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La Transnistrie, une épine dans le pied de l’Europe

Par Nicolas Gros-Verheyde (envoyé spécial à Odessa, Chisinau et Tiraspol) | mercredi 23 avril 2008



Europolitique a pu accompagner, avec deux confrères, une délégation de la sous-commission Défense du Parlement européen pour une visite à la Mission européenne d’assistance à la surveillance de la frontière (Eubam) en Ukraine et Moldavie, et converser avec les principaux responsables locaux et européens présents dans la zone. Une mission dont le rôle est compliqué, par la Transnistrie (1) ,qui a autoproclamé son indépendance, au lendemain de l’implosion de l’Union soviétique, au terme d’une guerre qui fit plusieurs centaines de morts, en 1992. Il paraissait donc nécessaire de compléter cette visite « officielle » par une visite, plus discrète et solitaire, au cœur de cette république moldave sécessionniste, pour « prendre la température » d’une zone peu ouverte au monde et dont les frontières ont gardé un modèle proche des années de guerre froide. Cette longue bande de territoire entre les deux pays constitue indiscutablement une épine dans le pied de l’Europe et est une des raisons essentielles de la présence dans la région de la mission européenne, effectuée au titre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).

LA MISSION EUROPÉENNE « EUBAM »

La mission d’assistance à la frontière de l’UE entre l’Ukraine et la Moldavie (Eubam) a été établie en décembre 2005, suite à la demande conjointe de ces pays (juin 2005) et la signature d’un memorandum of understanding (novembre 2005). Objectif : permettre aux deux pays de mieux surveiller leur frontière, prévenir le trafic, la contrebande et la fraude douanière, et améliorer les capacités des services de contrôle et de douanes de l’Ukraine et de la Moldavie en les rapprochant des normes européennes.

La mission est dirigée par un haut responsable de la police hongroise, Ferenc Banfi. Elle est menée en liaison avec le représentant de l’UE en Moldavie, Kálmán Mizsei. Le quartier général de la mission est situé à Odessa (Ukraine). Mais ses agents - environ 200 personnes : 119 experts de 22 Etats membres renforcés par du personnel local - sont répartis dans six postes d’une frontière étirée sur plus de 800 kilomètres. Celui d’Odessa a en charge le port commercial d’Odessa et l’immense zone portuaire ; Kuchurhan surveille une portion de 213 km (dont 74 km avec la Transnistrie), Kotovsk a en charge 400 km (avec la Transnistrie), Otaci au nord, couvre 312 km de frontière ; Chisinau à l’ouest, 411 km et Basarabeasca, au sud-ouest, 300 km.

Le budget dévolu à la mission de novembre 2007 à novembre 2009 est de 24 millions d’euros. Mode de gestion originale, le Conseil a décidé de confier la mission à la Commission, et l’exécution a été déléguée au programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Les Etats membres participant également par le biais de détachement du personnel technique spécialisé. La mission gère un programme, d’environ 10 millions d’euros, dénommé « Bommoluk », concentré sur l’équipement, le développement de l’analyse de risques et la formation des officiers chargés du contrôle des points frontières.

Pour une carte : www.europolitique.info > recherche = 223737


(1) Par commodité, nous utilisons le terme de « Transnistrie » qui recouvre la région moldave de Transnistrie, pour désigner aussi la « République moldave de  Pridnestrovié ou de Transdrienstrie », sans que cela inclue de notre part une quelconque reconnaissance de cette République autoproclamée.

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