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SOCIAL / Imprimer l'article | ![]() Les formations aux affaires européennes : mode d’emploilundi 17 janvier 2011
Une compréhension approfondie des mécanismes décisionnels européens comme une connaissance fine des politiques communautaires et de leurs arcanes sont souvent déterminantes pour une bonne gouvernance de la sphère publique comme pour la bonne gestion par les acteurs économiques et sociaux de leurs propres intérêts. Cette maîtrise indispensable de la « dimension européenne » fut longtemps le privilège d’une poignée d’initiés. Depuis quelques années, ce pré carré s’est ouvert progressivement. Parallèlement à l’extension constante des champs de compétences européennes, les initiatives, qu’elles émanent du monde universitaire ou d’organismes privés, se sont en effet multipliées avec l’ambition de rendre cette connaissance et cette maîtrise de la chose européenne » accessible au plus grand nombre. Avec cependant, aujourd’hui, une offre telle de « formules » de formation qu’elle place le plus souvent dans l’embarras du « bon » choix étudiants et professionnels. Le propos, ici, n’est ni de distribuer des labels de « bonnes formations aux affaires européennes » ni de se livrer à un quelconque hit-parade, mais seulement d’aider les lecteurs à opérer des choix en meilleure connaissance des choses. Clarifier l’opacité régnante n’est d’ailleurs pas une mince affaire et pose, en premier lieu, la question de la typologie à adopter. Doit-on, par exemple, se concentrer sur le seul contenu des formations dispensées ? Il faudrait ici recenser les formations juridiques, politiques, économiques ou encore multidisciplinaires. Une telle classification risquerait toutefois de ne présenter que peu d’intérêt en termes de clarification dans la mesure où ces enseignements sont dispensés dans presque tous les établissements. Est-il par conséquent préférable d’effectuer un classement en fonction du type d’établissement ? À première vue, cette typologie apparaît très pertinente. Le schéma est simple. D’un côté, se trouvent différents types de grandes écoles telles que le Collège d’Europe situé à Bruges (Belgique) et Sciences Po Paris (France), les départements « affaires européennes et relations internationales » des universités et une centaine d’instituts d’études européennes qui y sont rattachés comme celui de la prestigieuse London School of Economics and Political Science (Royaume Uni). Tous ces établissements délivrant des diplômes de masters en études européennes. De l’autre, de nombreux instituts privés proposent des formations plus spécialisées, « professionnalisantes » et non « diplômantes ». Mais la réalité fait état d’une division beaucoup plus complexe. Par exemple, dans de nombreux États membres de l’Union européenne, les universités et les grandes écoles peuvent proposer, elles aussi, des formations spécialisées et non « diplômantes ». FORMATIONS « DIPLôMANTES »Au regard de ces brèves considérations et par souci de clarté, Europolitique a donc privilégié une autre distinction, différenciant les formations « diplômantes » et non « diplômantes ». Si, comme tout enseignement, une formation « diplômante » vise à initier et/ou à qualifier, le titre délivré à l’issue de la formation est soumis à une procédure spécifique. Comme le prescrit la directive 89/48/CEE, il s’agit d’un diplôme ou d’un certificat validé dans chaque État membre par une autorité compétente. En outre, ces formations « diplômantes » sont très généralement dispensées par les universités, les instituts rattachés à ces dernières, les grandes écoles ou encore les établissements reconnus par l’État. Dans le domaine des formations aux affaires européennes, ce sont des titres de « masters en études européennes » à finalité juridique, politique, économique ou encore interdisciplinaire qui sont le plus souvent délivrés. Depuis la « réforme de Bologne » (voir article suivant), un master s’étend normalement sur deux années. Si cette formation se déroule généralement durant la journée dans des établissements dévolus à cette fin, les masters « en ligne » se sont multipliés ces dernières années. On peut donner ici en exemple les masters du Centre de droit européen du King’s College à Londres (Royaume-Uni) enseignés à distance. Des doubles diplômes sont également proposés par plusieurs établissements. Tel est le cas de l’institut d’Études Politiques de Strasbourg qui dispense deux masters en études européennes en partenariat avec d’autres universités : le master franco-allemand en coopération avec l’Université de la Viadrina (Francfort sur l’Oder) et celui franco-polonais avec l’Université Jagellone de Cracovie. Par ailleurs, nombreux sont les établissements qui ne dispensent qu’une année de formation, équivalant à une deuxième année de master selon la classification de Bologne (voir article suivant). On peut citer ici les cinq masters dispensés, chacun sur une année, par le Collège d’Europe, une référence incontournable en matière de formation aux affaires européennes. Pour être admis, un étudiant doit normalement avoir effectué quatre années d’études supérieures (ce qui correspond à une première année de master ou encore 240 crédits) en droit, en sciences politiques, en économie, en études européennes, en histoire ou encore en relations internationales. De fait, cette année de formation au Collège d’Europe se veut, incontestablement, une année de spécialisation. Enfin, de véritables masters complémentaires peuvent également être proposés. Dans ce registre, un étudiant doit obligatoirement posséder un titre de master (soit cinq années d’études ou encore 300 crédits) pour se porter candidat à ladite formation. On peut citer ici le master complémentaire en droit européen de l’Institut d’Études Européennes de l’ULB (Université Libre de Bruxelles). « FORMATIONS QUALIFIANTES »Les formations ne délivrant pas de « diplôme », communément appelées « formations qualifiantes », leur objectif est tout autre. Dans le domaine des affaires européennes, ce type d’enseignement vise principalement à fournir des savoirs ciblés et « professionnalisants ». C’est la raison pour laquelle, ces formations attirent généralement des personnes actives désireuses de se spécialiser ou d’actualiser leurs connaissances. Dans leur majorité, ces enseignements prennent la forme de séminaires de courte durée (un ou plusieurs jours). Il existe aussi cependant des cycles de formations de longue durée (six mois minimum) et organisés généralement en plusieurs sessions de quelques jours par mois, certaines d’entre elles se déroulant à Bruxelles comme par exemple les MBA délivrés par l’ESSEC (Ecole de management, France). Les établissements offrant ce type de formation sont très nombreux. Il y a tout d’abord des organismes privés, pour la plupart basés à Bruxelles. L’offre proposée par l’European Training Institute (ETI) en est une illustration exemplaire. L’établissement propose des formations sur la comitologie, la communication et la négociation, les programmes régionaux ou encore le système décisionnel de l’Union européenne et le lobbying. Et pour chaque thème, différents séminaires sont organisés sur un, deux ou cinq jours. Il est à mentionner que les personnes suivant ces formations sont considérées comme des « clients » dont 70 % proviennent du monde de l’entreprise. De telles formations sont également organisées par les universités et les grandes écoles. On peut citer ici les sessions de « training » (sessions « professionnalisantes ») de l’Institut d’études européennes de la VUB (Vrije Universiteit Brussel, Belgique), les séminaires de l’EIPA (European Institute of Public Administration, Pays-Bas) ou encore, les formations sur mesures dispensées par l’École Normale d’Administration (Strasbourg, France) qui s’étalent sur un temps plus long. L’Académie de droit européen de Trèves (ERA, Allemagne), qui est une Fondation publique, peut également être répertoriée dans cette catégorie. Centre européen de formation professionnelle, l’ERA dispense de nombreuses formations ciblées dans le domaine du droit européen. |
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