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Politiques externes / Sommet UE/JaponImprimer l'article | ![]() Entretien avec Takekazu Kawamura, Ambassadeur du Japon auprès de l’UE« L’UE a tendance à ne considérer l’Asie que comme un marché économique »Par Sébastien Falletti | lundi 21 avril 2008
![]() L’Ambassadeur Kawamura évoque pour Europolitique les questions qui domineront l’ordre du jour du Sommet UE-Japon qui se tient le 23 avril, à Tokyo. Quel sera l’objectif principal du Sommet concernant le changement climatique ? Le Premier ministre, M. Fukuda, a présenté la position du Japon au début de l’année, à Davos. Il a alors parlé de l’objectif national selon une approche sectorielle. C’est ce que nous appelons une « approche du bas vers le haut ». L’UE a sa propre position. Je pense que le Sommet offrira aux deux parties leur première occasion de s’expliquer sur leur position respective. Ce sera très important sur le plan politique. Nous devons définir le résultat que nous pouvons obtenir d’ici à la fin 2009 durant la conférence de Copenhague. C’est un processus long. Au Sommet du G8 à Hokkaido [le 8 juillet prochain, ndlr], les chefs d’Etat et de gouvernement aborderont ce sujet. Quant à savoir s’ils pourront arriver à une ébauche d’accord, c’est une autre question. De nombreux problèmes doivent être résolus tels que les objectifs à long terme (d’ici à 2050) ou les objectifs à moyen terme (2020 ou 2025). Tout d’abord, nous devons comprendre, en particulier au niveau politique le plus élevé, quelles sont les positions en présence et de quelle manière nous pourrons évoluer à partir de ces positions. Le Japon pourrait-il respecter les objectifs de l’UE en matière de réduction d’émissions ( 20 % en 2020 et peut-être 30 % en cas d’accord international) ? Pour l’instant, nous n’acceptons pas une réduction de 20 % des émissions. Selon la proposition de M. Fukuda, chaque pays fixera son propre objectif national. Ainsi, si cette approche est adoptée, l’UE fixera peut-être un autre chiffre. Ce point doit absolument être négocié à partir de maintenant. L’UE pourrait envisager une taxe sur le carbone en l’absence d’un accord. Qu’en est-il du Japon ? Nous ne devons pas envisager un échec possible. Nous verrons après la conférence en 2009. Même alors, si nous ne concluons pas d’accord d’ici à la fin 2009, ce n’est pas la fin du monde. Nous pourrions mener les négociations en vue d’un accord en 2010 et travailler sans relâche pour le mettre en oeuvre en 2013. Mais pour être bien préparés, et pour plus de certitude, un accord devrait être conclu en 2009 de manière à ce que le processus de ratification puisse commencer bientôt. D’aucuns pensent qu’une rencontre ministérielle pourrait avoir lieu pour sortir les négociations de Doha de l’impasse. Le Japon soutient-il ces efforts ? La position du Japon est très claire : nous avons besoin que les négociations soient un succès le plus vite possible. Il est regrettable que les choses ne se soient pas bien passées au cours des deux dernières années. Nous espérons vraiment que nous pourrons aboutir à un résultat avant la fin de cette année. Pour ce faire, nous avons besoin qu’un accord politique soit conclu dès que possible. La réunion de mai sera une occasion très importante à ne pas rater. Etes-vous confiant ? Nous devons nous montrer très prudents afin d’arriver à des résultats positifs. La tenue de cette rencontre ministérielle est une question délicate. Nous avons besoin d’une préparation minutieuse afin que les ministres soient vraiment à même de conclure un accord politique lorsqu’ils se rencontreront. Certains analystes estiment que l’UE et le Japon devront revoir leurs attentes à la baisse pour qu’un accord soit possible ... Nous voulons à tout prix obtenir une ouverture d’accès pour les produits non agricoles, surtout dans les pays développés. Nous devons tenter d’obtenir l’ouverture maximale du marché dans tous les domaines. La réglementation sera également très importante. Le Japon souhaite-t-il que l’UE renforce son embargo sur les ventes d’armes à la Chine ? Nous avons expliqué à nos amis européens notre préoccupation au sujet de la sécurité en Asie de l’Est. Nous avons souligné que les dépenses chinoises de défense connaissent une augmentation à deux chiffres depuis 20 ans. Cette année, la Chine a annoncé un chiffre de 17,7 %. Il n’existe malheureusement aucune transparence sur ce point. D’autres budgets sont peut-être liés à la défense, comme la recherche. La réalité dépasse peut-être donc les chiffres officiels. Nous ignorons dans quel but le gouvernement chinois a augmenté ses dépenses. Si l’UE est un acteur international responsable, non seulement sur la scène économique, mais aussi sur celle de la sécurité, nous espérons qu’elle réagira de manière responsable face à ces faits. Nous espérons que l’UE se penchera sérieusement sur ces problèmes sécuritaires et pas seulement d’un point de vue économique. L’UE a tendance à ne considérer l’Asie que comme un marché économique. Nous savons que la distance est grande entre l’Europe et l’Asie. Mais l’Asie n’est pas seulement un marché pour l’UE. Nous espérons ardemment que l’UE ne lèvera pas son embargo. Pensez-vous que l’Europe n’a pas été assez vigilante ? Elle a progressé. Par exemple, le dialogue stratégique entamé en 2005 a permis d’élargir et d’approfondir la compréhension des Etats membres et de la Commission. La situation est mieux comprise. Le tout est de savoir si cette compréhension ira de pair avec une prise de décisions politique. |
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L’UE et le Japon préconisent une approche « contraignante » -
