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Politiques sectorielles / Défense SécuritéImprimer l'article | ![]() Formation des officiersL'Erasmus militaire débute en 2009Par Nicolas Gros-Verheyde | jeudi 23 octobre 2008
Dénommée de façon commune « Erasmus militaire », bien que la Commission européenne ne tienne pas à voir le nom de son célèbre programme d’échanges d’étudiants ainsi galvaudé, cette initiative a un double objectif : « offrir aux jeunes officiers européens, dès le stade de la formation initiale, la possibilité de suivre une partie de leur formation dans un autre Etat membre » et aussi « renforcer la capacité des armées européennes à travailler ensemble et l’interopérabilité des forces ». Il s’agit aussi, comme l’explique Hervé Morin, le ministre français de la Défense, de promouvoir une « conscience européenne, pour qu’à côté de la citoyenneté propre à chaque Etat membre, il existe une citoyenneté européenne, que l’on puisse développer une culture européenne de défense, et, enfin, par la formation commune, d’améliorer l’interopérabilité des forces armées amenées à intervenir sur un même théâtre d’opération ». Certaines académies militaires ont déjà mis en place des échanges bilatéraux, parfois multilatéraux, allant même jusqu’à l’attribution de diplômes communs. Ces échanges sont parfois assortis d’une adhésion des écoles au programme Erasmus. Mais, le nombre d’étudiants militaires concernés par ces échanges demeure limité. En cause, les divergences importantes qui existent encore dans les pratiques entre Etats membres et les nombreuses difficultés de mise en œuvre. L’initiative comprendra donc trois volets : 1) Créer un socle commun de formation. Une plate-forme informatique contenant les programmes de formation initiale des officiers devrait être créée, permettant ensuite aux institutions nationales de formation d’offrir et de demander des places pour des échanges d’officiers. Cette base de données devrait être administrée par le secrétariat du Collège européen de sécurité et de défense (CESD) et alimentée par les Etats membres/institutions. 2) Favoriser des échanges d’étudiants, d’enseignants entre académies et écoles militaires, pour des qualifications croisées des officiers des Etats membres. Il s’agit d’identifier des solutions aux obstacles administratifs, juridiques et d’autre nature aux échanges, de définir des mécanismes incitatifs visant à développer les échanges, et de développer un système d’équivalences pour le volet militaire de la formation initiale des officiers. 3) Elaborer des modules communs de formation. Un module de formation sur la PESD est en cours d’élaboration. Des modules de formation devraient être développés dans d’autres domaines relatifs à la sécurité internationale. Il s’agit aussi de développer l’enseignement des langues de l’Union européenne, en particulier l’enseignement d’une seconde langue étrangère. Une quinzaine d’Etats ont fait des offres plus ou moins précises, lors de la réunion informelle des ministres de la défense de Deauville, début octobre. La République tchèque a ainsi proposé que son université d’été de la défense de Brno soit qualifiée dans le schéma Erasmus. La Slovaquie a proposé la participation de son académie militaire. La Hongrie a suggéré son université nationale de défense. Malte a proposé d’ouvrir son module de formation « recherche et sauvetage » aux Européens. La Grèce a demandé la création de modules communs dans le domaine des langues. Dix autres pays (Allemagne, Autriche, Portugal, Luxembourg, Irlande, Chypre, Slovénie, Pologne, Roumanie, Bulgarie) ont annoncé, selon la présidence française de l’UE, leur participation d’une manière ou d’une autre. Un grand absent cependant : le Royaume-Uni. Une déclaration d’intention va être signée au Conseil des ministres du 10 novembre. Et l’initiative devrait démarrer en 2009 par deux actions précises : la publication d’un module commun de formation sur la défense européenne, le lancement de consultations entre académies et écoles militaires pour l’établissement d’équivalences dans la qualification des militaires européens. A noter que cette initiative vise essentiellement les formations initiales. Pour les échanges et formations professionnelles, c’est le Collège européen de défense qui est compétent, même si son fonctionnement est jugé aujourd’hui encore imparfait et qu’une discussion est en cours pour le revoir. |
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