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SOCIAL / Formations européennesImprimer l'article | ![]() affaires europÉennesDes métiers sans frontièresManon Malhère | lundi 17 janvier 2011
Les personnes ayant achevé une formation en affaires européennes peuvent se tourner vers les institutions européennes ou postuler auprès d’une multitude d’organismes et de sociétés qui gravitent autour de ces dernières. Que ce soit à Bruxelles, à Strasbourg, au Luxembourg, en Europe et au-delà, nombreux sont les employeurs intéressés par des postulants qui ont commencé à être initiés aux affaires européennes. On estime le nombre d’emplois au sein du « monde européen », hors institutions, à quelque 50 000. Hors de ce microcosme, sont également intéressées des ONG internationales avec des sections relations UE, des entreprises internationales ou multinationales avec des intérêts européens ou encore des gouvernements de pays tiers ayant besoin de personnel formé aux affaires européennes pour mener des négociations politiques ou économiques bilatérales. Parcourant ces « métiers sans frontière », Europolitique a tenté d’établir une classification en distinguant les emplois issus du secteur public de ceux relevant du secteur privé. SECTEUR PUBLICEnviron 45 000 fonctionnaires sont présents au sein des institutions européennes. Plus spécifiquement, selon les chiffres du Budget général pour l’année 2010 (voir tableau), les fonctionnaires permanents sont estimés à 37 805 et les agents temporaires à 2 215. Ces derniers, employés pour une durée déterminée, sont sélectionnés sur candidature après dépôt d’un avis de vacance auprès des représentations permanentes ou d’EPSO (Office européen de sélection du personnel). Ce statut ne doit donc pas être confondu avec l’agent contractuel sélectionné via un concours (voir article séparé) et dont le nombre n’est pas prévu dans le budget annuel. Concernant les organismes créés par les Communautés et dotés de la personnalité juridique également énumérés dans le budget 2010, 5 090 emplois temporaires et 698 postes permanents ont été pourvus. Néanmoins, il faut savoir qu’il existe d’autres moyens d’accéder aux institutions. Ainsi en va-t-il des experts nationaux détachés (END) : ce sont des fonctionnaires nationaux envoyés dans les institutions européennes par leur administration centrale. Ils sont censés y apporter une expertise spécifique pendant une durée variante de six mois à quatre ans. Les END continuent à être rémunérés par leur employeur. Cependant, les frais supplémentaires, qu’implique le fait de vivre et de travailler à l’étranger, sont couverts par la Commission. Par ailleurs, si la formation aux affaires européennes est une voie pouvant mener à ces types de postes, elle n’est pas la seule, l’UE étant également à la recherche de spécialistes et d’experts dans divers domaines. Ingénieurs ou chercheurs ont ainsi des possibilités d’être recrutés, sous divers statuts, par la Commission intéressée par du personnel spécialisé dans les sciences et la recherche. Des personnes avec des compétences dans le domaine des technologies de l’information, l’économie, les sciences politiques, l’audit et le droit sont aussi recherchées. Propre au Parlement européen, la fonction d’assistant parlementaire est généralement exercée par des personnes ayant suivi de près ou de loin une formation aux affaires européennes. Bénéficiant depuis peu d’un véritable statut (Règlement adopté par le Conseil le 23 février 2009), l’assistant appartient maintenant à une des différentes catégories de personnel des institutions européennes. Bénéficiant d’un contrat de droit européen avec le Parlement européen, les coûts qu’il entraîne (salaire, cotisations sociales etc…) ne sont toutefois pas assurés par le budget de l’UE mais soustraits à l’enveloppe « frais d’assistance parlementaire » attribuée à chaque député. Enfin, nombre de personnes formées aux affaires européennes se trouvent également dans les ambassades auprès de l’Union européenne, dans les nombreuses représentations des régions et des autorités locales basées à Bruxelles, dans les administrations nationales, notamment, dans des ministères-clés comme les Affaires étrangères, l’Agriculture, les Transports, etc., et, dans une moindre mesure, dans les départements « affaires européennes » des administrations régionales. SECTEUR PRIVÉDéfinir les métiers issus du secteur privé se révèle une tâche extrêmement délicate dans la mesure où gravitent autour des institutions européennes une multitude d’activités. Si le métier d’avocat ou de juriste spécialisé dans les affaires européennes se définit par lui-même, il en va autrement pour les sociétés de consultance en affaires publiques et les activités de lobbying auprès des institutions européennes, deux fonctions généralement assumées par la même structure. Réunissant des experts de formations très diverses, spécialistes des mécanismes décisionnels communautaires, initiés aux différentes politiques européennes et bien introduits dans les diverses institutions, les employés de ces sociétés agissent généralement à la fois comme conseillers de leurs clients, lobbyistes au bénéfice de ces derniers et d’interface entre ceux-ci et les fonctionnaires et autres responsables européens. Selon le rapport Stubb du Comité Affaires constitutionnelles du Parlement européen, à côté des 1 960 représentants d’intérêts déjà inscrits au registre des lobbyistes ouvert par la Commission européenne (et en cours de révision), ils seraient en fait près de 15 000 à animer la vie institutionnelle européenne. Si les groupes de défense d’intérêts de grandes catégories socio-professionnelles, dans le secteur agricole, bancaire, des assurances, etc. apparus au cours des années soixante, restent majoritaires à Bruxelles, s’organisent aussi depuis quelques années des groupes de pression d’intérêts privés plus restreints Nombreuses ainsi sont les organisations ou associations, telles que les ONG, qui défendent des intérêts d’ordre public, des causes humanitaires, la protection de l’environnement, les droits de l’homme ou encore es consommateurs. Partie intégrante du microcosme bruxellois, le journalisme européen doit également être mentionné. Il s’agit là d’une spécialisation réputée difficile tant le domaine des affaires européennes est complexe et technique. Ainsi, s’il n’est pas obligatoire de suivre une formation en la matière pour prétendre à ce type d’emploi, une expérience du milieu européen se veut un avantage non négligeable. Globalement, un journaliste exerce soit la fonction de correspondant de médias nationaux, soit dans des médias spécialisés dans le domaine des affaires européennes. Dans ce registre-là, les journalistes se spécialisent généralement dans un, deux ou trois domaines des politiques européennes. Pour certains observateurs, Bruxelles rivaliserait avec Washington DC en nombre de journalistes. Si on compte environ 1 200 journalistes couvrant actuellement les activités européennes, ce nombre est toutefois en constante diminution en raison de la crise financière de la presse, aggravée probablement par la crise économique, et, dans une moindre mesure, d’un faible intérêt pour la « chose » européenne perceptible ou supputée telle dans les États membres. Catégorie à part, la recherche attire également certaines personnes ayant suivi des formations aux affaires européennes et plus spécifiquement celles « diplômantes ». En effet, titulaires d’un master, ces derniers ont réussi avec succès une formation doctorale. Rattachés, pour la plupart, à des instituts académiques d’études européennes, ils exercent une activité de professorat en parallèle. Différemment, la recherche dans les think tanks - des laboratoires d’idées privés- vise, elle, la formulation de propositions dans le domaine des politiques européennes. |
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Les formations aux affaires européennes : mode d’emploi -
