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Politiques externes / USA ObamaImprimer l'article | ![]() CommerceL’avenir du Conseil économique transatlantique est incertainPar Brian Beary à Washington | vendredi 16 janvier 2009
Lorsque Barack Obama a remporté l’élection présidentielle en novembre dernier, le leader des eurodéputés socialistes, Martin Schulz, l’a invité à « veiller à ce que l’Europe soit en tête de son agenda ». Deux mois plus tard, rien ne dit que M. Obama suivra ce conseil. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le Conseil économique transatlantique (CET). La chancelière allemande Angela Merkel a persuadé le Président Bush de créer cette instance en avril 2007 dans le but de lever les obstacles réglementaires aux échanges commerciaux transatlantiques. VACANCE DE LA PRÉSIDENCE DU CETM. Obama a été félicité pour avoir très rapidement (en comparaison avec ses prédécesseurs) nommé les membres de son gouvernement. Mais il n’a pas encore nommé de nouveau co-président du CET, a indiqué son porte-parole à Europolitique. En attendant, la continuité sera assurée par Michelle O’Neill, sous-secrétaire adjointe au département du Commerce. Le co-président européen du CET est le commissaire à l’industrie Günter Verheugen. Etant donné que des dizaines de nominations ont déjà été annoncées, on pourrait en déduire que le CET, l’initiative UE-Etats-Unis la plus significative de ces dernières années, ne dominera pas la longue liste des priorités de M. Obama. Notons que lorsque M. Obama présidait la sous-commission du Sénat sur l’Europe de 2007 à 2008, il n’a pas organisé la moindre audition, un point que sa rivale dans la course à la présidence, Hillary Clinton, a tenté en vain d’utiliser à son profit pour marquer des points. Les Démocrates, qui sont devenus plus protectionnistes, jouissent désormais de la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. M. Obama, lui-même Démocrate, a veillé à entretenir de bonnes relations avec eux et à ne pas considérer leur soutien comme acquis. Il a désespérément besoin de ce soutien pour faire passer son ambitieux programme de politique économique. C’est le Congrès qui, en 2007, a introduit la règle du scannage à 100 % de tous les conteneurs à destination des Etats-Unis au départ de ports européens, avant d’être chargés à bord des navires. Cette règle pose problème à l’UE et figure désormais à l’ordre du jour du CET. Mais dans le contexte actuel, il y a peu de chance que Congrès soutienne la suppression de cette règle ni n’accepte de repousser l’échéance de son application (fixée à 2012), comme l’a demandé l’UE. Soucieux de ne pas s’attirer d’opposition, M. Obama pourrait suivre la position du Congrès. LE COMMERCE : PAS UNE PRIORITÉLe protectionnisme du Congrès n’est pas nouveau. Il reflète les craintes de plus en plus grandes de l’opinion publique américaine quant à l’impact de la libéralisation sur les emplois aux Etats-Unis. Ces craintes ne sont pas totalement dénuées de fondement. Beaucoup d’emplois dans l’industrie manufacturière américaine sont en effet délocalisés, notamment vers des pays comme l’Inde et la Chine. Le chômage aux Etats-Unis est une situation plus périlleuse qu’en Europe car les allocations de chômage y sont moins élevées et plus temporaires. En outre, aux Etats-Unis, contrairement à l’Europe, ce sont les employeurs qui le plus souvent paient les soins de santé des travailleurs. Si ces derniers perdent leur emploi ils perdent donc aussi leur couverture en matière de soins de santé. Rien d’étonnant donc à ce que 59 % des Américains seulement considèrent que le commerce est un élément positif pour leur pays, contre 78 % des Français et des Britanniques, 80% des Tchèques et 85 % des Allemands, comme l’a montré une étude du Pew Research Centre. Cette tendance pourrait avoir un impact sur l’ensemble des dossiers commerciaux. Par exemple, le Congrès sera peu enclin à vouloir supprimer la loi obligeant les compagnies aériennes américaines à être contrôlées par des citoyens américains - ce que l’UE réclame dans les négociations sur la libéralisation du transport aérien transatlantique (Open Skies II). Le législateur américain pourrait aussi prendre des mesures empêchant les compagnies européennes de remporter de gros contrats de défense américains. C’est déjà le cas avec le différend qui oppose Boeing et Airbus à propos d’un contrat de 35 milliards de dollars du Pentagone sur les avions de ravitaillement (voir article séparé). Les fonctionnaires européens continuent d’espérer que M. Obama, une fois président, adoptera une approche plus globale et amènera le Congrès démocrate à le suivre dans ce sens. TROP ROUTINIERLe CET, même s’il a été moins productif qu’espéré, reste un outil extrêmement utile. En insistant sur les obstacles réglementaires plutôt que tarifaires, il met l’accent sur les vrais problèmes de l’environnement commercial actuel. L’UE et les Etats-Unis pourraient utiliser le CET pour créer une norme globale dans des secteurs particulièrement importants comme les jouets et les denrées alimentaires. Pour Dan Hamilton, directeur du Centre for Transatlantic Relations à la Johns Hopkins University de Washington, « l’alternative est que nous finirons par nous retrouver avec des normes chinoises ». Mais le CET a une faiblesse qu’il ne faut pas sous-estimer : son côté routinier. Débattre de divergences hautement techniques, comme le rinçage des volailles avec une solution chlorée ou de l’eau claire, est peut-être du goût de la chancelière Merkel mais manifestement pas de celui du Président français, Nicolas Sarkozy, comme il l’a montré durant la présidence française de l’UE. Sans l’impulsion d’un membre de l’équipe Obama ayant le pouvoir de faire bouger les choses, le CET risque, sinon de mourir de sa belle mort, du moins de s’éteindre à petit feu. Economie UE-Etats-Unis Si la montée en puissance de la Chine et de l’Inde est évidente , l’économie transatlantique continue de surpasser le reste du monde en taille et en richesse. L’UE27 et les Etats-Unis représentaient près de 57 % du PIB mondial en 2007, alors que l’économie transatlantique représentait 47 % des exportations mondiales et 52 % des importations mondiales. La valeur nette par ménage aux Etats-Unis est de 565.000 dollars, 518.000 en France, 599.000 au Royaume-Uni, contre 18.000 en Chine, 31.000 en Russie et 44.000 au Brésil. |
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