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DOSSIERS / GalileoImprimer l'article | ![]() GaliléoLe programme européen de radionavigation par satellitemercredi 03 octobre 2007
Galileo est le nom du programme européen de radionavigation par satellite lancé en 2002 par l'Union européenne et l'Agence Spatiale Européenne, qui devrait être opérationnel au cours de la prochaine décennie. Il doit se composer d'une constellation de 30 satellites placés en orbite dite moyenne (24 000 km d'altitude), couvrant en permanence la totalité de la surface de la terre. Ses caractéristiques techniques font qu'il est considéré comme plus performant que l'actuel GPS américain, son grand concurrent (dont une nouvelle génération est attendue entre 2013 et 2018). Le système proposera cinq niveaux de service, qui vont du service totalement gratuit et ouvert à tous au service crypté et payant réservé à des catégories d'utilisateurs bien spécifiques. Les services Galileo- Un service de base : gratuit, destiné notamment à des applications "grand public" et à des services d'intérêt général. Ce service est comparable à celui offert par le GPS américain, qui est gratuit pour de telles applications, mais avec une qualité et une fiabilité améliorées; - Un service commercial : qui permettra le développement d'applications à des fins professionnelles et qui offrira des performances accrues par rapport au service de base, en particulier en terme de garantie de service; - Un service de sauvegarde de la vie humaine : de très haute qualité et intégrité pour des applications sensibles sur le plan de la sécurité, comme la navigation aérienne ou maritime; - Un service de recherche et de sauvetage : destiné à améliorer sensiblement les systèmes d'assistance existants en cas de détresse et de sauvetage; - Un service gouvernemental (dit "service public réglementé" ou PRS) : crypté et résistant aux brouillages et interférences, réservé principalement aux besoins des institutions publiques en matière de protection civile, de sécurité nationale et de respect du droit qui requièrent une protection absolue. Galileo est actuellement à un tournantLes blocages successifs depuis son lancement officiel lui ont déjà fait prendre plusieurs années de retards sur le calendrier initial. Au mieux, le système sera prêt pour la fin 2012. A l'heure où les Etats-Unis perfectionnent leur GPS et où les Russes et les Chinois développent leur propre système de positionnement par satellite, le temps est désormais compté. Dans une communication adoptée le 16 mai 2007, la Commission européenne propose dès lors de "reprofiler" le projet. Objectif : éviter tout retard supplémentaire qui pourrait être fatal au programme. Ce repositionnement suppose de rendre les commandes de Galileo au secteur public et d'abandonner le partenariat public-privé prévu initialement pour la construction et le déploiement des satellites. C'est donc le secteur public devrait entièrement financer le déploiement des 30 satellites qui formeront la constellation. Où en est-on? Un premier satellite expérimental - appelé "Giove-A" (Galileo in Orbit Validation Element) - a été lancé en décembre 2005. Il sert en quelque sorte de "laboratoire" pour tester les technologies mises au point dans le cadre du programme. Le deuxième satellite - "Giove B" - aurait dû suivre au printemps 2006 mais des problèmes techniques ont retardé l'opération. Il est maintenant prévu qu'il soit lancé fin 2007. Ce sera ensuite au tour des premiers satellites opérationnels du programme. La fin de la phase de validation en orbite - qui comprend le lancement de quatre premiers satellites destinés à valider la conception et le fonctionnement du système - est prévue pour la mi-2010. La constellation complète sera déployée à la fin de l'année 2012. Le problème du financementA l'origine, il était prévu que seuls les quatre premiers satellites opérationnels soient financés par le secteur public et que les 26 autres soient construits et lancés par un consortium privé qui devait assurer la concession du programme. Ce consortium regroupait les grands noms de l'industrie spatiale européenne (AENA, Alcatel, EADS, Finmeccanica, Hispasat, Inmarsat, Thales et TeleOp). Mais des désaccords entre les industriels et des incertitudes quant aux recettes attendues, qui les ont poussé a demandé à l'UE d'assumer le risque commercial du programme, n'ont pas permis à ce scénario de se concrétiser. Pour sortir du blocage, la Commission propose maintenant que l'ensemble des 30 satellites soient construits et déployés sur des fonds publics, et elle a mis fin aux négociations avec le consortium. Un partenariat public-privé - avec une concession au secteur privé - sera bien mis en place, mais à un stade ultérieur, pour l'exploitation et l'entretien de l'infrastructure. Il est prévu qu'il porte sur les années 2010-2030. Financièrement, cette reprise en main par le secteur public suppose qu'il faudra trouver des fonds supplémentaires par rapport à l'enveloppe initialement prévue sur la période budgétaire 2007-2013. 3,4 milliards d'euros de fonds publics devront être mobilisés durant cette période, contre un milliard prévu dans le scénario initial. Leur provenance exacte (UE ou Etats membres) n'est pas encore déterminée. Les Etats membres devront se prononcer en octobre 2007, sur base d'une communication de la Commission attendue pour septembre. Civil ou militaire?Galileo est un programme civil. C'est même le premier système mondial de positionnement par satellite conçu spécifiquement pour des applications civiles, sous contrôle civil. Le GPS américain et le système russe GLONASS sont ainsi tous deux financés et contrôlés par les autorités militaires, qui peuvent à tout moment stopper ou brouiller le signal. Ceci dit, la volonté de certains Etats membres – comme la France - d'utiliser des signaux Galileo à des fins militaires est source de dissensions depuis le début de l'aventure Galileo. L'on n'a sans doute pas fini de parler des militaires. La communication de la Commission du 16 mai reconnaît que "sans remettre en cause le caractère civil du système, il faut admettre que des recettes substantielles peuvent être générées par les utilisateurs militaires". Et en la présentant à la presse, le commissaire aux Transports Jacques Barrot a indiqué qu'il laissait la question ouverte. LIENSDocuments officiels les plus récents(description du programme, enjeux stratégiques, état des lieux,…) - Document de travail des services de la Commission - 16/05/07 - Communication de la Commission : Etat des lieux du programme GALILEO - 07/06/06 Les applications - énergie - aviation - maritime - route - rail
Etude coût/bénéfices Articles Europolitique"La question du financement de Galileo n'est pas résolue" (02.10.2007) "La Commission propose un financement entièrement communautaire de Galileo" "Galileo doit être financé intégralement par le budget de l'UE" "Les Vingt-sept sont divisés sur le financement de Galileo" "Il n'est pas question d'abandonner, dit la Commission" "La Commission privilégie un financement public des trente satellites" "Un partenariat public-privé insuffisamment élaboré" "Les vingt-sept mettent la pression sur les industriels" "Onze villes souhaitent accueillir l'autorité de surveillance" "La Commission consulte sur le développement des applications" "Les négociations pour la concession butent sur l'aspect financier"
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