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Environnement

L’UE attend que l’équipe Obama passe des paroles aux actes

Par Anne Eckstein | vendredi 16 janvier 2009



Si la nouvelle équipe mise en place par le président Obama pour gérer les questions environnementales et les annonces faites en matière réduction des émissions polluantes réjouissent les environnementalistes américains (voir article séparé), elles sont tout aussi favorablement accueillies en Europe, où l’on attend de voir, le plus rapidement possible, ces (bonnes) intentions traduites en actes.

Climat, biodiversité et droit de la mer sont les points principaux à propos desquels l’Union européenne exprime le plus d’attentes à l’égard de la nouvelle Administration. Car le Barack Obama « propose une politique radicalement différente et un réengagement des Etats-Unis sur la scène internationale, ainsi qu’en attestent plusieurs déclarations importantes entendues depuis l’élection présidentielle», note-t-on à Bruxelles.

CLIMAT : L’UE SE VEUT OPTIMISTE

L’UE accueille favorablement l’objectif proposé par le président Obama de réduire les émissions des Etats-Unis de 80 % d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990 et son intention de mettre en place un système de plafonnement des émissions. Elle entend discuter avec la nouvelle Administration, des moyens d’atteindre cet objectif à long terme. L’Union européenne, souligne encore la Commission, souhaite aboutir à un accord global à Copenhague en décembre 2009 : « Le temps nous est compté et tous les regards sont tournés vers les Etats-Unis : nous attendons qu’ils démontrent leur volonté d’agir aussi bien chez eux qu’à l’étranger ».

Washington aura du pain sur la planche pour concevoir, adopter et mettre en œuvre une législation « climat ». Et si cela ne constitue pas un pré-requis pour que les Etats-Unis redéfinissent la position qu’ils défendront sur le plan international, les réunions intermédiaires prévues dès mars ou février par les Nations unies, ne leur accordent, elles, pas beaucoup de temps pour procéder aux analyses et consultations nécessaires à l’élaboration d’une nouvelle politique.

« Nous espérons qu’une position américaine va émerger dans les prochaines semaines, en particulier en ce qui concerne les étapes intermédiaires nécessaires à la réalisation des objectifs à long terme qu’ils ont annoncés », dit-on à Bruxelles

Dans ce cadre, le marché du carbone joue un rôle important et la combinaison des marchés européens et américains constituerait un levier important au niveau mondial. L’Union européenne se dit prête à partager son expérience, notamment en ce qui concerne le système d’échange de droits d’émissions, et à examiner rapidement les moyens de développer la coopération technique. En tout état de cause, estime la Commission, « l ’équipe Obama nous dit qu’elle est prête à relever le gant ».

MENACES SUR LA BIODIVERSITÉ

Bien que tous les yeux soient tournés cette année vers les négociations internationales sur le climat, il est important de ne pas perdre de vue d’autres défis comme celui de la perte irréversible et sans précédent de la diversité biologique mondiale. Tant les Etats-Unis que l’UE ont reconnu qu’il est urgent d’agir de manière plus efficace que ce qui a été fait jusqu’à présent et ont adopté, au plan interne, d’importantes mesures de gestion durable et de protection de la biodiversité.

L’UE espère qu’en ce domaine aussi les Etats-Unis vont bouger et, enfin, ratifier la Convention des Nations unies sur la diversité biologique.

L’Union attend également des progrès dans les matières connexes « sur lesquelles il y a convergence de vues » comme la réduction des pertes de biodiversité d’ici 2010 et les négociations à venir pour définir une vision commune « post 2010 » sur cette question, notamment dans le cadre du G8.

PROTECTION DES ESPACES MARINS

Washington aurait aussi laissé entendre qu’elle pourrait ratifier la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Ici aussi, ce serait un pas important, cette convention étant appelée à jouer un rôle essentiel pour la protection de l’environnement marin en dehors des eaux territoriales des Etats. L’UE reconnaît que les Etats-Unis sont en pointe en ce qui concerne l’établissement de zones protégées dans leurs propres eaux territoriales et estime qu’Américains et Européens devraient œuvrer ensemble pour étendre ces bonnes pratiques au niveau mondial.



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