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Politiques externes / ElargissementImprimer l'article | ![]() Incertitudes et hésitations pour l’expansion de l’UnionPar Joanna Sopinska | jeudi 30 avril 2009
![]() Cinq ans après le « big bang » historique de mai 2004, qui a ouvert l’Union européenne à dix nouveaux Etats membres, puis, en janvier 2007, à la Bulgarie et à la Roumanie, peu de capitales européennes préconisent de laisser d’autres pays adhérer à l’UE dans un avenir proche. La Croatie est la seule exception. Il est convenu que ce pays méditerranéen, de 4,5 millions d’habitants, adhérera normalement en 2011. Certains diplomates moins optimistes parient toutefois sur 2012 du fait du différend frontalier que Zagreb doit encore résoudre avec la Slovénie voisine. Ce litige remonte à 1991, lorsque les deux pays se sont déclarés indépendants de la Yougoslavie. Il constitue à lui seul un obstacle à la demande d’adhésion de la Croatie qui risque dès lors de ne pas atteindre son objectif avoué : boucler ses négociations d’adhésion à l’UE à la fin 2009. Pour les autres pays des Balkans, les perspectives d’adhésion à court terme sont plutôt incertaines. Selon les experts, il faudra au moins trois, voire cinq ans, avant un nouveau feu vert des Etats membres. Ce qui reporte à plus de dix ans l’entrée potentielle des six pays concernés (Albanie, Bosnie, Kosovo, Macédoine, Monténégro et Serbie). La Turquie constitue un cas à part. Elle négocie son adhésion depuis octobre 2005 (comme la Croatie), mais le processus rencontre des obstacles de taille : un tiers des chapitres à négocier sont gelés à cause de la question chypriote ou pour d’autres motifs d’ordre politique. En outre, les dirigeants de l’Allemagne et de la France, deux des Etats membres les plus puissants, restent publiquement opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union et proposent à Ankara un « partenariat privilégié ». Les experts ne jugent pas certaine l’adhésion de la Turquie, et de toute manière elle aurait lieu dans bien plus de dix ans. Enfin, deux dossiers se situent quelque part entre ceux des Balkans occidentaux et de la Turquie : l’Islande et la partie nord de Chypre. Si les choses évoluent positivement, les deux pourraient entrer dans l’UE avant la Croatie. La réunification de l’île de Chypre est la clé de l’adhésion du nord de l’île divisée. Si c’est l’ensemble de Chypre qui a été admis dans l’UE en mai 2004, l’acquis communautaire reste « suspendu » dans le nord. En ce qui concerne l’Islande, il faut d’abord un consensus national sur l’adhésion avant d’envisager l’étape suivante. Une fois cette condition remplie, cette île nordique, plus petite que Malte, pourrait rapidement entrer dans l’UE. Cette forte incertitude sur de prochains élargissements s’explique par un appui exceptionnellement faible à une nouvelle vague d’adhésion, tant parmi la classe politique que dans l’opinion publique. Ce dossier examine les causes principales de cette désaffection dans l’Union européenne et tente de cerner les contours de la politique d’expansion de l’UE à l’avenir. |
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