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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | ![]() Conférence de CopenhagueMini-ambitions pour un méga-défi mondialPar Anne Eckstein | vendredi 04 décembre 2009
Les choses commencent à bouger. Le 25 novembre, Washington a annoncé que le président Obama se rendra à Copenhague le 9 décembre et y mettra sur la table un engagement ferme de réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis d’ici 2020 (par rapport à 2005), de 30 % d’ici 2025 et de 42 % à l’horizon 2030. Une bonne nouvelle qui suit des annonces ambitieuses faites par une série de pays : Japon, Brésil, Corée, Indonésie et Russie. Le mouvement semble cette fois lancé puisque Pékin a annoncé à son tour, le 26 novembre, que la Chine était prête à réduire l’« intensité carbonique » de 40 à 45 % d’ici 2020 par rapport à 2005. Ces engagements ne sont peut-être pas encore à la hauteur des attentes de leurs partenaires mais le premier pas est fait et permet aux négociateurs de prendre la route de Copenhague avec un (petit) regain d’optimisme. Ce léger frémissement, à dix jours de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le climat de Copenhague (7 au 18 décembre 2009) détend quelque peu l’atmosphère. Car il y a moins de deux semaines encore, les discussions étaient totalement bloquées et personne n’osait, ne fût-ce qu’imaginer, qu’un accord juridiquement contraignant et comprenant des engagements et des mesures concrètes, soit encore possible. Peut-on en conclure que la route est désormais dégagée pour que Copenhague aboutisse à un nouvel accord international « ambitieux, complet et légalement contraignant » en bonne et due forme ? Non et les principaux acteurs, d’Yvo de Boer, directeur exécutif de la Convention climat au président américain Barack Obama, ou aux représentants au plus haut niveau de l’Union européenne l’ont dit et répété : un tel accord est, aujourd’hui, « irréaliste ». GRANDES AMBITIONS VERSUS RÉALISMEAlors que peut-on attendre de la Conférence de Copenhague ? Les grandes visions ambitieuses annoncées lors du lancement du processus de révision du protocole de Kyoto, à Bali, en décembre 2007, ont fait long feu et, réalisme oblige, ont été largement revues à la baisse. Pourtant, « je n’ai aucun doute que Copenhague aboutira à un succès », déclarait Yvo De Boer à Bruxelles, le 23 novembre. Précisant sa pensée, il a indiqué « qu’il attend que l’on s’entende sur un ensemble de décisions qui seront ensuite mises en formes de manière légale ». Des décisions qui, a-t-il ajouté, devront couvrir un certain nombre de points importants : des engagements clairs et précis de réduction des émissions des pays industrialisés ; des objectifs de réduction précis, par pays d’ici 2020 ; des engagements des pays en développement sur les mesures qu’ils comptent prendre pour réduire la croissance de leurs émissions ; une clarification des intentions des pays industrialisés en terme de financement, à court et à long terme de l’aide aux pays en développement. Il faut enfin, dit-il, un engagement financier garanti, clair et prévisible et une mise de départ de 10 milliards de dollars par an pour une action immédiate sur la période 2010-2012. Celle-ci doit être définie en termes d’aide à l’adaptation, de mobilisation des technologies nécessaires et de construction des capacités. Le « paquet » de Copenhague devra aussi comprendre un volet « forêts » avec des indications relatives à la coopération internationale en matière de lutte contre la déforestation. Enfin, les gouvernements devront arrêter un calendrier serré pour finaliser l’accord sous forme de texte juridique. La « traduction » de ces décisions en un traité légalement contraignant devrait être possible dans les 3 à 6 mois : plus l’accord de Copenhague sera précis, plus ce travail sera aisé et rapide. DE KYOTO À COPENHAGUEDouze ans ont passé entre l’adoption du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre (décembre 1997) et décembre 2009, date à laquelle la communauté internationale est appelée à donner une suite à ce protocole. Douze ans au cours desquels la question du changement climatique, traitée en mode « discret » à l’époque, est devenue l’urgence du moment, LA question qui agite autant les scientifiques que les politiques ou la société civile. Il est temps. La première période d’engagement du protocole arrive à son terme au 31 décembre 2012 et les analyses scientifiques, au stade des présomptions en 1997, sont aujourd’hui des certitudes : le réchauffement climatique est une réalité et les activités humaines en sont responsables à 90 %, comme l’ont conclu, en novembre 2007, les experts du GIEC (Groupe international des experts sur le climat). Des conclusions qui sont plus que jamais d’actualité tout comme le sont aussi les recommandations du GIEC en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, si l’on veut maintenir l’augmentation moyenne des températures en dessous de 2 °C. Le protocole de Kyoto avait fixé des objectifs de réduction des émissions aux pays industrialisés et créé une série d’instruments. Dix ans plus tard, à Bali, les pays parties au protocole de Kyoto ont lancé le processus de révision de ce texte sur base d’une « feuille de route » visant à en actualiser les principaux éléments. Copenhague devait en être l’aboutissement, avec un nouveau traité international, rassemblant comme ils s’y sont engagés à Bali, tous les pays, y compris les Etats-Unis. Au vu des derniers développements un « accord-cadre » politique ne semble plus impossible mais il n’aura ni la forme ni la portée juridique d’un véritable traité : Copenhague ne sera qu’une étape, essentielle, mais une étape quand même, sur la longue route qui doit mener la communauté internationale à affronter, unie, le plus grand défi qu’elle ait eu à connaître : le changement climatique. Recommandations du GIEC sur la réduction des émissions * Pic des émissions mondiales : le plus tôt possible et en tout cas avant 2020 * Minimum 50 % de réduction des GES en 2050 par rapport au niveau de 1990 Ce qui implique, pour les pays industrialisés : * 25 à 40 % de réduction en 2020, par rapport à 1990 ; * 80 à 95 % en 2050 par rapport à 1990 Et pour les pays en développement : * pour les économies émergentes, un ralentissement de la hausse des émissions par rapport à la croissance économique escomptée de 15 à 30 % par rapport à la tendance actuelle d’ici 2020 * pour tous les pays en développement, un ralentissement de la croissance des émissions par rapport à la tendance actuelle d’ici 2050. |
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