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Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | ![]() Transport aérienAéroports régionaux : c’est le moment de se mobiliserPar Isabelle Smets | mardi 06 octobre 2009
![]() Des règles européennes stratégiques pour la vie des aéroports régionaux vont être modifiées au cours des prochains mois. La Commission européenne songe en effet à réviser les lignes directrices sur le financement public des aéroports et les aides d’Etat pour les compagnies aériennes au départ d’aéroports régionaux. Pour les régions et les aéroports régionaux, l’enjeu est capital puisque ce sont ces lignes directrices qui fixent les règles de financement des aéroports par les autorités publiques - notamment régionales - et qui déterminent les conditions dans lesquelles les compagnies aériennes peuvent prétendre à des aides pour le démarrage de nouvelles liaisons au départ d’aéroports régionaux. La Commission doit rédiger un rapport sur le fonctionnement de ces règles d’ici la fin de l’année, ouvrant ainsi la voie à leur adaptation. Pour les régions concernées, c’est donc le moment de se faire entendre. La Commission réfléchit notamment à adapter les critères qui lui permettent de juger de la légalité ou non des aides publiques au lancement de nouvelles liaisons. LA CRISE A FRAPPÉDéjà sensible en soi, le sujet l’est d’autant plus aujourd’hui que la crise économique frappe durement les aéroports régionaux, avec des répercussions en chaîne sur l’emploi et le développement économique des régions qui les accueillent. Car les études le montrent : les aéroports sont des outils de développement économique qui ont des répercussions importantes sur l’emploi, les activités commerciales, le tourisme dans les régions. On estime que 1000 emplois sont créés pour chaque million de passagers qui passe par un aéroport (York Aviation, The social and economic impact of airports in Europe, 2004). Or, depuis la mi-2008, les chiffres de fréquentation des aéroports régionaux sont à la baisse et en juillet 2009, plus de 70 % d’entre eux ont encore vu leur nombre de passagers diminuer, certains de plus de 20 %, parfois de plus de 30 %, par rapport aux moyennes de 2008. Tous ne souffrent pas de la même manière - l’aéroport de Charleroi (Belgique) par exemple, qui joue sur son image « low cost », estime que la crise joue en sa faveur et a affiché des chiffres de fréquentation de plus de 40 % ces trois derniers mois par rapport à la même période 2008 - mais il est un fait que les aéroports régionaux sont particulièrement vulnérables. Essentiellement parce que, contrairement aux aéroports de plus grande taille, ils dépendent souvent d’un ou de seulement quelques transporteurs, des compagnies qui sont prêtes à changer de base plus facilement que les compagnies opérant à partir de grands hubs. Les aéroports souffrent de cette situation (moins de passagers égale moins de revenus aéronautiques et commerciaux) et les régions aussi. ADAPTER LES AIDES AU DÉMARRAGEEn ces temps difficiles, le plus grand défi pour les aéroports régionaux est donc de maintenir un certain niveau de trafic : en clair, éviter la fermeture de lignes et, si possible, en ouvrir de nouvelles. Pour cela, les incitations que les régions et les aéroports peuvent offrir aux compagnies aériennes sont souvent capitales. Dans le cas des aéroports régionaux, l’assouplissement temporaire, par la Commission, des conditions dans lesquelles des aides d’Etat peuvent être octroyées à des entreprises en difficulté en raison de la crise n’est pas d’une grande utilité... justement parce qu’il ne concerne que les entreprises en difficulté financière. Or, même en bonne santé financière, bon nombre de compagnies aériennes fréquentant des aéroports régionaux n’hésiteront pas à fermer des liaisons qui n’ont pas atteint la rentabilité espérée - fût-ce à cause de la crise - si ces liaisons ne sont pas soutenues par des aides. Ce dont les aéroports régionaux ont donc le plus besoin actuellement, c’est de pouvoir pérenniser des régimes d’aides publiques mis en place pour soutenir le lancement de nouvelles routes. Or, les lignes directrices limitent ces aides à maximum trois ans. Au moment où elles ont été adoptées, en 2005, la Commission a estimé que les nouvelles liaisons devaient être rentables après trois ans, et donc devaient pouvoir se passer d’un soutien public après cette période. Avec la crise, les choses ne sont cependant pas aussi simples et les aéroports craignent pour l’avenir de certaines lignes dans lesquelles ils ont investi des aides - les régions aussi - et qui n’ont pas atteint le seuil de rentabilité en raison de la baisse de fréquentation à laquelle ils sont confrontés depuis plus d’un an. Pour ces aéroports, il est primordial de pouvoir continuer à soutenir ces liaisons, sous peine de les voir purement et simplement disparaître. De telles fermetures affecteraient directement les aéroports concernés et les régions qui les accueillent. D’où la demande d’ACI-Europe, l’organisation qui représente les aéroports, de pouvoir prolonger jusqu’à cinq ans - au lieu de trois - les aides publiques au lancement de nouvelles liaisons. « C’est d’une importance capitale, dit l’association, pour soutenir l’économie des régions concernées en ces temps de crise, en permettant de conserver des liaisons et d’en développer de nouvelles. » Ce dont les aéroports régionaux ont le plus besoin, c’est de pouvoir pérenniser des régimes d’aides mis en place pour soutenir le lancement de nouvelles routes. |
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