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Politiques sectorielles / Politique maritime intégréeImprimer l'article | Imprimer cet article

Entretien avec Jean-Yves Le Drian, Président de la Région Bretagne

" La mer comme une réponse aux défis que nous devons affronter "

  | mardi 18 mai 2010

Jean-Yves Le Drian est président de la région française de Bretagne. Il est membre du Comité des Régions de l'UE et dirige, au sein de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes d'Europe (CRPM), le groupe de travail "Aquamarina" qui suit le déroulement du plan d'action sur la politique maritime intégrée.

Quels chantiers les régions maritimes aimeraient-elles voir initiées dans le cadre de la PMI?

Avant d’aborder les nouveaux chantiers, je crois qu’il faut prendre conscience que tous ceux qui ont été lancés doivent désormais se concrétiser. En termes d’actions à initier, je pointerai d’abord ce qui n’a pas réellement été mené depuis deux ans et demi : la dimension humaine et sociale de la politique maritime européenne. Nous avons été plutôt satisfaits par le Livre Bleu sur cet enjeu, mais aujourd’hui force est de constater que les actions en la matière se font encore attendre. Ce doit être une priorité pour les prochains mois.

Dans ce contexte, je pense qu’une mesure simple, mais très symbolique, pourrait être la création d’un programme de type « Erasmus maritime » : c’est-à-dire un programme de mobilité pour les jeunes qui suivent des formations maritimes, quel que soit leur niveau. Un tel programme contribuerait grandement à remplir deux objectifs que fixe l’Europe à sa politique maritime : renforcer l’attractivité des métiers de la mer, dans l’optique d’une « croissance bleue », et contribuer à l’émergence d’une identité maritime européenne – qui passera forcément par les jeunes. Je remarque que la commissaire Damanaki fait, justement, de la « croissance bleue » une priorité de son mandat. Cette croissance repose sur l’innovation, sur la connaissance, sur les potentialités de la mer en termes, par exemple, d’énergies marines, de biotechnologies, mais aussi en terme d’attractivité, pour les jeunes, des activités maritimes plus traditionnelles, comme la pêche ou le transport. Il s’agit de voir la mer comme une réponse aux grands défis que nous devons affronter. C’est un axe majeur auquel je souscris pleinement.

Peut-on parler aujourd'hui d'une gouvernance impliquant plus directement les acteurs locaux et régionaux?

Je crois qu’un dialogue très constructif a été instauré entre les régions et la Commission sur la politique maritime intégrée depuis deux ans et demi. Les références aux autorités régionales et locales deviennent régulières dans les documents adoptés par les institutions européennes. Le rôle des régions est salué; la Commission souligne l’apport positif des territoires maritimes, et elle s’appuie sur nos expériences en matière de coopération à l’échelle des bassins maritimes, comme sur les politiques publiques que nous avons développées. De mon côté, je trouve une écoute très attentive et un souci de collaboration évident dans le cadre de la politique maritime intégrée.

Le dialogue passe, en premier lieu, de manière institutionnelle, par le Comité des Régions et par les avis qu’il a rendus sur la politique maritime intégrée. Il passe ensuite par les réseaux de régions, et notamment par le groupe Aquamarina de la CRPM. Je pense qu’il est temps désormais d’imaginer de nouvelles formes de collaboration, qui iraient au-delà de ce seul dialogue. Quel rôle, dans une approche de gouvernance multiniveau, la Commission entend-elle donner aux autorités régionales et locales? Comment la Commission va-t-elle organiser l’association de ces partenaires, qui ne sont pas des stakeholders « comme les autres »? Il s’agit de dessiner ensemble les modalités d’une gouvernance qui associe directement les acteurs locaux et régionaux, et qui est indispensable dans le cadre d’une politique maritime intégrée.

Dans son rapport sur la mise en œuvre de la PMI, la Commission cite la Charte des espaces côtiers bretons comme une "initiative majeure". En quoi les initiatives de la Commission ont-elles été utiles dans le cas breton?

A l’origine, la Charte des espaces côtiers est clairement une application, pour la zone côtière bretonne, de la démarche en faveur de la gestion intégrée des zones côtières lancée par la Commission. Cette Charte s’appuie directement sur les principes qui président à la mise en place d’une politique maritime intégrée, ainsi que sur sa méthodologie – notamment par la prise en considération du lien entre toutes les dimensions des enjeux maritime : économiques, territoriales ou encore environnementales. On retrouve, dans la Charte, des approches promues par la politique maritime intégrée : une gouvernance large avec tous les acteurs concernés ; le développement d’outils, notamment pour les données maritimes et littorales, ou encore l’importance de s’appuyer sur la connaissance scientifique.

Les initiatives de la Commission ont été d’une grande importance pour la Bretagne. Pour la Charte des espaces côtiers, elles ont été nettement un point d’appui de la démarche. Elles ont accompagné toute la réflexion régionale sur la mise en place d’une politique maritime intégrée, comme elles ont servi de cadre de référence pour lancer de nouvelles démarches sur le territoire en faveur du secteur maritime.



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