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Institutions / Parlement 2009-2014Imprimer l'article | Imprimer cet article

Super-Parlement, mais pas Superman

vendredi 26 juin 2009

A sa naissance en 1957, le Parlement européen n’avait ni devoir, ni pouvoir. Devenu en 1979 le seul parlement supranational au monde à être élu au suffrage direct, il a acquis au fil des traités une notoriété médiatique, une place grandissante de colégislateur, un poids politique incontestable, allant jusqu’à pousser la Commission Santer à la démission collective en mars 1999, à rejeter la nomination de deux commissaires en 2004 ou à réécrire profondément la directive Bolkestein. Son influence dans le jeu institutionnel européen ne pourra que grandir dans les cinq ans à venir.

Médiatiquement, le « PE » devrait faire davantage parler de lui, ne serait-ce qu’à cause d’une série de défis dont les journalistes d’ EUROPOLITIQUEdressent l’inventaire dans la première partie de cette édition spéciale destinée à prendre date.

Juridiquement, il verra ses compétences une nouvelle fois élargies sous réserve que le Traité de Lisbonne soit définitivement adopté, ce que rappelle et détaille la seconde partie de cette édition. Comme le Parlement européen sera impliqué dans les trois-quarts des actes législatifs européens et comme la majorité des lois nationales en sont désormais la transposition, cette législature-ci devrait faire franchir une étape à la construction d’une démocratie européenne.

Même sans le Traité de Lisbonne, mais surtout avec lui, le Parlement européen ne manquera pas d’exercer son rôle de contrôle démocratique des autres institutions. Il n’aura échappé à personne en juin 2009 que le Conseil de l’Union européenne a désigné son candidat à la présidence de la Commission européenne mais qu’il a remis le sort de celui-ci dans les mains du Parlement européen pour consultation et vote ultérieur « dans l’esprit du Traité de Lisbonne ». Politiquement et institutionnellement, c’est encore un nouveau bond qualitatif.

Le paradoxe est que cette assemblée européenne a de moins en moins de légitimité citoyenne puisque les électeurs sont de moins en moins nombreux à élire leurs représentants, l’abstention moyenne n’ayant cessé de progresser à chaque élection pour culminer cette année à près de 60 %. Les causes sont à rechercher dans le défaut d’animation de cette démocratie européenne naissante. La responsabilité en revient principalement aux élus, aux dirigeants des Etats qui n’assument pas toujours les décisions prises à l’échelon communautaire, aux appareils politiques qui, cette fois encore, ont casé sur leurs listes électorales des personnalités qu’il fallait écarter de la scène nationale et qui ne brilleront pas nécessairement par leurs travaux en commissions ou leurs contributions au débat européen. Ce Super-Parlement, méconnu et mal aimé, ne possède pas l’aura du super-héros Superman qui illustre notre couverture. Mais il aura cinq ans pour endosser le costume - le Traité de Lisbonne - qui va lui donner des facultés supérieures pour défendre les citoyens ordinaires et les rallier à sa bannière. Et pour prendre des initiatives qui le rendront plus populaire, car appartenant au peuple.



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