Analytique, complet, indépendant |
|
Politiques externes / Présidence tchèqueImprimer l'article | ![]() ElargissementPrague veut rapprocher les Balkans de l’UEPar Joanna Sopinska | lundi 05 janvier 2009
La question des Balkans occidentaux dominera à nouveau l’agenda européen du premier semestre 2009. Suivant l’exemple slovène, la prochaine présidence tchèque veut rapprocher la région de l’UE. “ Les Balkans ont toujours été importants pour nous. Notre but, durant notre mandat de six mois, sera d’accélérer le processus d’intégration dans cette région encore très instable”, a déclaré un diplomate tchèque à Europolitique. L’accent sera mis plus particulièrement sur l’accélération des négociations d’adhésion avec la Croatie et sur l’évolution des demandes d’adhésion du Monténégro voire de l’Albanie et de la Serbie. “ Nous voulons ouvrir et clôturer autant de chapitres que possible dans les négociations d’adhésion de la Croatie en vue d’une conclusion du processus durant le second semestre 2009, avant la fin du mandat de la Commission actuelle”, a ajouté le diplomate. Les experts impliqués dans les négociations estiment toutefois que cet objectif ambitieux pourrait se révéler difficile à atteindre en raison du veto slovène relatif au litige frontalier avec Zagreb. Estimant que les documents et les cartes annexés par la Croatie au dossier d’adhésion qu’elle a remis à la Commission européenne nuisaient au conflit territorial qui oppose les deux pays, Ljubljana a bloqué en octobre l’ouverture de quatre chapitres et la clôture d’un autre dans les négociations d’adhésion avec Zagreb. Depuis la question a peu évolué. “ La présidence française est restée très loin d’une quelconque solution”, estime un diplomate européen. La Slovénie a opposé son veto à l’ouverture de neuf chapitres et à la clôture de deux chapitres lors de la Conférence intergouvernementale de décembre avec la Croatie, remettant en question les chances de Zagreb de faire évoluer les négociations d’adhésion avant fin 2009. “ Nous ferons de notre mieux pour amener les deux parties à s’asseoir ensemble à la table des négociations pour trouver un compromis”, assure le diplomate tchèque. Si la Slovénie lève son veto, il ne restera que deux chapitres (concurrence et droits fondamentaux) à ouvrir durant le premier semestre 2009. Mais ce sont les plus problématiques et il n’est pas certain, à en croire certaines sources diplomatiques de l’UE, que Zagreb réussisse à remplir toutes les conditions d’ouverture durant la présidence tchèque. “ Il reste une chance mais pour y arriver il faut que la Croatie accélère le processus de restructuration de son industrie navale et de réforme judiciaire, notamment et surtout en ce qui concerne la lutte contre le crime organisé et la corruption”, poursuit le diplomate tchèque. A ce jour, la Croatie a ouvert 22 chapitres et clôturé 7 chapitres sur les 33 domaines des négociations d’adhésion. MONTÉNÉGROPrague a également l’intention de faire avancer la demande d’adhésion que le Monténégro a introduite en décembre dernier. “ Nous envisageons d’organiser un débat sur cette candidature lors des réunions du Coreper et du Conseil Affaires générales dès janvier”, précise le diplomate tchèque. Après réception de la demande d’adhésion, le Conseil est tenu de demander l’avis de la Commission européenne. Pour préparer ses recommandations, la Commission envoie un questionnaire, comprenant de nombreuses questions techniques pour la plupart, au pays concerné. Après réception des réponses, elle évalue le niveau de préparation du pays à recevoir le statut de “candidat”. L’avis de la Commission est pris en compte par le Conseil qui décide, par voie de consensus, d’approuver ou de rejeter la demande. Dans le cas de la Macédoine, qui a reçu le statut de pays candidat en décembre 2005, ce processus a pris un an et demi. Prague n’exclut pas que d’autres pays des Balkans comme l’Albanie et la Serbie, suivent l’exemple du Monténégro. “ Si c’est le cas, nous les soutiendrons”, a dit encore le diplomate tchèque. TURQUIEPrague compte maintenir le rythme actuel des négociations avec Ankara et ouvrir deux nouveaux chapitres durant le premier semestre 2009. Etant donné que les réformes d’adhésion sont dans l’impasse en Turquie, la tâche ne sera pas simple, estiment les experts (voir Europolitique n°3632). |
|



Le programme environnemental tourné vers l’international -
