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Internet/Culture

L’UE se dit déterminée à alimenter sa bibliothèque numérique

Par Nathalie vandystadt | lundi 10 mai 2010

Développer Europeana, la bibliothèque numérique européenne, avec des œuvres publiques mais aussi protégées par le droit d’auteur : c’est le but réaffirmé par les ministres de la Culture de l’UE dans des conclusions adoptées le 10 mai à Bruxelles. Avec, toujours en ligne de mire, jusqu’à 10 millions d’œuvres en ligne d’ici à la fin de l’année.

Quels que soient les défis - logistiques, juridiques, financiers -, l’alimentation du portail Europeana (www.europeana.eu) n’est pas une mince affaire. Selon leurs conclusions, les Etats membres sont déterminés à avancer pour dépasser les quelque 6 millions de livres, cartes, photographies, extraits de films, peintures, extraits musicaux actuels.

Europeana a été lancée fin 2008, notamment dans le souci d’éviter une monopolisation par certains géants de l’Internet comme Google, qui a entrepris de numériser des millions de livres pour sa bibliothèque sur l’internet, Google Books. Le portail européen est d’abord alimenté par les œuvres libres de droits fournies par les bibliothèques nationales et les musées. «  Il faut accroître le nombre d’objets qu’il s’agisse d’œuvres du domaine public ou protégées par des droits de propriété intellectuelle (…) dans le plein respect des droits de propriété intellectuelle », disent les 27. Pour cela, il faut résoudre «  les questions liées aux droits de propriété intellectuelle », y compris pour les œuvres épuisées ou dont on a perdu la trace des auteurs (orphelines), et trouver « un financement complémentaire pour la numérisation, qui pourrait passer par des partenariats public-privé », affirment les ministres.

Deux questions confiées à un « comité des sages », que vient de créer la Commission, réunissant Maurice Lévy, le PDG du groupe publicitaire français Publicis, Elisabeth Niggemann, présidente de la Bibliothèque nationale allemande, et Jacques De Decker, écrivain et journaliste belge. Si le portail européen est passé de 2 à plus de 6 millions d’œuvres, «  il ne s’agit que d’une petite partie de toutes les œuvres détenues par les Institutions culturelles européennes », avait déploré la commissaire Neelie Kroes (Agenda numérique), en annonçant ce comité des sages fin avril. Or « le manque de moyens ou la rigidité des lois ne sauraient servir d’excuse ». Elle et sa collègue Androulla Vassiliou (Education) attendent le rapport et les conclusions des sages avant la fin de l’année.

Selon le Conseil, il faut aussi assurer la diversité culturelle, géographique et linguistique des œuvres, améliorer les fonctions multilingues du site, tout en continuant à étudier les besoins et les profils des utilisateurs et à mieux faire connaître le site. Pour son portail, l’UE opte, lorsque cela est possible, pour des formats informatiques ouverts «  afin de permettre la participation de développeurs(de logiciels) la plus large possible ».

La Commission devra faire des propositions de développement et de financement d’ Europeana pour l’après 2013. Pour l’heure, environ 2 millions d’euros provenant de fonds communautaires doivent y être consacrés par an.



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