Analytique, complet, indépendant |
|
Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | ![]() Changement climatiqueConvention des Maires : « Le vrai défi, c’est maintenant ! »Par Sophie Petitjean | vendredi 02 octobre 2009
Entre mi-août et mi-septembre 2009, près de 100 villes ont rejoint la « Convention des Maires », ce qui porte à 702 le nombre de villes désireuses de dépasser les objectifs de l’UE en matière de réduction d’émissions de CO2, soit une réduction de plus de 20 % des émissions d’ici 2020, par rapport à leurs niveaux de 1990. Elles s’engagent ainsi à adopter, dans un délai de douze mois, des plans d’action pour l’énergie durable et à atteindre et remplir une série d’objectifs et d’obligations. Leurs progrès seront suivis de près par des évaluateurs extérieurs, c’est donc maintenant que se pose le grand défi. « Les débuts de la Convention des Maires étaient enthousiasmants à cause du grand nombre de villes impliquées. Mais c’est maintenant que les choses se concrétisent, que vient le véritable défi », annonce Ilka Neumann, membre du bureau de la Convention des Maires (COMO). 700 VILLES, 700 RÉSULTATSEn signant la Convention, les maires s’engagent d’abord à faire un inventaire des émissions de 1990, année de référence (ou plus tard), dans l’année qui suit leur adhésion, ainsi qu’à soumettre un plan d’action pour l’énergie durable qui élabore la stratégie de réduction. Ils s’engagent à publier de manière régulière des rapports sur l’évolution de la situation. Ils s’engagent également à promouvoir cette activité et à impliquer tant les différents intervenants que les citoyens. Un travail titanesque pour le COMO, mis en place par la Commission européenne pour coordonner le projet, et qui est chargé de suivre ces avancées. « A l’heure actuelle, nous sommes en train de travailler sur un guide qui aiderait les villes à mettre en place leur plan d’action. Et ce n’est qu’à la fin de cette année que l’on aura des résultats en termes de plans précis, […] même si on a déjà commencé à en recevoir certains », explique Ilka Neumann. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne aura également un rôle de monitoring et d’évaluation et si tout fonctionne selon les plans initiaux, les villes devront être soumises à un bilan intermédiaire deux ans après avoir rejoint la Convention. Étape au cœur de l’actualité, la préparation des plans d’action sera dès lors abordée lors du second atelier thématique de la Convention, organisé à l’occasion des Open Days du 5 au 8 octobre. Un second thème sera, lui, consacré aux structures de soutien, comme les régions qui peuvent fournir une orientation stratégique et un support technique et/ou financier aux municipalités. « C’est la première fois que la DG transport et énergie travaille avec les villes. Cela permet un contact direct et touche différents champs d’action comme le transport urbain, l’industrie, etc., explique Ilka Neumann. Mais les régions peuvent bien sûr jouer un rôle primordial, en soutenant structurellement les mesures importantes mises en place par les villes ou en fournissant l’expertise qui manque parfois aux petites villes. » A l’heure actuelle, il y a vingt-six structures de soutien : douze administrations publiques et quatorze associations transnationales et réseaux régionaux. DES OBJECTIFS RÉALISTES ?« Les objectifs sont ambitieux, certes, mais ils sont nécessaires pour progresser. Le niveau local est le plus concret, c’est lui qui a le plus de potentiel pour réduire les émissions de l’UE », répond Ilka Neumann lorsqu’on l’interroge sur la faisabilité du projet. Selon les chiffres avancés par le site internet www.eumayors.eu, les communes et les villes seraient responsables directement et indirectement de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre découlant de la consommation d’énergie liée à l’activité humaine. Et réduire leurs émissions actuelles de 20 pourcents reviendrait à reboiser chaque année une surface plus large que la Hongrie entière. Aux sceptiques, Ilka Neumann répond que les chiffres parlent d’eux-mêmes. « La Convention des Maires rassemble déjà 702 villes (…). Il y a même des villes d’autres continents, comme la ville de Buenos Aires (Argentine) et Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui ont rejoint la Convention ». Enthousiaste, elle espère même que les villes les plus sceptiques finiront par rejoindre le projet. Selon la Conseil des communes et régions d’Europe, il y aurait un peu moins de 100.000 municipalités dans l’Europe des Vingt-sept : encore 99.300 à convaincre. Regards croisés La ville de Bruxelles, comme toutes les capitales européennes, subit une pression environnementale importante, tandis que Malmö, petite ville suédoise en bord de mer, fut historiquement très polluante en raison de son chantier naval. Pourtant, toutes deux ont décidé il y a quelques mois de rejoindre la Convention des Maires. « Le combat pour le Climat nécessite un engagement clair et commun. L’effet d’entraînement y joue un rôle moteur. Connaître les initiatives des autres, faire connaître les nôtres, sont le meilleur moyen de développer un mouvement de masse qui nous concerne tous », affirme Evelyne Huytebroeck, ministre bruxelloise de l’Environnement, pour motiver son adhésion. Elle met néanmoins un point d’honneur à rappeler que l’engagement de la ville remonte déjà à 2004, tandis que « le nouveau gouvernement fixe à 30 % les réductions d’émissions de gaz à effet de serre pour 2025 ». Tout aussi motivée, la ville de Malmö entend devenir l’un des meilleurs exemples au monde en termes de réduction d’émissions : « on vise les zéros émissions d’ici à 2030. Donc quand on a vu le projet de Convention des Maires, on a trouvé logique de s’y engager », explique Olar Nord, responsable du bureau de la ville de Malmö auprès des institutions européennes. Et à ceux qui considèrent les objectifs de la Convention des Maires irréalistes, il répond tout naturellement : « Nous sommes la preuve vivante de l’inverse. Les objectifs eux-mêmes ne sont pas compliqués : nous avons les outils pour y arriver. Les difficultés sont plutôt politiques et financières. (…). La Convention des Maires va nous permettre d’apprendre des uns et d’en aiguiller d’autres ». |
|



Le GECT, un « outil d’avenir » -
