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Politiques sectorielles / Technologies de l'énergieImprimer l'article | Imprimer cet article

Entretien avec Greg Arrowsmith, EUREC

« Les références au plan SET deviendront aussi courantesque celles à la stratégie de Lisbonne »

Par Dafydd ab Iago | jeudi 08 octobre 2009



Depuis près de 20 ans, l’Agence européenne des centres de recherche sur les énergies renouvelables (EUREC) demande que l’Europe renforce et rationalise la recherche sur les technologies exploitant les sources d’énergie renouvelables. Greg Arrowsmith, de l’EUREC, explique ce qu’il attend des programmes européens et en particulier de la communication sur le financement du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET). (1)

N’est-il pas préférable de laisser la recherche énergétique au secteur privé  ? Pourquoi faut-il des programmes européens  ?

Les gouvernements européens estiment qu’il est stratégiquement important de pouvoir produire et commercialiser plus vite que les autres régions. Mais le secteur privé, sauf les très grandes entreprises, n’a pas les fonds nécessaires pour effectuer ce type de recherche et développement (R&D), il faut donc recourir aux deniers publics. Le corollaire de la recherche financée par l’argent public est que les résultats, surtout ceux de la recherche fondamentale, peuvent être placés dans le domaine public, ce qui permet à toutes les entreprises qui le souhaitent de poursuivre le travail.

Pourquoi la Commission tarde-t-elle tant à publier sa communication sur le financement du plan SET ?

Il peut y avoir un lien avec la quantité vraiment énorme de travail à effectuer. Il n’est pas facile d’évaluer les dépenses publiques et privées en R&D et cela prend du temps. C’est vrai aussi pour ce qui concerne la consultation des experts sur la taille et la portée des initiatives industrielles européennes, etc. Plusieurs idées, comme l’implication de la Banque européenne d’investissement (BEI), semblent n’en être encore qu’au stade des balbutiements. Il n’a pas dû être facile de prendre la décision, qui est exprimée dans certains projets, d’ouvrir un débat sur les perspectives financières jusqu’en 2013.

Etes-vous satisfait des sommes que la Commission propose pour le financement du plan SET ?

On parle d’une somme de 50 milliards d’euros supplémentaires pour la R&D en énergie jusqu’en 2020, en plus de ce qui se fait habituellement. Cette somme sera répartie en budgets pour les différentes technologies énergétiques. Les estimations pour les énergies renouvelables sont largement compatibles avec ce que les secteurs des énergies renouvelables ont présenté pour leurs initiatives industrielles européennes.

Y a-t-il des inquiétudes spécifiques  ?

Les 2 milliards d’euros proposés pour les « réseaux intelligents » semblent très insuffisants. D’ici 2020, nous pourrions avoir, en moyenne en Europe, plus de 30 % d’électricité provenant des énergies renouvelables. Les réseaux intelligents pourraient représenter une option au coût relativement faible pour l’utilisation de cette réserve décentralisée et souvent fluctuante. En outre, les réseaux intelligents devraient être déployés dès l’apparition d’un nombre significatif de véhicules électriques sur nos routes. Si tous les utilisateurs rechargent leur voiture durant les heures de charge maximale, en l’absence d’une technologie les incitant à la recharge aux heures creuses ils seront à l’origine des formes les plus polluantes et les plus chères de capacité de production marginale.

Quel avenir voyez-vous pour le plan SET  ?

Les références au plan SET en matière de technologie énergétique deviendront aussi courantes que les références à la stratégie de Lisbonne, il y a quelques années, en matière de législation générale. Le fait que le développement d’une technologie énergétique ait sa propre étiquette politique élève le sujet sur ce plan. Cela implique aussi la nécessité d’une évolution consciencieuse et cohérente dans ce domaine.

La communication initiale de la Commission, le plan SET à proprement parler, est très courte. Elle n’est pas immuable et a donné lieu à plusieurs documents et annexes nouveaux et ce n’est pas fini. La stratégie précise va évoluer. A l’avenir, j’espère que les technologies de chauffage et de refroidissement faisant appel aux énergies renouvelables, ainsi que la géothermie haute température pour la production d’électricité, seront considérées comme faisant partie du plan SET. Très bientôt, il faudra une stratégie européenne garantissant une réserve abondante de techniciens, ingénieurs et chercheurs dans ces nouveaux secteurs énergétiques.

Pensez-vous que les énergies renouvelables « innovantes » seront financées par les fonds réservés aux nouveaux entrants dans le système européen d’échange de droits d’émission (ETS)  ?

Nous avons considérablement progressé au cours des dix dernières années dans le domaine des énergies renouvelables et avons une chance d’atteindre nos objectifs pour 2020. Le secteur des énergies renouvelables doit poursuivre et faire baisser le coût par MWh des diverses technologies, mais le secteur est mis sous pression pour réaliser cet objectif dans des délais très courts. Les 300 millions de permis d’émissions relevant de la réserve pour nouveaux entrants de l’ETS sont destinés aux installations de test des nouvelles technologies. Les fabricants seront encouragés à accélérer le développement de leurs produits, et si les permis sont accordés afin de couvrir le coût en capital d’un projet, les investisseurs seront suffisamment en confiance pour proposer un cofinancement en plus d’un don au titre de la réserve de l’ETS. Ce serait une mauvaise politique si la réserve de l’ETS négligeait les renouvelables.


(1) Les 21-22 octobre, l’Agence suédoise de l’énergie, en collaboration avec la Commission européenne, organisera une conférence de haut niveau à Stockholm sur le Plan stratégique pour les technologies énergétiques (Plan SET) et son financement. Pour plus d’informations, voir : https://www.respoint.se/itp/event/setplanconference/8708.

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