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Politiques externes / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | ![]() Les positions en présenceOttawa, dans l’ombre de WashingtonPar Brian Beary à Washington | lundi 07 décembre 2009
![]() Lorsqu’on a comme premier partenaire commercial - et de loin le premier - les Etats-Unis, il est difficile de ne pas être dans son ombre. C’est bel et bien Washington qui donne la réplique à Ottawa en négociations sur le climat. Une situation qui agace les militants écologistes qui estiment que le Canada a trop longtemps été un « mauvais élève ». L’UE a enragé lorsque le président américain George Bush n’a pas signé le protocole de Kyoto. Mais combien d’Européens ont constaté que le Canada avait signé et ratifié Kyoto, pour ensuite permettre à ses émissions de gaz à effet de serre d’augmenter à un rythme encore plus rapide que les américaines ? Le Canada a été contraint, de par Kyoto, à réduire ses émissions de 6 % en 2012, mais il n’atteindra pas cet objectif. Il devrait même le dépasser largement, vu que ses émissions en 2007 étaient de 26 % supérieures aux niveaux de 1990. L’été dernier, Ottawa a annoncé viser une réduction de 20 % en 2020 par rapport au niveau d’émissions de 2006. En clair, une baisse de 3 % par rapport à 1990, l’année de référence de l’UE. Un objectif qu’un porte-parole du gouvernement canadien a qualifié de « réaliste mais néanmoins ambitieux compte tenu du fait que le Canada a une population croissante et un secteur industriel à forte intensité énergétique ». Il a noté que le Canada était le septième émetteur de la planète, responsable de 2 % des émissions mondiales. L’objectif national de réduction des émissions à long terme est entre 60 et 70 % inférieur aux niveaux de 2006 pour 2050. L’objectif canadien pour 2020 est similaire, tant en réduction de pourcentage qu’en année de référence choisie, à celui que les Etats-Unis devraient adopter si le Congrès adoptait la législation sur le climat (article séparé). Le Canada a récemment reporté, pour la troisième fois en trois ans, la mise en œuvre d’un vaste programme national serrant la vis à l’encontre des grands pollueurs. Un porte-parole a indiqué que le gouvernement élaborerait « un mécanisme de plafond et d’échange d’émissions spécifique aux secteurs industriels canadiens » qui pourrait être relié à un futur système américain, voire à celui de l’UE. Ottawa attend donc de voir ce que fait Washington. Une stratégie qui irrite les écologistes, mais qu’un analyste juge compréhensible vu la dépendance économique du Canada par rapport aux Etats-Unis. LES PROVINCES FORCENT L’AVENIRLe Canada est aussi un miroir des Etats-Unis, en ce sens que pas mal de provinces, à l’instar de beaucoup d’Etats américains, appliquent une politique climatique bien plus ambitieuse que le gouvernement fédéral. Ainsi, le Québec compte, d’ici 2020, ramener ses émissions à 20 % sous les niveaux de 1990 (l’objectif d’Ottawa est de 3 %). La Colombie britannique, le Manitoba, l’Ontario et le Québec se sont joints à sept Etats américains pour constituer la Western Climate Initiative. Celle-ci compte mettre en place un système régional de plafonnement et d’échange en 2012, ce à quoi Ottawa ne s’oppose aucunement. Une différence entre le système de gouvernement américain et canadien est qu’un futur traité des Nations unies sur le climat devra être ratifié par chaque province canadienne pour entrer en vigueur, ce qui n’est pas le cas pour les Etats fédérés américains. Concernant le mode opératoire, le gouvernement canadien a annoncé en 2008 que son objectif était de faire en sorte que 90 % de l’électricité du pays proviennent de sources sans émissions d’ici 2020. Dans le bouquet énergétique actuel, 76,4 % proviennent de ces sources exemptes d’émissions : 59,2 % d’hydro-électricité, 15,6 % de nucléaire, et 1,6 % d’autres renouvelables. Le gros problème au Canada est la croissance rapide de son industrie des sables bitumineux dans l’Alberta et au Saskatchewan : elle représente 4,9 % de l’ensemble des émissions. Le gouvernement du Premier ministre conservateur Stephen Harper espère contrer cette croissance en développant le captage et stockage de carbone (CSC), une technologie qui empêche aux émissions d’entrer dans l’atmosphère. Le gouvernement ne tient pas trop à réduire les émissions en subventionnant des projets d’énergie propre ou de conservation de la forêt dans les pays en développement (les compensations internationales). Selon un porte-parole, il opterait plutôt pour « de nouveaux mécanismes fondés sur le marché qui étendraient l’ampleur et la portée des marchés du carbone au-delà des approches axées sur des projets » et qui seraient « efficaces sur le plan économique et sains sur le plan environnemental ». Dans les négociations des Nations unies, le Canada est l’un des nombreux pays développés à exiger qu’un nouvel accord sur le climat soit juridiquement contraignant, y compris pour les pays en développement. |
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