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Politiques externes / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | ![]() Les positions en présenceLes déclarations ambitieuses du Brésil accueillies avec prudencePar Brian Beary à Washington | lundi 07 décembre 2009
Pour aller à Copenhague, le Brésil s’est choisi comme stratégie de faire des déclarations audacieuses sur ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Histoire, surtout, de mettre mal à l’aise les Etats-Unis. Il a annoncé, le 13 novembre, un objectif à moyen terme de 36,1-38,9 % de réduction des émissions globales d’ici 2020. Au moins la moitié de cet effort proviendrait d’un frein à la déforestation au Brésil, qui représente à elle seule plus de 50 % de ses émissions. L’autre moitié proviendrait d’actions qu’entreprendraient l’industrie et l’agriculture. Le président Luiz Lula de Silva fait d’un accord à Copenhague une affaire personnelle, et incite les dirigeants mondiaux à faire le déplacement en décembre. S’ils peuvent améliorer les chances d’un accord politique à Copenhague, les objectifs ambitieux du Brésil doivent être examinés avec prudence. Le Brésil n’a pas encore dit quelle serait l’année de référence (1990, 2005). Un choix capital car l’effort à prodiguer différerait énormément selon l’année de référence. Selon un analyste de la politique du climat, s’il choisit 2005, le Brésil est déjà à mi-parcours puisqu’il en est aujourd’hui à 20 % sous le niveau de 2005. En outre, comme le Brésil se classe dans les pays en développement selon Kyoto, ses émissions ne sont pas vérifiées par un panel d’experts des Nations unies de la même manière que les émissions d’un pays développé. L’on doit donc croire le Brésil sur parole quant à ses niveaux passés et présents. Le Brésil devrait résister aux demandes pressantes de se soumettre à un régime aussi strict de vérification que l’UE et les Etats-Unis, ou de rendre ses objectifs nationaux contraignants. Le gouvernement brésilien a fait un effort réel pour lutter contre le changement climatique il y a cinq ans. Marina Silva, la ministre de l’Environnement 2003-2008 qui pourrait désormais briguer la présidence, a été pionnière dans la conservation des forêts. Elle s’est battue avec succès avec d’autres ministres sur ce dossier : la déforestation a régressé de 60 % pendant son mandat. Le gouvernement espère aller jusqu’à une réduction de 80 % en 2020 et de 100 % en 2030. Le déboisement contribue grandement au réchauffement de la planète puisque les arbres absorbent le dioxyde de carbone. FINANCER LA FORESTATIONLe Brésil cherche à rallier d’autres pays à sa politique de reboisement. Le président Lula leur a demandé de contribuer au Fonds pour l’Amazonie, qu’il a créé en août 2008 dans l’espoir de recueillir 21 milliards de dollars au moins. Il y a un consensus international sur ce domaine. Un nouveau programme REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) se négocie actuellement à l’ONU. Les Etats américains dépendants du charbon, comme le Wisconsin, se disent intéressés par un mécanisme de compensation de leurs émissions par le financement des projets sylvicoles dans les pays en développement. Il s’agit d’un nouvel élément, car le traité de Kyoto a totalement ignoré le rôle de la déforestation dans le réchauffement de la planète. Côté énergétique, le Brésil est mieux loti que d’autres, il ne dépend pas autant des combustibles fossiles à fortes émissions comme le charbon. Il tire près de 50 % de son énergie de sources à faibles émissions, renouvelables, telles que l’hydro-électricité et les biocarburants. L’éthanol à base de canne à sucre compte pour une bonne moitié du carburant que consomment les véhicules légers. Toutefois, ce tournant brésilien vers le biocarburant ne l’aide pas nécessairement à réduire ses émissions. L’éthanol de canne à sucre émet peut-être moins de gaz à effet de serre que l’essence ou le diesel, mais les émissions nettes pourraient être plus élevées si l’on abat toute une forêt pour cultiver la canne à sucre. Le gouvernement a donc annoncé, en septembre 2009, une politique interdisant la culture de cette plante sur 92,5 % du territoire national et prévoyant que la part des terres cultivées en canne à sucre passe à 0,8 % d’ici 2017. |
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