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L’UE attend plus de données sur les perturbateurs endocriniens

Par Nathalie Vandystadt | jeudi 19 juin 2008

Le nouveau règlement européen REACH se devait de répondre aux inquiétudes grandissantes concernant les effets des produits chimiques sur la santé humaine. Les professionnels de la santé ont finalement souligné l’impact positif de la nouvelle législation. Ils continuent en revanche de tirer la sonnette d’alarme contre les perturbateurs endocriniens.

Ces produits perturbant le système hormonal humain peuvent être intégrés à la liste des « substances très préoccupantes », s’il a été prouvé qu’ils ont des effets graves sur la santé humaine ou l’environnement. Et dès lors, être soumis à la procédure d’autorisation de la Commission en vue d’utilisations particulières, à l’instar des CMR (substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction), PBT (substances persistantes, bioaccumulables et toxiques) et vPvB (substances très persistantes et très bioaccumulables).

Cette disposition a été au centre du débat. Mais, face aux manques de données scientifiques, l’UE a opté pour une clause de révision prévoyant la possible application de l’autorisation spécifique aux perturbateurs endocriniens, au plus tard en juin 2013 (6 ans après l’entrée en vigueur du règlement), selon les données scientifiques et économiques du moment.

« Depuis 2005, 200 chercheurs internationaux ont signé la Déclaration de Prague, qui exprime les préoccupations scientifiques relatives aux risques sanitaires posés par les produits chimiques d’usage quotidiens, particulièrement ceux qui interfèrent avec le système hormonal humain », rappelle l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL). Signataire, le Professeur Andreas Kortenkamp, chef du service de toxicologie à l’Institut de Pharmacie de l’Université de Londres, a encore rapporté en avril 2008 « des preuves scientifiques robustes » selon lesquelles « des produits chimiques de synthèse imitant l’œstrogène contribuent au cancer du sein ». 

COLLECTE DE DONNÉES

Jusqu’à l’adoption de REACH, en décembre 2006, la réglementation de l’UE n’avait pas atteint un niveau très élevé de protection de la santé, « alors que les statistiques établissent un lien très clair entre les maladies et l’exposition (aux produits chimiques) au travail, avec des milliers de personnes affectées », soulignait, fin 2007, l’association britannique de médecins ISDE ( International Society of Doctors for the Environment). Au-delà du monde du travail, plusieurs recherches épinglent la responsabilité de substances chimiques dans des réactions allergiques, des cancers - notamment celui du sein -, des malformations à la naissance, une diminution de la qualité du sperme, des problèmes de fécondité, etc.

Le compromis ficelé par l’UE va pallier le manque de données sur le danger des produits chimiques, rappellent enfin HEAL et ISDE dans un article publié en novembre 2007.

L’article de HEAL et ISDE et la Déclaration de Prague :  www.europolitique.info > recherche = 226675



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