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Politiques sectorielles / DéfenseImprimer l'article | ![]() Tribune libreSécurité maritime, la valeur ajoutée européenneVice-amiral Anne-François de Saint Salvy, Préfet maritime de l’Atlantique (France) | vendredi 04 novembre 2011
La dimension maritime de l’Europe, trop souvent ignorée par ses citoyens et, dans un passé encore récent, par ses décideurs, est désormais une réalité reconnue. La politique maritime intégrée définie par l’Union en 2007 et adoptée par le Conseil en est le couronnement. La création par l’Union de plusieurs agences maritimes, EMSA, Agence des pêches comme la prise en compte de sa dimension maritime par l’Agence Frontex en sont des outils. La stratégie maritime nationale de la France en est à la fois le moteur et le prolongement. Et plusieurs autres Etats européens ont abouti ou engagé la même réflexion nationale. Pour autant, cette prise en compte implique-t-elle que l’Union renforce encore son organisation par la création d’une garde-côtes européenne ? Je ne le crois pas. La protection, sous tous ses aspects, des côtes européennes est assurée par les différents Etats de l’Union sous des formes diverses et la plupart du temps en associant plusieurs acteurs, même dans les pays qui sont, formellement, dotés d’une garde-côtes. En France, la fonction garde-côtes, récemment mise en place, au-delà du renforcement de l’action qu’elle permet, vise d’abord à mettre en valeur la qualité de la coordination opérationnelle que permet le système français sous l’autorité des préfets maritimes. Ce sont ces derniers, au premier rang, qui auront demain la responsabilité de mettre en œuvre les directives européennes qui concernent la sécurité maritime comme la protection de l’environnement marin. Mais l’essentiel n’est pas là, l’important n’est pas de débattre pour savoir si l’organisation de tel ou tel Etat est meilleure que celle de son voisin. L’important est de mesurer que chaque Etat, avec sa culture propre, met en œuvre ses moyens en vue de cette sécurité. L’important aussi est de la direction d’ensemble soit celle de la politique maritime de l’Union. L’important enfin est que l’Union mette à la disposition des Etats des moyens communs pour renforcer ceux de chacun en cas de crise majeure, des processus et cadres juridiques adaptés pour que les uns et les autres puissent se prêter main-forte en cas de besoin. C’est certainement dans ce champ juridique, bien plus que dans celui de l’organisation, que se trouve aujourd’hui la plus-value européenne pour que les règles ne soient plus des obstacles mais au contraire des appuis à l’efficacité de l’action. Dans ce domaine, comme dans d’autres, le principe de subsidiarité doit s’appliquer. Les Etats ont besoin de l’impulsion européenne, leur action parfois trop centrée sur eux-mêmes bénéficie pleinement d’une politique intégrée et l’action de l’EMSA comme les différents paquets Erika en sont la preuve, comme en est la preuve l’opération Atalanta. Et quand quelques Etats prennent l’initiative, le soutien et l’engagement de l’Union démultiplient l’efficacité. Mais il faut ensuite laisser agir chacun. La lutte contre la piraterie a justifié une action européenne, Atalanta. La catastrophe de l’Erika, celle du Prestige ont fait évoluer le cadre juridique et provoqué la création d’outils européens. Ces outils renforcent puissamment la capacité d’action des Etats, la centralisation dans une garde-côtes européenne n’y ajouterait rien. L’exercice récent d’assistance à un navire à passagers conduit par la préfecture maritime de l’Atlantique lors de la réunion du forum des garde-côtes de l’Atlantique Nord à Brest en est une bonne démonstration. Cinq pays ont participé à l’exercice, sans difficulté pour travailler entre eux, chacun apportant sa compétence et son expertise propre. La planification mise en œuvre reposait sur des principes récemment définis par l’OMI, les mécanismes de coordination de l’UE ont été mis en œuvre. A cette échelle, il n’en fallait pas davantage pour assurer l’efficacité de l’action. |
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