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Economie & monnaie / Présidence suédoiseImprimer l'article | ![]() Entretien avec Anders Borg, ministre suédois des FinancesMoney, money, moneyPar Sarah Collins | mercredi 01 juillet 2009
![]() Discipline fiscale, supervision financière et actifs toxiques sont les grands défis qui attendent la présidence suédoise. Europolitique a demandé au ministre des Finances, Anders Borg, comment Stockholm comptait affronter la crise bancaire. Quelle est la priorité N° 1 de la présidence suédoise dans le domaine financier ? La question la plus importante est de savoir si nous pourrons nous atteler à la crise à l’automne. Espérons que le pire est derrière nous et que nous soyons en phase de stabilisation. Une grande partie du cadre pour traiter la crise est en place – les différentes garanties publiques, etc. – mais je pense que nous devons être très prudents et prêts à agir si les problèmes reviennent. Nous devons savoir que le système bancaire de plusieurs États membres reste très fragile. Mais manifestement, si nous voyons le moyen terme, une priorité claire de notre part sera de lier le dossier de Larosière à un accord politique. Les premiers signes de discorde sont apparus sur la supervision financière. En fera-t-on une question politique pour les partis ou les pays ? Il est évident que d’un point de vue politique, un accord politique est indispensable. Nous avons assisté à un effondrement du système financier à une échelle mondiale, d’une magnitude sans précédent depuis la Dépression. Nous devons en tirer des conclusions, et la conclusion évidente est qu’il nous faut renforcer les autorités de contrôle. Il est clair également qu’il nous faut des compromis et une attitude pragmatique parce que la place financière de Londres est capitale pour l’Europe dans son ensemble, c’est le centre financier de l’Europe. Il y aura des discussions très compliquées, mais avec un engagement politique très fort de dégager un accord. Ayant connu une situation similaire dans les années 1990, la Suède a-t-elle des conseils à donner sur la crise actuelle ? Je pense qu’il est extrêmement important de recourir aux institutions nationales pour étayer cette structure européenne. Cela nous a permis de traiter efficacement la crise bancaire. La Suède a créé un fonds de stabilité et une autorité permanente de gestion de crise, donc c’est le secteur financier qui supporte les coûts des turbulences financières et de l’instabilité qu’il a créée. Mais même avec une meilleure structure de contrôle et un meilleur système d’alerte précoce, il est clair que nous pouvons encore avoir des turbulences financières à l’avenir. Quelle est votre position concernant les « banques poubelles ? » Au début des années 1990, l’État a repris les banques, et ces banques ont été divisées en « bonnes » et « mauvaises » banques. Nous avons recapitalisé les « mauvaises » et en les laissant sur le même bilan, nous avons pu récupérer 95 % des fonds après cinq ans. À titre de comparaison, dans l’expérience japonaise, ils n’avaient récupéré, après cinq ans, que 1 % de leur mise dans le système bancaire. Les « mauvaises banques » peuvent donc jouer un rôle mais je pense qu’il faut le voir sous un angle global, où vous êtes prêts à reprendre une banque. Pourtant, couvrir les titres d’une banque qui a perdu une part considérable de son capital, et donc sa solvabilité, fait débat. La Commission conseille aux États membres de s’apprêter à dépenser davantage, mais aussi à élaborer une stratégie de sortie de crise. Est-ce contradictoire ? Ce qu’il est indispensable de faire en temps de crise doit être fait. Il a fallu étendre le bilan du secteur public pour pouvoir faire face à la contraction extrême que nous avons connue dans le secteur du crédit. Il est très important de revenir aux objectifs à moyen terme pour soutenir les finances publiques. Nous croyons que le pacte de stabilité et de croissance est un cadre qui fonctionne bien, donc nous devons travailler en fonction de lui, et même en renforcer le rôle. Nous assistons à un dépassement des 3 % du PIB du déficit public d’un nombre énorme de pays. Si nous ne voulons pas nous retrouver avec des finances publiques très faibles le jour où se présenterait un nouveau ralentissement de l’économie, il est nécessaire de commencer à restructurer les finances publiques. Ceci dit, la sous-utilisation de ressources est très forte en 2009 et 2010. Une perspective à moyen terme qui soit crédible nous apportera davantage de souplesse à court terme. Assouplir temporairement le pacte de stabilité pour donner plus de marge budgétaire aux États n’a donc pas vos faveurs ? Il doit toujours y avoir une correspondance entre le type de déficit dont on parle, et le genre de restructuration qui est nécessaire parce que la plupart des pays d’Europe doivent enregistrer soit un équilibre, soit un petit excédent à moyen terme. Nous devons être prudents avec la restructuration fiscale en 2009 et 2010 parce que nous avons un faible pourcentage d’utilisation des ressources et un chômage en hausse. Un déséquilibre entre États membres riches et pauvres s’est-il révélé avec la crise ? Il faut un sens aigu de la solidarité dans l’UE. Beaucoup de pays connaîtront des crises similaires à un moment ou l’autre de leur histoire. Il est très important d’être solidaires avec les autres pays, mais il est tout aussi important que les pays qui traversent ces périodes problématiques y réagissent de manière responsable et commencent à assainir leurs finances publiques. La Suède va-t-elle rejoindre bientôt la zone euro ? La population suédoise est devenue plus favorable à l’euro mais savoir si une majorité claire se dessine en ce sens est une question ouverte. S’il nous était possible d’adhérer, ce serait à la condition que nous puissions aussi dégager un accord politique, qui repose sur une large assise, sur la question. Les sociaux-démocrates, qui sont dans l’opposition, ont fait savoir qu’ils étaient très sceptiques quant à un nouveau référendum à brève échéance. |
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