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Cinquante ans du Comité économique et social

Le président Dimitriadis veut une nouvelle vision pour le CESE

Propos recueillis par Célia Sampol | mardi 27 mai 2008



Dimitris Dimitriadis est à la tête du Comité économique et social européen (CESE) depuis octobre 2006 et appartient au groupe des employeurs. Alors que l’assemblée consultative célébrera ce 28 mai à Bruxelles son cinquantième anniversaire, le président grec annonce de prochaines propositions pour rétablir la position du CESE au sein du concert des institutions européennes. 

Voyez-vous une évolution depuis 50 ans des pouvoirs et de la visibilité du CESE ? 

Depuis le début, nous avons essayé de nouer les meilleures relations possibles avec le Parlement, le Conseil et la Commission. Je suis sûr qu’à présent nous avons ouvert la porte à une plus grande coopération. Cela va continuer dans le futur car tout le monde comprend aujourd’hui qu’il est nécessaire d’écouter le Comité économique et social. En effet, jour après jour, l’influence de la société civile s’accroît et après les référendums négatifs en France et aux Pays-Bas le besoin d’écouter la voix de cette société civile est devenu encore plus clair. Pour ces raisons, le CESE est prêt, une fois que le traité de Lisbonne sera ratifié dans les vingt-sept Etats membres, à lancer un nouveau programme pour les dix prochaines années. Nous voulons être capables de réagir immédiatement aux politiques importantes lancées par les institutions européennes, comme le changement climatique, l’environnement, la sécurité énergétique, etc. Cela passera par l’adoption d’avis, la tenue de conférences et l’organisation d’événements pas seulement à Bruxelles mais dans toute l’Europe.

Le CESE n’est-il pas l’enfant pauvre du traité de Lisbonne vu que rien ne change pour lui ?

Techniquement, ce traité ne change rien pour nous. Les articles nous concernant sont les mêmes que ceux du traité de Nice. Bien sûr tout le monde souhaiterait plus de pouvoir et de visibilité. Mais pour le moment nous sommes satisfaits avec cette situation. Toutefois, après cinquante ans, nous sommes prêts à proposer quelque chose de nouveau et de rafraîchissant pour notre comité. Il est nécessaire de trouver une nouvelle vision et de rétablir notre position au sein des institutions de l’UE. D’ici la fin de mon mandat, en octobre prochain, nous en discuterons beaucoup. Les sujets évoqués seront par exemple la structure du comité, le type d’avis à adopter, notre programme à long terme, les plans stratégiques, etc.

Le manque de visibilité du CESE est-il dû au fait qu’il adopte des avis souvent très consensuels ? 

Le plus important pour nous n’est pas de déposer un avis controversé mais d’exprimer ce que la société civile veut. Il ne s’agit pas de faire de la publicité pour la publicité. Exprimer des avis controversés serait bien sûr meilleur pour notre publicité mais ce n’est pas notre mission.

En tant que président, comment expliquez-vous que plusieurs directives « sociales » soient actuellement bloquées ?

Durant cette période de ratification, il n’est pas utile pour l’Europe d’ouvrir ce genre de grandes discussions. Nous respectons notre modèle social, nous devons nous battre pour lui, nous avons examiné très attentivement le terme de « flexicurité » mais je pense que pour le moment le plus important pour l’Europe est de venir à bout du processus de ratification du traité de Lisbonne. Bien sûr le Comité est toujours prêt à discuter de ces questions mais nous ne voulons pas mener de débats controversés à ce stade. Concernant le dialogue social, il existe depuis la nuit des temps. Sans dialogue social, l’Europe n’existerait pas. Au CESE, nous ne parlons pas seulement de dialogue social mais aussi de dialogue civil car il est important de prendre en compte tous les piliers de la société, comme les fermiers, les ONG, les organisations de consommateurs, etc.

Les membres du CESE sont-ils toujours motivés et participent-ils en masse aux réunions ? 

La grande majorité de nos membres est aujourd’hui très proactive. C’est un grand cadeau que nous ont fait les nouveaux Etats membres car après l’élargissement de 2004 nous avons eu une arrivée de jeunes personnes intéressées par l’Europe et les travaux du Comité. Jour après jour, nous avons un nombre croissant de membres actifs.

Quelles sont vos attentes pour le futur ? 

Le plus important pour nous est de trouver de nouvelles propositions pour l’Europe. Nous pouvons survivre avec le traité de Lisbonne mais la réalité est que nous voulons une vraie Constitution européenne. Nous espérons que la ratification du traité sera le premier pas pour continuer le dialogue politique vers une Europe plus fédérale et plus proche des citoyens. Déjà avec le traité de Lisbonne, le déficit démocratique diminue, le Parlement européen obtient plus de pouvoirs, ce qui nous réjouit. Mais sur la communication, nous avons encore beaucoup de travail à faire pour accroître notre visibilité pas seulement à Bruxelles mais dans toute l’Europe, car l’Europe n’est pas Bruxelles elle va de Chypre aux pays baltes en passant par le Portugal. Pour communiquer avec 500 millions de personnes ce n’est pas facile.



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