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Politiques externes / Mission en GéorgieImprimer l'article | ![]() Les quatre défis de la mission EUMM GeorgiaPar Nicolas Gros-Verheyde | lundi 22 décembre 2008
![]() Les obstacles, les défis, les enjeux, auxquels est confrontée la mission des observateurs européens en Géorgie, « EUMM Georgia », sont différents des autres missions européennes (Tchad, Somalie, Kosovo) 1. LA VISIBILITÉLa visibilité est l’un des premiers soucis des observateurs. À défaut d’avoir tous le même uniforme – les unités préconstituées (policiers, gendarmes, carabinieri) conservent leur uniforme national – il a été décidé que tout observateur aurait une chasuble bleue et un béret bleu, ainsi qu’un brassard, qu’ils mettent dès qu’ils sont en mission, notamment en public. Le kaki a, normalement, été prescrit, pour éviter toute confusion. Afin d’identifier les véhicules de EUMM Georgia, des stickers bleus ont été collés de chaque côté, et des bandes bleues et jaunes fluo, ainsi qu’un drapeau sur un mat éclairé, viennent de faire leur apparition. C’est nécessaire. Les patrouilles circulent de jour comme de nuit, 7 jours sur 7. Et à la nuit tombée, il s’agit d’éviter toute méprise. Les véhicules européens sont, en effet, très dissemblables. Entre le Hummer italien revenu d’Afghanistan, les Mercedes classiques des Allemands, et les Panhard français, il y a là un assemblage hétéroclite de matériels, à la fois difficile à entretenir au niveau logistique mais qui ne facilite pas la visibilité sur le terrain. Certes des véhicules de couleur militaire ont été repeints à leur arrivée, comme les véhicules italiens qui sont passés de la version sable Irak au blanc. De même les véhicules utilisés par les gendarmes français ont été repeints en bleu avant le départ, la couleur habituelle de la gendarmerie. Mais il reste encore quelques véhicules blindés – en kaki - les AMZ polonais notamment. Le dilemme est simple : avoir un abord pacifique ou protéger les observateurs. Les véhicules ne sont pas adaptés au caractère de la mission. Même si les équipements sont neutralisés, les véhicules tous blindés ou équipés de lance-grenades lacrymogènes sont trop « offensifs ». Dans le même temps, il faut reconnaître que tout danger ne peut être écarté. Et la nécessité d’avoir des véhicules blindés pour protéger les observateurs est nécessaire. 2. LA COMMUNICATIONLa communication est un axe important, non seulement de mise en avant du travail de la mission, comme d’ordinaire, mais aussi une condition même du bon déroulement de l’opération. Outre les dégâts humains et matériels, cette guerre a aussi été médiatique, et l’est encore. Tout incident est aussitôt utilisé au profit d’une des parties. Le déroulement des négociations de Genève comme la mission pour déterminer les responsabilités aiguisent encore ce sentiment. De fait, EUMM ressemble davantage à une mission d’interposition, qu’à une mission d’observation classique . Les attentes dans la population sont très fortes, plus fortes que le mandat de la mission : on attend de l’UE qu’elle ramène le calme et la tranquillité, les bonnes relations de voisinage. Et l’on attend des observateurs qu’ils permettent de savoir la vérité ou s’expriment sur tel ou tel incident. Or la consigne donnée aux observateurs est de ne rien dire. Confusion supplémentaire, la présence de plusieurs organismes internationaux, représentant le continent européen et la communauté internationale (OSCE, ONU, Conseil de l’Europe), chargés de différentes missions : observation (UE, OSCE, ONU), humanitaires (PAM, HCR, CE). 3. L’ACCESSIBILITÉLa Géorgie est, en bonne partie, un pays de montagnes. La situation géographique, particulièrement escarpée — la partie nord de l’Abkhazie et de l’Ossétie est bordée de montagnes de 2000 à 4000 mètres — rend les routes difficilement accessibles, en hiver. Il faut par exemple environ 4 heures pour monter de Gori à Perevi. Ce qui explique la restructuration opérée par l’EUMM dans la localisation de ses Fields Offices début décembre : Le « Field Office » de Poti a ainsi été supprimé. Et un nouveau poste a été créé près de l’Ossétie (Khashuri), permettant de couvrir la zone ouest de l’Ossétie. De la même façon, le poste de Bazaleti - où était fixée la capacité de réaction rapide RRC formée de 20 personnes – a été déplacé à Mtskheta, entre Gori et Tbilissi, près de l’autoroute, ce qui facilitera la rapidité de déploiement. L’hélicoptère pourrait être une solution mais très difficilement praticable par rapport au risque de sécurité. 4. L’ORGANISATIONCette mission a une caractéristique « militaire » très forte. Avec un sentiment d’action permanente (jour et nuit), de réponse en cas d’urgence ou face au risque. Même s’il n’y a pas, au sens propre de règles d’engagement, il y a une série de règles de sécurité, de procédures assez strictes. Elle impose également une adaptabilité permanente Du coup, les procédures classiques de marchés publics et financières paraissent un peu arbitraires et peu adaptées dans ce contexte. Refuser de voir cette réalité, cette mixité d’aspects militaires et civils peut paraître nuisible pour l’efficacité de la mission. Il paraît urgent que l’UE se dote à la fois de règles plus souples et plus adaptées à ce type de missions et qu’elle prépare les crises futures, en prépositionnant des matériels types (véhicules, radios…) pouvant servir ultérieurement. Un peu comme le font les grandes ONG ou les organismes de l’ONU pour gérer les catastrophes humanitaires. |
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La situation sécuritaire demeure instable -
