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Politiques sectorielles / Présidence suédoiseImprimer l'article | ![]() Défense/Présidense suédoiseLa Suède souhaite repenser les groupements tactiquesPar Paul Ames | mercredi 01 juillet 2009
La Suède a beau être un des Etats membres neutres de l’Union européenne, son ministre de la Défense promet une approche vigoureuse de la politique de sécurité lors des six mois de présidence suédoise du Conseil. Sten Tolgfors entend repenser le rôle des groupements tactiques de l’UE. Ces derniers sont nés au début de la décennie en tant que groupes de réaction rapide, forts de 1500 hommes, pour faire face à des crises dans des zones hors de l’UE. Ils n’ont jamais été utilisés sur le terrain. Les Suédois annoncent qu’ils lanceront le débat sur la manière et le moment où l’on peut recourir aux groupements tactiques. M. Tolgfors estime que si l’on continue d’allouer des fonds sans mettre les groupements en service, le contribuable finira par se poser des questions. L’idée des groupements tactiques est le fruit d’une réunion, en 2003, entre le Président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair. L’année suivante, le reste de l’Union européenne se ralliait à cette idée novatrice. En 2007, l’UE a déclaré que les groupements tactiques avaient atteint leur « pleine capacité opérationnelle », autrement dit que deux unités se tiendraient prêtes à se déployer à tout moment et rapidement, pour des opérations d’urgence. Cependant, les divergences sur le rôle des unités expliquent qu’elles n’aient jamais été envoyées sur le terrain. La Suède voulait que les groupements tactiques soient déployés durant la mission de l’UE au Tchad et en République centrafricaine en 2008, mais d’autres pays s’y sont opposés. L’UE a finalement été critiquée car, le temps qu’elle trouve des troupes disponibles, la mission au Tchad a été retardée. Or, il s’agissait de protéger des populations réfugiées vulnérables en provenance du Darfour (Soudan). La Suède a fait partie des pays qui voulaient voir les groupements tactiques européens répondre à une demande des Nations unies d’aide au Congo, l’année passée. Face aux réticences de l’Allemagne et du Royaume-Uni, l’UE n’est pas intervenue militairement. Le concept de groupements tactiques implique une rotation sur six mois des pays qui fournissent en hommes les unités en stand-by. Pour le second semestre 2009, l’UE dispose de groupements en stand-by : le tchéco-slovaque, et le franco-belge. Les groupements anglo-néerlandais et polonais prendront le relais au premier semestre 2010. Les critiques jugent contradictoires la nature de la force (réaction rapide), et le peu d’empressement des pays qui ont des groupements tactiques en stand-by à prendre en charge le coût de leur déploiement en service actif. Certains pays rechignent à utiliser les groupements pour des opérations humanitaires « prévisibles » et préfèrent garder les troupes en réserve pour des cas d’urgence. Sten Tolgfors devrait consacrer deux sessions de travail au dossier des groupements tactiques : la réunion informelle des ministres de la Défense de l’UE (les 28-29 septembre à Göteborg), et la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense (mi-octobre à Bruxelles). COOPÉRATION ENTRE CIVILS ET MILITAIRESAutre priorité de la présidence suédoise, promouvoir la collaboration entre civils et militaires lors d’opérations de sécurité de l’UE. « Gagner la guerre ne suffit pas pour gagner la paix », déclare M. Tolgfors. « Une coopération effective entre acteurs civils et militaires est indispensable au succès de la mission. » Le ministre invitera les Etats membres à donner un coup de pouce à la coopération sur la surveillance maritime. Il estime qu’elle est de nature à améliorer l’efficacité des opérations européennes, et d’économiser de l’argent en évitant les doubles emplois. M. Tolgfors a été objecteur de conscience dans sa jeunesse. Mais depuis qu’il a accédé au poste de ministre de la Défense en 2007, il plaide pour la modernisation et le renforcement des formes armées suédoises, et pour un rapprochement avec l’Organisation du Traité Atlantique Nord. Après l’entrée des troupes russes en Géorgie en 2008, il a affirmé haut et fort que la Suède ne « resterait pas passive » en cas d’attaque contre d’autres Etats membres de l’UE. Et ce malgré la neutralité officielle de la Suède. |
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