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UE/Afrique subsaharienne

La Cour juge plutôt efficace la politique d’aide alimentaire

Par Lénaïc Vaudin d’Imécourt | mercredi 28 mars 2012

L’aide au développement axée sur la sécurité alimentaire en Afrique sub-saharienne est la plupart du temps efficace, selon un rapport spécial de la Cour européenne des comptes publié le 28 mars. Elle contribue de manière significative à assurer la sécurité alimentaire mais d’importantes améliorations peuvent encore être apportées dans plusieurs domaines, dit la Cour.

Le rapport évalue l’efficacité de l’aide au développement octroyée par l’UE en matière de sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne en analysant la pertinence de cette aide par rapport aux besoins et aux priorités des pays concernés et l’efficacité des interventions. L’audit a porté sur le soutien direct au développement apporté par l’UE pour chacun des trois volets de la sécurité alimentaire : disponibilité des aliments, accès à l’alimentation et utilisation des denrées alimentaires (nutrition). Selon la Cour, les principaux facteurs affectant la sécurité alimentaire dans la région sont la faible productivité agricole, le faible taux d’investissement et la diminution de la part de l’aide des bailleurs de fonds à l’agriculture et au développement rural et le faible pouvoir d’achat.

Tout en reconnaissant que la Commission a axé son aide sur les pays qui affichent le taux le plus élevé de personnes sous-alimentées, le rapport note qu’elle n’a pas suffisamment pris en considération les possibilités de soutien à d’autres pays également confrontés à une insécurité alimentaire chronique. L’audit, réalisé entre mai 2010 et avril 2011, montre que, même si l’aide européenne a dûment pris en compte les besoins et priorités des pays, la Commission n’a pas suffisamment mis l’accent sur la nutrition.

Un autre problème identifié par la Cour est la durabilité des interventions de l’UE : la moitié seulement des interventions offrent des perspectives de durabilité raisonnables, dit le rapport. Enfin, les objectifs des interventions de l’UE manquent souvent de clarté ; en outre, celles-ci sont parfois trop ambitieuses.

Sur 2002-2010, l’UE a financé des interventions dans le domaine de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne pour un total de plus de 3,1 milliards d’euros, notamment via le Fonds européen de développement (FED). n

Recommandations

- pour la période après 2013, que la Commission et le Service européen d’action extérieure (SEAE) réalisent une évaluation structurée de la situation en matière de sécurité alimentaire dans chaque pays

- que la Commission envisage un instrument permanent pour contrer les effets de crises alimentaires dans les pays en développement

- que la Commission soutienne mieux la viabilité financière des programmes agricoles et de transferts sociaux.

- que la Commission et le SEAE accordent une priorité à la nutrition dans la stratégie de coopération



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