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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Elements clés de la négociatioN

La lutte contre la déforestation, pièce incontournable du puzzle

Par Anne Eckstein | lundi 07 décembre 2009



La destruction des forêts serait responsable de 18 à 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui en fait l’une des causes importantes du réchauffement climatique. La FAO estimait en 2005 les pertes nettes de forêts à quelque 7,3 millions d’hectares par an pour une surface totale d’environ 4 milliards d’hectares, soit 30 % de la superficie émergée de la planète. Les forêts tropicales – et donc essentiellement les pays en développement (PVD) - sont au cœur du problème. L’aide que les pays industrialisés pourront leur apporter pour y faire face est l’une des clés de la Conférence de Copenhague.

La question d’une prise en compte de ces émissions est un débat qui a longuement occupé les négociateurs de la Conférence sur le changement climatique de Bali (décembre 2007) et qui a abouti à l’adoption d’un plan d’action et d’un mécanisme de paiement pour compenser/rétribuer les réductions d’émissions dues à la déforestation et à la dégradation des sols, dit «  Programme REDD ».

Les forêts sont ainsi devenues «  attractives », leur protection et restauration pouvant donner lieu, au bénéfice de ceux qui investissent dans de telles opérations, à des «  crédits carbone » au même titre que le mécanisme de développement propre (MDP) créé par le protocole de Kyoto. Or, ce marché manque de transparence et il apparaît de plus en plus que le système peut avoir des effets pervers sur la biodiversité, le climat et au détriment des communautés locales.

Par ailleurs, si la déforestation est cause d’émission de CO 2, la forêt en tant que telle est aussi un « puits de carbone » puisqu’au cours de leur croissance, les arbres absorbent le CO 2. Aussi, depuis Bali, les experts ont-ils ajouté une dimension «  séquestration du carbone » au REDD, devenu ainsi REDD+ : il ne s’agit plus seulement de comptabiliser les émissions qui n’auront plus lieu grâce à l’arrêt de déforestations mais également de compter les quantités de CO 2 que les forêts sont capables de capter.

La mise en place d’un mécanisme REDD+ pleinement opérationnel, corrigeant les insuffisances du REDD et assurant aux PVD – et certains pays en développement émergents comme le Brésil (voir article séparé) et l’Indonésie en ont fait le fer de lance de leur position – une assistance adéquate et suffisante, est un des enjeux délicats de la négociation de Copenhague. Niveau des financements, modalités (par exemple, faut-il ou non plafonner la part des efforts/investissements des pays développés qui donneront droit aux crédits carbone), gestion et contrôle du mécanisme sont en effet autant de questions encore « ouvertes ».



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