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Politiques externes / Présidence françaiseImprimer l'article | ![]() UE/MéditerranéeUnion pour la Méditerranée : la France va devoir convaincrePar Sébastien Falletti | mercredi 02 juillet 2008
Le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UM) domine l’agenda de la présidence française de l’UE, mais il faudra plus que de la bonne volonté politique pour assurer la réussite de ce projet. Le Sommet extraordinaire qui réunira, le 13 juillet à Paris, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE et des pays du Sud de la Méditerranée sera l’un des points forts mais aussi l’un des défis de la présidence française. Le président français Nicolas Sarkozy devra convaincre les sceptiques des deux côtés de la Méditerranée que sa « grande idée » peut réellement faire la différence dans la région, sans nuire au cadre de coopération en place. SOMMET DE PARISM. Sarkozy, qui a investi beaucoup d’énergie dans l’initiative d’UM, qu’il a présentée pour la première fois durant sa campagne électorale début 2007, veut faire de «son» Sommet de Paris un «jalon». L’objectif est de lancer officiellement l’UM, de trouver un accord sur sa gouvernance et d’adopter une déclaration politique commune. Les chefs d’Etat et de gouvernement présenteront aussi une liste de projets concrets destinés à séduire les citoyens des deux côtés de la Méditerranée et à être mis en oeuvre dans les prochaines années. Des efforts diplomatiques intenses devront être déployés jusqu’à la dernière minute pour venir à bout de cet agenda ambitieux et la résolution de certaines questions sensibles pourrait même être reportée. « Nous ne devons pas finaliser tous les détails durant le Sommet », confie une source française. L’organisation du Sommet représente en soi un défi majeur pour les diplomates français qui n’ont pas ménagé leurs efforts afin de garantir la réussite de la rencontre tant sur le plan du fond que de la forme. Même si les alliés méditerranéens les plus proches de la France - les dirigeants marocains ou tunisiens et le président égyptien Hosni Mubarak, président probable de l’UM - sont attendus à Paris, de nombreux pays partenaires négocient encore leur présence dans la capitale française. Alors que le Libyen Muammar Kadhafi a décliné l’invitation, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika et plusieurs de ses homologues hésitent à participer au Sommet aux côtés d’Israël. Du côté européen, la France espère recevoir les vingt-six chefs d’Etat et de gouvernement européens à Paris, bien que certains Etats membres éloignés de la Méditerranée pourraient être tentés de bouder la rencontre. GOUVERNANCELa gouvernance de l’UM pourrait être un autre nuage noir dans le ciel du Sommet si les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE n’arrivent pas à s’entendre durant le Conseil européen de juin. M. Sarkozy, qui a déjà édulcoré son projet initial à la demande de la chancelière allemande Angela Merkel, subit la pression de la Commission européenne qui veut s’assurer que l’UM ne sapera pas les structures existantes du Partenariat Euromed créé en 1995. Benita Ferrero-Waldner, commissaire aux Relations extérieures, a écorné deux propositions françaises présentées comme des «valeurs ajoutées» importantes : la création d’un secrétariat et la co-présidence de l’UM. Alors que le secrétariat - une nouvelle instance regroupant des fonctionnaires issus des deux côtés de la Méditerranée - est un point central de l’UM pour la France, la Commission a refusé de lui octroyer une influence politique. La communication adoptée le 20 mai à l’initiative de Mme Ferrero-Waldner charge ce secrétariat de « réunir des initiatives de projets», qui seraient ensuite présentés à un nouveau comité permanent conjoint, basé à Bruxelles, au sein duquel les Etats membres, les pays de la Méditerranée et la Commission décideraient au final. Ce comité chapeauterait le secrétariat et veillerait à ce qu’il n’y ait pas de chevauchement avec les structures d’Euromed qui « devraient être renforcées si possible », souligne la Commission. Autre innovation majeure proposée par la France, la création d’une co-présidence est saluée par la Commission comme un moyen de rééquilibrer le Partenariat Euromed, qui a souvent été critiqué au Sud pour être trop «européen». Toutefois, contrairement à ce qui est prévu dans le projet initial de la France, la Commission estime que l’UE devrait assurer la co-présidence, plutôt qu’un Etat membre en particulier. FINANCEMENTLa Commission, avec le soutien d’une majorité d’Etats membres, a fait clairement savoir que l’UM devrait réunir elles-mêmes les fonds qui lui seront nécessaires, car elle ne pourra disposer que d’une part très limitée du budget de l’UE : 10% seulement du budget de la Politique européenne de voisinage (enveloppe régionale) pourraient être débloqués, sous certaines conditions, pour soutenir le projet d’UM. « La collecte de fonds sera la clé du succès ou de l’échec de l’UM», souligne une source de la Commission, qui estime qu’un apport d’argent frais pourrait donner un coup de pouce décisif aux projets initiés au sein du cadre de Barcelone. En matière d’environnement, le Partenariat Euromed soutient déjà plusieurs projets pilotes et offre une aide technique dans la région. Il ne dispose toutefois pas d’un budget suffisant pour appliquer les solutions à des problèmes tels que la dépollution de la mer. La Commission a identifié 44 zones pouvant être dépolluées d’ici à 2020 pour un coût de 2,1 milliards d’euros, mais ce montant excède de loin la capacité budgétaire d’Euromed. L’UM pourrait permettre la concrétisation de ces projets si elle réussissait à réunir des fonds auprès du secteur privé, des Etats membres de l’UE et d’autres gouvernements comme ceux de la région du Golfe. Le renforcement des mécanismes de protection civile, la construction d’infrastructures de transport ou le lancement d’un programme solaire méditerranéen pourraient aussi être avalisés lors du Sommet de Paris. La France a fait mine d’accepter les propositions de la Commission. Mais elle défendra de tout son poids son idée de la gouvernance et prouvera que l’UM marque l’ouverture d’un nouveau chapitre. « L’UM modifie complètement le fonctionnement de Barcelone», a déclaré Henri Gaino, conseiller de M. Sarkozy. Mais, la marge de manoeuvre de Paris est limitée car elle ne peut se permettre un différend avec ses partenaires dès le début de sa présidence. « La France ne peut se permettre d’échouer », conclut une source de la Commission. |
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Un objectif, mais pas une priorité pour la présidence française -
