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Politiques externes / Mission Eubam Moldavie/UkraineImprimer l'article | ![]() UE/MoldavieUn voisin méritant dont l’UE attend encore beaucoupPar Joanna Sopinska | mercredi 23 avril 2008
La Moldavie est l’un des plus méritants parmi les pays voisins de l’UE qui participent à la Politique européenne de voisinage (PEV) (1) Ce jeune Etat (émancipé de l’URRS en 1991), coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, a été loué par la Commission européenne il y a peu pour sa « volonté politique forte de progresser » dans la coopération avec l’UE (voir Europolitique n° 3503). Pour récompenser Chisinau de ses performances en 2007, l’UE a décidé « sur la base de progrès durables », d’entamer « une réflexion sur un approfondissement ciblé des relations avec la Moldavie ». En clair, si la Moldavie poursuit les réformes, l’UE pourrait négocier prochainement un nouvel accord avancé allant au-delà de l’accord de partenariat et de coopération conclu il y a dix ans et qui expire cette année. Le nouvel accord devrait renforcer la coopération politique et économique entre l’UE et la Moldavie. Il est toutefois peu probable qu’il intègre les aspirations européennes de la Moldavie. Même si depuis 2002 Chisinau a fait part de sa « ferme intention » d’adhérer à l’UE, celle-ci insiste pour que la Moldavie se concentre sur les réformes essentielles et travaille dans le cadre de la PEV, plutôt que de se focaliser sur l’adhésion. L’approche prudente de l’Union s’explique en partie par les résultats peu convaincants enregistrés par le gouvernement communiste moldave, en ce qui concerne la mise en oeuvre des réformes que le parlement a adoptées à Chisinau. ELÈVE STUDIEUXSelon le dernier rapport de la Commission, la Moldavie a accompli en 2007 des progrès satisfaisants dans la plupart des domaines couverts par le Plan d’action (l’accord UE-Moldavie qui met en oeuvre la PEV). Chisinau est félicitée pour les progrès « substantiels » dans l’amélioration du cadre institutionnel et des procédures relatives au contrôle et à la certification d’origine et se voit accorder des préférences commerciales autonomes supplémentaires (accès sans droits ni quotas aux marchés de l’UE pour la plupart des produits moldaves - voir Europolitique n° 3414). Le pays a adopté plusieurs réformes en matière de justice, liberté et sécurité, qui ont permis la signature d’accords de facilitation de visa et de réadmission avec l’UE (entrés en vigueur au 1er janvier 2008). L’UE est satisfaite de la « coopération positive » de la Moldavie avec la mission de l’UE d’assistance à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine et des efforts de règlement du conflit avec la Transnistrie. Le rapport souligne aussi la « forte » croissance économique de la Moldavie durant le premier semestre 2007 (8 %). Cette croissance a toutefois été sapée par les effets négatifs de chocs extérieurs, dont une grave sécheresse. Le taux de croissance réel serait plutôt de 3 % en 2007. PRIORITÉ À L’APPLICATION DES RÉFORMESMais ces réformes appellent maintenant une application « effective ». La Commission a donc demandé à Chisinau d’intensifier ses efforts pour concrétiser les engagements pris lors de l’adoption de certaines lois en 2007. Cette détermination accrue est nécessaire, estime la Commission, en matière de réforme judiciaire et de lutte contre la corruption (la Moldavie est 111ème sur les 179 pays repris dans l’Indice de perceptions de la corruption 2007 de Transparency International). La Moldavie doit garantir la liberté de la presse et améliorer la situation des entreprises et le climat d’investissement, selon le rapport de la Commission. A cause d’exigences administratives pesantes et souvent arbitraires et des contrôles imposés aux investisseurs, « il subsiste des obstacles à l’établissement en Moldavie » (les investissements directs étrangers en 2007 ont totalisé moins de 200 millions de dollars, contre 6,4 milliards en Roumanie, selon l’Indice de la liberté économique établi par la Fondation Heritage). Les investissements directs étrangers sont également découragés par le fait qu’il n’existe en Moldavie aucune loi englobant toutes les formes juridiques d’activités d’entreprises, ainsi que par la limitation imposée à l’acquisition de terrains, la bureaucratie et la rigidité du droit du travail (il est pratiquement impossible de licencier un travailleur en Moldavie). UN DES PAYS LES PLUS PAUVRES D’EUROPEMalgré des progrès économiques récents, la Moldavie reste l’un des pays les plus pauvres d’Europe. Un tiers environ des citoyens moldaves vivent en dessous du seuil de pauvreté (26 %, 2006). Le salaire mensuel moyen est de 2.200 lei (220 dollars ou 143 euros). L’économie repose sur l’agriculture (fruits, légumes, vin et tabac). Le secteur des services se développe mais insuffisamment. La Moldavie ne possède pratiquement pas de ressources minérales et doit importer la quasi totalité de son énergie, principalement de Russie, ce qui la rend vulnérable aux décision politiques du Kremlin. De plus, l’économie du pays reste dépendante de l’argent venant de l’extérieur notamment de l’UE et des émigrants moldaves (selon le Migration and Remittances Factbook 2008 de la Banque mondiale, l’argent envoyé par les émigrants moldaves vivant à l’étranger a représenté 36,2 % du PIB en 2007). Dans l’ensemble, l’UE a débloqué 209,7 millions d’euros pour la Moldavie pour la période 2007-2010. L’argent de l’UE finance en grande partie le développement de la démocratie et de la bonne gouvernance, la réforme des règlements, la construction de bâtiments administratifs, la réduction de la pauvreté et la croissance économique. L’UE consacre aussi son attention politique et financière au conflit gelé avec la Transnistrie qui nuit aux efforts de modernisation de la Moldavie. La guerre avec la Transnistrie a commencé au début des années 1990 et a des répercussions pénibles pour le pays puisque cette région représentait 45 % de la base industrielle moldave. Pour des graphiques : www.europolitique.info > recherche = 224066 (1) Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Egypte, Géorgie, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Moldavie, Maroc, Territoire palestinien occupé, Syrie, Tunisie, Ukraine. |
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Entre la Moldavie et la Transnistrie, un timide rapprochement -
