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Politiques sectorielles / Technologies de l'énergieImprimer l'article | Imprimer cet article

La communication déjà très critiquée

Par Dafydd ab Iago | jeudi 08 octobre 2009



La communication, préparée depuis longtemps par les services du commissaire à l’Energie Andris Piebalgs, sur le financement des technologies à faible émission de carbone déplaît aux environnementalistes. Annoncée pour fin 2008 dans le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (SET), publié en novembre 2007 (1), la communication évalue les ressources nécessaires ainsi que les sources de financement potentielles, et propose des moyens de soutenir des démonstrations de grande envergure au niveau de l’UE.

Les environnementalistes accusent la Commission de se concentrer maintenant sur les technologies centralisées coûteuses comme le nucléaire et la capture et stockage du carbone (CSC) au détriment des énergies renouvelables. Le Conseil européen de l’énergie géothermique (EGEC), par exemple, regrette que la géothermie soit exclue du projet actuel. Selon l’EGEC, la géothermie est essentielle pour attendre l’objectif européen de 20 % d’énergie renouvelable en 2020. L’association note que l’énergie géothermique est disponible jour et nuit et peut être convertie en électricité à un prix très compétitif (0,05 €/kWh). Actuellement, près de 10 GWe de centrales géothermiques existent dans le monde. Ce chiffre, selon l’EGEC, devrait doubler et atteindre 20 GWe sur les sept ans à venir. L’association déplore le fait que les ressources appropriées ne soient pas totalement développées en Europe.

«  Le fait que le document ait près d’un an de retard prouve à quel point la DG TREN et la Commission hésitent à propos de cette question », déclare un environnementaliste. Selon une source de la Commission, Copenhague a tout «  empoisonné » : la lenteur de la progression des négociations internationales s’est ajoutée aux luttes intestines relatives aux reconductions de postes pour bloquer le processus législatif.

«  Ce sera l’un de ces documents où la vraie nouveauté se trouve enfouie dans les détails », prédit Mark Johnston du WWF. «  En soi, la communication ne propose pas de nouvelles sources de financement. Mais le document viendra s’ajouter à d’autres éléments qui régulent les gros investissements dans les secteurs de l’énergie. Il alimentera, par exemple, la révision budgétaire et la future révision de l’ETS (Système européen d’échange de droits d’émission) », estime M. Johnston. .

«  La Commission n’est pas cohérente », déplore un autre environnementaliste : «  D’une part, ils parlent de promouvoir les énergies décentralisées comme les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les réseaux intelligents. Mais d’autre part, ils font la promotion de technologies centralisées et rigides comme le nucléaire et le CSC. Elles sont à grande échelle, centralisées et inflexibles. Il y a conflit ».

L’INDUSTRIE S’INQUIÈTE

«  A moins qu’il y ait une sorte d’engagement à dégager des fonds, je pense que ce plan de financement sera aussi sous assistance respiratoire », a déclaré un représentant de l’industrie de l’électricité. Il est considéré comme une triste continuation du plan SET. «  Personne n’a fait avancer le plan SET. Dès sa présentation, il a été sous assistance respiratoire. Nous n’en faisons rien de concret ».

Les milieux de l’industrie admettent que, malgré les avantages, le plan SET et une solution spécifique de l’UE pour le financement de la recherche énergétique n’ont pas suscité un grand intérêt majeur de la part de l’industrie. «  Pour être honnête, il y a eu trop d’autres législations. Par ailleurs, cela ne devait jamais être un instrument pour dégager des fonds. C’est juste un intéressant éventail de sources possibles, sans décisions. C’est là qu’il y a une lacune ».

D’autres critiquent la ventilation du financement. Une source industrielle dit se féliciter que 13 milliards d’euros soient prévus pour la capture et le stockage du carbone (CSC). «  Mais prévoir 16 milliards d’euros pour l’énergie solaire n’est pas conforme à la réalité. Est-il vraiment utile de mettre autant d’argent dans l’énergie solaire ? »

Les 6 milliards d’euros alloués à l’éolien semblent refléter le caractère plus avancé de la technologie. Mais un montant très faible est affecté par la Commission au volet le plus crucial pour la transition vers des énergies renouvelables : les réseaux d’électricité. La recherche en ce domaine se voit seulement attribuer 2 milliards d’euros. «  C’est très peu », note une source du secteur de l’électricité. n


(1) COM(2007)723

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