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Politiques externes / Présidence françaiseImprimer l'article | ![]() UE/UkraineLes relations UE-Ukraine à un tournantPar Joanna Sopinska | jeudi 10 juillet 2008
Un « partenariat ambitieux » : c’est en ces termes que le Président Nicolas Sarkozy a récemment annoncé la proposition que la France compte faire à l’Ukraine en septembre prochain. Kiev espère que cette appellation alléchante recouvrira un document ouvrant la voie de l’adhésion à l’Union.Adhésion en 2020? En cas de perspective européenne dès cette année, l’Ukraine pourrait adhérer à l’Union européenne en 2020, selon les estimations des diplomates ukrainiens. Ils considèrent que les circonstances sont de plus en plus favorables. Le nouvel ambassadeur de l’Ukraine auprès de l’UE, Andri Veselovsky, pressent un soutien croissant des Etats membres pour l’aspiration de son pays à se rapprocher de l’Union. Ce changement, il le juge particulièrement marqué en France. Autrefois plutôt tiède quant à l’expansion future de l’UE, Paris a désormais une « vision nouvelle » de la place de l’Ukraine dans l’UE, ajoute M. Veselovsky. Il estime que cette vision fait toute la différence et ouvre une nouvelle ère de compréhension d’une maison commune européenne dans les cercles politiques français. Kiev espère que la France concrétisera sa nouvelle approche sous sa présidence. Un accord renforcéLes diplomates ukrainiens ont en vue l’accord renforcé qu’ils négocient avec l’UE et aimeraient lui donner un format de type association. Le processus d’élargissement prévoit que chaque pays qui aspire à devenir membre de l’UE doit commencer par le bas de l’échelle : le statut d’association. L’Ukraine est actuellement un des seize membres de la Politique européenne de voisinage (PEV) qui reste exclu du processus d’élargissement. Lors du prochain Sommet UE-Ukraine, qui aura lieu sous la présidence française, le 9 septembre, Kiev espère que l’UE reconnaîtra ses aspirations européennes et ouvrira la voie du statut d’association. L’offre que la France a présentée comprend le terme « association ». Un diplomate français justifie cette mention par le souci de la future présidence du Conseil d’être ambitieuse à l’égard de l’Ukraine. Les diplomates ukrainiens considèrent que les circonstances sont de plus en plus favorables à un rapprochement. Selon des sources proches du dossier, le projet de document n’offre pas de perspective d’adhésion à l’UE. En revanche, il avance trois éléments qui satisfont Kiev. Il propose que l’accord renforcé s’intitule « accord d’association ». Il offre des relations « de type association » UE/Ukraine. Il prévoit, enfin, l’inclusion de l’Ukraine dans le même mécanisme décisionnel que l’UE utilise dans ses relations avec la Norvège. RÉTICENCESLa version définitive du texte devra être approuvée par l’unanimité du Conseil des ministres de l’UE. Or, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas sont au nombre des Etats membres qui s’opposent à ce que l’Union europenne se rapproche de l’Ukraine. Conscients de cette difficulté, les diplomates français estiment néanmoins qu’un compromis est possible au Sommet UE/Ukraine programmé pour le septembre. L’UE négocie depuis mars un accord renforcé avec Kiev. Huit sessions de négociations, axées essentiellement sur un accord de libre-échange, ont eu lieu jusqu’à présent. La dernière en date, du 2 au 4 juin, a ouvert le débat sur les principes généraux et le cadre institutionnel de l’accord. La présidence française espère finaliser ce volet des négociations au Sommet de septembre. Contexte Les relations de l’Ukraine avec l’UE sont encadrées par un Accord de Partenariat et de Coopération (ACP) en vigueur depuis mars 1998. Kiev juge que ce document, qui remonte à dix ans, est dépassé et qu’il manque d’envergure politique. Les négociations pour remplacer l’APC se sont ouvertes en mars 2007. L’Ukraine voudrait que le futur accord mentionne clairement une adhésion à terme à l’UE. Depuis la Révolution Orange de novembre 2004, l’Ukraine s’est résolument tournée vers l’UE. Une Union européenne qui entend frapper à sa porte, mais fait presque la sourde oreille puisqu’elle s’abstient de promettre l’adhésion à Kiev. Aujourd’hui, l’Ukraine concentre ses efforts sur le nouvel accord dont elle espère qu’il évitera les formulations politiques vagues qui caractérisent les déclarations de l’UE concernant l’Ukraine et ses 55 millions d’habitants. |
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Un objectif, mais pas une priorité pour la présidence française -
