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Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | ![]() Marchés financiersLa crise augmente le besoin de microcréditPar Emilie Melvin | mardi 06 octobre 2009
![]() La demande de microcrédit dans l’UE a augmenté suite à la crise économique et financière. Pour soutenir ce secteur, la Commission européenne a lancé, début 2009, l’initiative JASMINE ( Joint Action to Support Micro-finance Institutions in Europe - Action commune pour soutenir les institutions de micro-finances en Europe). L’objectif est double : d’une part, fournir une aide technique aux institutions de microfinancement (IMF) pour les aider à être des intermédiaires financiers crédibles et obtenir plus facilement des capitaux ; d’autre part, apporter une aide financière aux IMF les plus prometteuses afin qu’elles puissent accorder davantage de prêts à des porteurs de projets. L’aide doit faciliter l’autonomie financière des IMF afin qu’elles puissent s’adapter à une demande croissante de microcrédit. Les régions d’Europe bénéficient directement d’une initiative comme JASMINE. « Les activités nécessitant un microcrédit se situent généralement à une échelle très locale », explique Cyril Gouiffès, coordinateur de projets JASMINE au sein du Fonds européen d’investissement, qui gère l’initiative. Cependant, à la différence d’autres initiatives en faveur des micro-entreprises, comme JEREMIE (Ressources européennes communes pour les micro-entreprises et l’expansion des PME), JASMINE s’adresse directement aux institutions de finance, pas aux régions ni aux États. Soutenir le microcrédit est tout sauf superflu en ces temps de crise. Conçue à l’origine pour aider avant tout les IMF en phase d’expansion, JASMINE a d’ailleurs vu son champ d’action élargi aux institutions plus matures. « Le spectre est maintenant beaucoup plus large », explique Cyril Gouiffès. C’est surtout visible en Europe centrale et orientale où, jusqu’il y a peu, la majorité des institutions de microfinancement étaient pourtant assez solides pour bénéficier uniquement de financements privés. Mais depuis que la crise est passée par là, les investisseurs privés, tels que les banques et les fonds d’investissements, sont dans l’incapacité de fournir un financement aux IMF, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest. C’est pourquoi les IMF s’adressent d’avantage aux investisseurs publics, telle que la Banque européenne d’investissement, partie prenante à JASMINE. DU PARTICULIER À L’ENTREPRISEQuel public est visé ? Les anciens Etats membres ont une approche très sociale du microcrédit. Les demandeurs sont plus souvent des bénéficiaires de minima sociaux, des minorités ou des personnes exclues, alors qu’en Europe centrale et orientale, les demandeurs de microcrédit sont plutôt des micro-entreprises, avec moins de dix employés, selon une approche beaucoup plus commerciale. Les bénéficiaires de microcrédit sont susceptibles, par exemple, d’ouvrir une épicerie de quartier, de louer un local pour la restauration rapide ou encore de faire la tournée des marchés pour vendre des vêtements. Ils sont, dans tous les cas, des personnes incapables de produire des garanties adéquates et donc exclues des services financiers classiques. Compte tenu de la baisse dans l’activité bancaire, il n’est pas étonnant que la part de marché du microcrédit ait augmenté depuis le début de la crise. D’autant plus que, dans le contexte de la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, le microcrédit incite à l’auto-entreprenariat, élément vital pour la croissance économique et la réduction de chômage, surtout en temps de crise. Et si les demandes de microfinancement augmentent, ceci engendre le besoin de financer les IMF afin qu’elles puissent répondre à cette augmentation, puisque les demandeurs sont souvent des porteurs de projet qui n’ont pas accès au financement bancaire traditionnel. La valeur moyenne du microcrédit dans l’UE a également augmenté ces dernières années : de 7 000-8 000 euros fin 2007 à 8 000-10 000 euros aujourd’hui. Repère Quoi : JASMINE doit contribuer au développement du microcrédit en Europe en apportant une assistance technique et financière aux institutions de microfinancement. Elle associe la Banque européenne d’investissement (BEI), le Fond européen d’investissement (FEI), la Commission européenne ainsi que des banques publiques et privées, le Parlement européen et des donateurs. Combien : La BEI a mis à disposition une facilité de cofinancement de 20 millions d’euros, gérée par le FEI. Un maximum de 50 % des fonds viennent de la BEI et sont cofinancés par des fonds de partenaires privés. Les co-investisseurs y participent à partir d’un projet de financement clairement identifié. D’ici la fin de la phase pilote, dans trois ans, la somme totale des ressources allouées pour le soutien financier des IMF sera de 40 millions d’euros en plus de 8 millions d’euros versés par le Parlement européen au FEI. La direction générale de la politique régionale de la Commission fournit pour sa part des ressources pour les actions d’assistance technique dans le cadre des services non financiers. Où en est-on : L’action commune est rentrée dans sa phase pilote en janvier 2009, et durera trois ans. Il y a déjà eu une opération signée avec Coopest, qui soutient le développement de l’économie sociale en Europe centrale et orientale. Certaines autres opérations sont approuvées mais pas encore signées, l’objectif pour 2009 étant d’avoir quatre opérations financières signées. Contact : Cellule JASMINE au sein du FEI : +352 42 66 88 1 - Fax : +352 42 66 88 280 |
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