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Politiques externes / Sommet UE/JaponImprimer l'article | ![]() ECONOMIE/COMMERCEDésaccord sur les moyens de renforcer les relations économiquesPar Sébastien Falletti | mardi 22 avril 2008
Le Japon craint d’être délaissé par une Europe qui resserre ses liens avec les économies émergentes d’Asie. Il plaide dès lors pour un rapprochement de deux des plus fortes économies du monde par des accords bilatéraux. Avec la communauté des affaires, les gouvernements concernés et la Commission européenne, c’est tout un travail en coulisses qui façonne l’avenir des relations économiques UE-Japon. L’enjeu est ni plus ni moins la manière d’intensifier le commerce et l’investissement entre deux acteurs clés de la scène mondiale. La question est trop sensible pour être conclue par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Sommet UE-Japon du 23 avril. Les décideurs à Tokyo militent pour un Accord bilatéral d’intégration économique (AIE) qui englobe de nouvelles libéralisations tarifaires. Une idée qui ne séduit pas vraiment l’Union européenne pour qui un simple encadrement suffirait à faire tomber les derniers obstacles réglementaires du marché nippon. Selon un représentant de BusinessEurope, ce sont les questions réglementaires qui comptent pour les sociétés membres de cet organisme, les lignes tarifaires peuvent se traiter au niveau multilatéral. BusinessEurope s’efforce, en tandem avec l’organisation sœur japonaise Nippon Keidanren, de travailler à ce dossier délicat. Toutes deux vont tenter de présenter une recommandation commune à l’UE et au gouvernement japonais lors de la Table ronde des entreprises UE-Japon qui aura lieu les 3 et 4 juillet à Tokyo, en prévision du Sommet du G8. Mais les divergences d’intérêts compliqueront la tâche des négociateurs. Les milieux d’affaires japonais attendent des réductions tarifaires, confirme pour Europolitique l’Ambassadeur du Japon auprès de l’UE, Takekazu Kawamura. Les constructeurs automobiles et les fabricants de produits électroniques auraient beaucoup à gagner d’une diminution de la ligne tarifaire de l’UE dans leurs secteurs, ajoute un expert. Les sociétés japonaises craignent de perdre du terrain face à leurs concurrentes coréennes - Séoul a conclu un ALE avec les Etats-Unis et en négocie un avec l’UE. Une source de la Commission confirme que ces ALE coréens préoccupent la communauté des affaires à Tokyo. NOUVEAU CADRECôté européen, les barrières réglementaires sont considérées comme l’obstacle principal à l’expansion dans le marché japonais. Dans de nombreux secteurs, la législation est discriminatoire pour les sociétés étrangères dont elle limite l’essor au Japon. L’accès aux marchés publics est une autre plainte que formulent les sociétés européennes. « Il est impossible d’obtenir un contrat dans le secteur des chemins de fer. Il est pratiquement impossible de vendre un Airbus au Japon », déplore une source de la Commission. Le porte-parole du commissaire au Commerce Peter Mandelson confirme que la Commission et les Etats membres se soucient de nombreux obstacles réglementaires. Au lieu d’un AIE, les entreprises européennes privilégient dès lors un cadre moins lourd, sur le modèle du Conseil économique transatlantique par lequel l’UE et les Etats-Unis comptent traiter les questions réglementaires. Dans sa lettre du 11 avril à M. Mandelson, le secrétaire général de BusinessEurope, Philippe de Buck, recommande de créer un « Conseil de partenariat économique UE-Japon ». Le nouveau cadre couvrirait la coopération réglementaire, les services, les investissements, les marchés publics et les normes alimentaires et phytosanitaires. M.de Buck propose d’axer le cadre sur les questions non tarifaires étant donné que les négociations tarifaires bilatérales pourraient hypothéquer l’avenir du cycle de Doha. Si la Commission et Tokyo n’ont pas encore réagi officiellement à cette proposition, cette dernière ne répondra pas aux attentes des Japonais en termes de libéralisation tarifaire. D’autant que, comme l’indique M. Kawamura, un dialogue réglementaire a déjà cours depuis plus de dix ans. En outre, des divergences de vues au sein du gouvernement japonais opposent le puissant ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie qui privilégie un ALE, et le ministère des Affaires étrangères qui reste quelque peu en retrait à cet égard. Au niveau de l’UE, la Commission indique qu’elle ne poursuit un ALE qu’avec les économies émergentes, et qu’elle réserve un type plus global de coopération aux grands partenaires commerciaux de l’UE, dont les Etats-Unis et le Japon. Aucune décision ne devrait être prise à brève échéance, mais la question devrait refaire surface avant la fin de l’année. La Commission souligne l’importance d’éviter toute initiative bilatérale de nature à faire dérailler Doha à l’heure où les parties s’efforcent plus que jamais de dégager un accord à Genève. Lorsque l’issue de ces efforts de sauvetage de Doha sera connue, il est probable que les Japonais reviendront sur la possibilité d’un accord bilatéral. Un diplomate japonais reconnaît qu’en cas d’échec à l’OMC, il faudra envisager des alternatives. Pour des tableaux et des graphiques : www.europolitique.info > recherche = 223950 |
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L’UE et le Japon préconisent une approche « contraignante » -
