays-Bas, l’alternance est considérée comme une solution particulièrement adaptée pour lutter contre le décrochage scolaire des jeunes en difficultés : 60 % des jeunes de 15 ans suivent des programmes en alternance. « Les recherches ont montré que les pays dans lesquels la pratique des stages d’apprentissage est bien ancrée ont plus de facilités à conserver un taux de chômage des jeunes bas. Par contre, dans les pays qui optent pour une formation généraliste et qui instaurent de nombreuses protections pour l’emploi, la transition des jeunes vers le marché du travail tend à être plus difficile », confirme-t-on à la DG Education et Culture de la Commission. Elle est convaincue de l’efficacité de l’apprentissage en entreprise, surtout quand il s’effectue à l’étranger : « Le placement en entreprise à l’étranger peut apporter une contribution cruciale à une transition réussie entre le milieu scolaire et le monde du travail car il ne permet pas seulement de développer les compétences professionnelles du jeune mais aussi ses facultés d’adaptation, sa confiance en soi et son esprit d’équipe ; toutes des qualités nécessaires à une bonne entrée sur le marché de l’emploi. » PAS DE SOLUTION « UNIQUE »Outre la politique d’emploi traditionnelle, les bons résultats en matière d’emploi des jeunes de ces trois Etats membres sont également dus à la mise en place d’instruments spécifiques pour répondre aux nouvelles menaces engendrées par la crise. Entre 2001 et 2010, par exemple, le budget de l’Autriche alloué à l’emploi et à la formation des jeunes est passé de 168 millions d’euros à 580 millions. Les trois meilleurs élèves ont également développé une approche intégrée afin d’agir simultanément sur les trois axes prioritaires dans la lutte contre le chômage des jeunes : la formation, l’emploi et la transition entre les deux. Parmi les pratiques utilisées et qui semblent porter leurs fruits, on peut souligner la formation tout au long de la vie qui permet d’offrir aux travailleurs une plus grande flexibilité en leur permettant de réactualiser leurs compétences en fonction des besoins des entreprises. Ou encore la « Youth Guarantee » expérimentée en Autriche : après trois mois d’inactivité, les jeunes chômeurs sont contraints de suivre un stage, une formation ou une qualification. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), il est en effet prouvé que lorsqu’on commence sa vie active par une période de chômage, on a deux fois plus de chance de se retrouver sans emploi par la suite. Des cours « Conseils Carrière » ont aussi été rendus obligatoire dans l’enseignement secondaire autrichien afin de conscientiser les jeunes le plus tôt possible aux enjeux du marché du travail. De son côté, l’Allemagne a mis en place des incitations pour amener les entreprises à favoriser au moins l’emploi à temps partiel, s’il n’est pas possible directement de trouver un contrat à temps plein. Quant aux Pays-Bas, ils se concentrent avant tout sur les catégories les plus vulnérables étant donné qu’ils ont vu leurs taux de NEETs (Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) augmenter. Les Etats membres qui connaissent plus de difficultés peuvent toujours s’inspirer des politiques mises en place à l’étranger pour améliorer leur taux d’emploi chez les jeunes mais la DG Emploi et affaires sociales de la Commission insiste sur le fait qu’il n’existe pas de solution unique convenant à tous. Chaque pays doit donc adopter des mesures personnalisées en fonction de sa conjoncture socio-économique. Il ne faut pas oublier non plus que l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas peuvent compter sur la bonne santé de leur économie, ce qui leur a permis de mieux résister à la crise en général : leur taux d’emploi toutes catégories confondues dépasse 75 % alors que la moyenne des pays européens ne se situe qu’à 68,9 %. En Allemagne, huit jeunes formés en alternance sur dix trouvent un emploi après un an(1) Données Eurostat : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-31012012-AP/FR/3-31012012-AP-FR.PDF |
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