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Politiques externes / Sommet UE/JaponImprimer l'article | ![]() relations UE/JAPONSi loin, si prochePar Sébastien Falletti et Pierre Lemoine | mardi 22 avril 2008
![]() Malgré des relations au beau fixe, l’UE et le Japon peinent à donner de la substance à leur partenariat. Derrière les sourires, les poignées de main et une coopération étroite au niveau administratif, la volonté politique semble manquer. Un paradoxe, à l’heure de la mondialisation où Japonais et Européens ont tant d’intérêts et de valeurs en commun à défendre aussi bien sur le plan économique que stratégique. Poids lourds de l’économie mondiale, l’UE et le Japon, ensemble, représentent 40 % du PIB de la planète et 30 % du commerce global. L’UE est le premier investisseur au Japon et celui-ci est le numéro un en Europe du point de vue des investissements directs à l’étranger. Le Japon fait partie des États déclarés « partenaires stratégiques » de l’Union européenne (avec les États-Unis, la Russie, la Chine, le Canada, l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde). Depuis 1991, des Sommets annuels UE-Japon ponctuent la concertation bilatérale. Depuis 2001, celle-ci a fait place à un « plan d’action » pour dix ans. Le plan s’appuie sur de multiples réunions d’experts sectoriels et régionaux. On a même vu, fin février, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet et son homologue allemand Günter Gloser en visite conjointe à Tokyo expliquer l’originalité et les mérites de la coopération franco-allemande. Mais dans les milieux politiques et économiques japonais prédomine un sentiment de frustration : l’UE n’irait pas jusqu’au bout de son discours sur l’alliance stratégique, elle ferait souvent les choses « dans son coin » et ne se comporterait pas suffisamment en allié. On en donne pour exemple récent la législation européenne adoptée en 2006 sous le nom de REACH pour une meilleure gestion des substances chimiques et la réduction des composants nuisibles. Le programme est salué à Tokyo comme ambitieux. Mais, fait remarquer un haut fonctionnaire, « les Européens adoptent des standards pour eux-mêmes et n’ont pas prévu les modalités d’application par les partenaires de l’UE. Nos industries aussi ont des idées et ont accumulé dans les trente dernières années des expériences instructives. Quant aux pays émergents, ils ont un long chemin à faire avant d’adopter les standards économiques et les valeurs de l’approche libérale européenne ». Plus profondément, sur le plan économique, le Japon se sent délaissé par une Europe dont la stratégie asiatique donne désormais la priorité aux puissances émergentes pleines de promesses comme la Chine, l’Inde ou l’ASEAN (l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est) au détriment d’un marché nippon arrivé à maturité. Signe des temps, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson effectue seulement aujourd’hui sa première visite dans l’Archipel depuis le début de son mandat en 2005, alors qu’il se rend régulièrement à Pékin. Une absence qui en dit long et qui a été remarquée à Tokyo. « La relation est presque trop paisible et cela n’incite pas à aller de l’avant », admet une source de la Commission. Les Européens, de leur côté, dénoncent la difficulté d’accès d’un marché japonais protégé par des réglementations souvent opaques pour les entreprises étrangères. Peter Mandelson est revenu à la charge contre les obstacles aux investissements européens dans un discours le 21 avril à Tokyo. Et de noter qu’en 2006, pour un dollar japonais investi au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, les entreprises européennes n’avaient placé que 3 cents dans l’ensemble de l’Archipel. Le déséquilibre est révélateur et risque de durer tant que de véritables progrès dans la coopération réglementaire n’auront pas été accomplis. Le dossier du rapprochement économique entre les deux géants reste sensible alors que le Japon veut un abaissement des tarifs européens pour ses produits industriels. « On sent bien qu’il y a une grande marge de progression qui reste inexploitée », dit-on à Tokyo. La marge de progression est mesurable. Au plan stratégique mondial, les États-Unis d’Amérique sont le premier partenaire du Japon, tout comme ils sont le premier partenaire de l’UE. L’enjeu, pour l’UE et le Japon, reste de renforcer le côté euro-asiatique du triangle et de parvenir entre eux à une relation comparable à celle qu’ils ont avec Washington. La coopération économique UE-Japon pourrait être renforcée avec de nouveaux projets concrets. La concertation pourrait être plus systématique sur des sujets régionaux comme la Chine et Taiwan, la croissance militaire chinoise, la menace nucléaire nord-coréenne. Des dossiers brûlant pour le Japon qui suspecte les Européens de faire preuve de naïveté vis-à-vis de Pékin. L’Asie centrale, le Proche-Orient, l’Afrique sont aussi à l’agenda. « Et pourquoi pas le Tchad ? », nous a dit récemment un diplomate japonais à Tokyo. |
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L’UE et le Japon préconisent une approche « contraignante » -
