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Politiques sectorielles / Défense & Sécurité 2009Imprimer l'article | ![]() Tribune libreRecherche de sécurité et recherche de défense : vers des synergies renforcéesPar Axel Dyèvre | mardi 17 novembre 2009
![]() Dans le domaine des technologies de sécurité et de défense, l’Union européenne joue depuis quelques années un rôle catalyseur de plus en plus important, pour les États membres, les industriels et les centres de recherche. Cette politique se concrétise principalement dans les deux espaces distincts que sont l’Agence européenne de défense (AED) et la thématique sécurité du 7e Programme cadre (FP7) de la Commission européenne. Souvent justifiée par la demande de sécurité des citoyens vis-à-vis de l’Union, cette coopération accrue des Européens est surtout insufflée par les États membres, toujours à la recherche d’optimisations budgétaires. Malheureusement, cette vision quelque peu idyllique se heurte à une réalité simple : l’argent des institutions européennes, communautarisé ou non, vient des États membres, c’est-à-dire des contribuables. Il n’y a donc pas là de nouvelles ressources mais tout au plus des ressources transférées. Cette réalité est moins sensible dans le secteur de la sécurité, le programme cadre portant sur une période de sept ans et le budget étant voté pour cette période. Elle est davantage sensible à l’AED où les budgets sont discutés et votés chaque année. Autre constatation : les programmes communs ne sont pas forcément moins chers, car les coûts de fonctionnement et les différences de spécifications peuvent entraîner des lenteurs et des surcoûts importants. Il n’est que d’avoir participé à quelques projets européens de sécurité ou de défense pour avoir une vision claire de ces difficultés, sans parler des lourdeurs administratives inhérentes à ces projets. Mais ces critiques sont à relativiser, car la création de l’AED et le lancement du programme de recherche en sécurité de la Commission datent de 2004. Difficile de porter des jugements définitifs sur des politiques aussi ambitieuses dans des domaines où les sensibilités nationales sont aussi fortes, sur une courte période de cinq ans. En outre, il ne faut pas oublier l’effet d’entraînement de ces politiques. À titre d’exemple, la France – qui représente, hors nucléaire, avec le Royaume Uni, 70 % de la R&T de défense cumulée des États membres – effectue environ 20 % de ses programmes en coopération dont près de la moitié au sein de l’AED. Dans le même temps, la Commission européenne investit 1,4 milliard d’euros dans la recherche en sécurité sur la période 2007-2013 (hors Espace). En France, en 2009 l’Agence nationale de la recherche (ANR) a lancé pour la quatrième année consécutive le programme « Concepts, Systèmes et Outils pour la Sécurité Globale », en cohérence avec le FP7 sécurité. En Allemagne, cette année, le ministère fédéral de la Recherche et de l’Éducation s’est entendu avec l’ANR pour financer certains projets proposés par des partenaires français et allemands. Il y a là un signe indéniable de mise en cohérence des politiques européennes et nationales. Un autre effet tangible est que ces politiques contribuent réellement à la création de réseaux européens. Acteurs publics et académiques, industriels et centres de recherche prennent de plus en plus l’habitude de travailler ensemble. Sans aller jusqu’à parler de réseaux d’excellence, on peut déjà affirmer que les fonds investis par les institutions européennes ont contribué à créer des réseaux de confiance entre acteurs de référence. Il ne faut pas perdre de vue les résultats effectifs des projets financés sur fonds européens. Ils contribuent au renforcement d’une base industrielle indispensable pour doter l’UE de systèmes de sécurité, d’équipements militaires et de capacités de gestion civile de crises appropriés, en toute autonomie. Cette mise en réseau des acteurs contribue aussi à l’amélioration des capacités dans les différents États membres en donnant l’occasion à leurs industriels de travailler pour et avec des « coopétiteurs ». Le même raisonnement peut être tenu pour les autorités publiques qui y trouvent l’occasion de travailler à une échelle européenne et de mieux prendre en compte les problématiques de leurs voisins et partenaires. Aux uns et aux autres, les projets européens de recherche de sécurité et de défense lancés ces dernières années ont permis d’intensifier leurs relations avec les ministères et agences concernées, les grands établissements publics de recherche, les industriels, les universités, mais aussi les plus petits laboratoires et les PME, au niveau européen. Mais il reste de nombreuses voies d’amélioration. Et deux axes de progrès semblent primordiaux à ce jour. - Une meilleure synergie entre la R&D de défense et celle de sécurité. Le 8e programme cadre sera lancé en 2014, c’est donc dès à présent qu’il faut envisager comment procéder et se poser également la question des aspects spécifiques qui ne pourront pas de facto faire l’objet d’un rapprochement. - Les programmes de recherche ont encore trop peu de lien avec le marché, aucune structure ne permettant d’assurer le suivi de ces projets et d’assurer que l’argent dépensé en R&D par les contribuables européens se transformera en programme d’équipement. Recherche de synergies accrues entre la sécurité et la défense comme entre la recherche et le marché sont des pistes de réflexion pour les mois à venir. L’adoption du traité de Lisbonne et la fusion des « piliers » devraient tout à la fois être l’occasion et l’accélérateur de ces évolutions. |
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