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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | ![]() Tribune libreCopenhague : c’est là qu’il faut conclure l’accordlundi 07 décembre 2009
![]() Il y a deux ans, à Bali, les parties impliquées dans la convention des Nations Unies sur le climat s’accordaient à dire que le Sommet de Copenhague, en décembre 2009, serait l’occasion de conclure un accord de suivi au Protocole de Kyoto. Des centaines de milliers de personnes soutiennent un accord fort et juridiquement contraignant par le biais d’actions physiques et en ligne. Plusieurs politiciens et gouvernements partagent cet avis. Toutefois, le ton a changé dernièrement dans les milieux politiques. Les attentes, très élevées pour beaucoup, sont revues à la baisse. Les gros titres de la presse traduisent l’opacité des termes « juridiquement contraignant mais pas totalement complet », « politiquement contraignant » (comprenne qui pourra !) ou « retard ». M. Rasmussen, Premier ministre danois et hôte du Sommet de Copenhague, mène la valse des hésitants, inquiet même pour la crédibilité de son pouvoir. Ses projets sont à tout le moins ambigus et le fait qu’il répète que Copenhague ne débouchera pas sur un accord juridiquement contraignant incite les acteurs les plus négatifs à saisir l’occasion pour noircir le tableau. C’est pourquoi il est important de se recentrer sur les résultats à attendre de Copenhague, en maintenant les exigences à un niveau élevé et en ne laissant pas les milieux politiques ajouter de l’huile sur le feu au risque d’obtenir un résultat inadéquat. Malgré l’évocation de retards possibles, c’est à Copenhague que l’accord doit être conclu - tous les détails ne seront peut-être pas finalisés mais il est important de progresser vers une forme juridiquement contraignante afin que les étapes suivantes ne soient pas freinées par la nécessité de prendre des décisions majeures. Il est particulièrement important que l’UE reste ambitieuse. Elle a un rôle capital à jouer dans l’application du Protocole de Kyoto et a toujours maintenu la nécessité d’un suivi juridiquement contraignant, y compris dans les conclusions du Conseil d’octobre. L’UE doit mettre tout son poids politique dans la balance pour qu’un accord réussi soit conclu à Copenhague. Heureusement, il existe quatre bonnes raisons d’être optimiste : L’engagement politique est à son plus haut niveau - il est en partie le fruit de campagnes menées depuis plusieurs années par des organisations comme le WWF. Les chefs d’Etat et de gouvernement et plusieurs ministres sont directement impliqués. Toutes les questions sont encore sur la table et ont leurs défenseurs. Même les voix de ceux qui ont des attentes moins ambitieuses quant à l’aspect juridiquement contraignant restent centrées sur la conclusion d’un accord substantiel dans les domaines suivants : réalisation des objectifs de réduction des émissions et soutien financier aux pays en développement. Plusieurs gouvernements soutiennent une action forte, et ils font preuve d’une fermeté inhabituelle Dans son discours au Congrès américain, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a comparé l’importance du traité climatique à la chute du mur de Berlin il y a 20 ans ; La sortie sans précédent du Groupe africain, qui a voulu marquer ainsi qu’il désapprouvait la lenteur des négociations de Barcelone, témoigne d’une résolution nouvelle et plus vigoureuse ; et un grand nombre de pays en développement ont fait clairement savoir qu’ils n’accepteraient RIEN DE MOINS qu’un accord juridiquement contraignant de la part du Sommet de Copenhague. Enfin, la science et la réalité concrète nous montrent que la mutation planétaire est amorcée ; les écarts énormes entre les pays riches et les pays pauvres sautent aux yeux et les différences d’aptitude à gérer ce problème augmentent un peu plus chaque jour. Il ne faut pas sous-estimer le changement climatique - à brève échéance, il supplantera tous les autres problèmes planétaires. Ces faits ont été bien mieux réalisés par les milieux politiques au cours des deux dernières années. Le WWF a identifié les dix points clés d’un traité climatique adéquat : 1. Un cadre juridiquement contraignant avec un Protocole de Kyoto amendé et un nouveau Protocole de Copenhague, qui garantisse la survie des pays, des cultures et des écosystèmes et qui ouvre la voie vers une économie à faible consommation de carbone. 2. Un pic d’émissions mondiales avant 2017, maintenant le réchauffement climatique sous le seuil dangereux de 2 °C et ramené aussi vite que possible à moins de 1,5 °C. 3. Les pays industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de 40 % d’ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. 4. Les pays en développement se mettent d’accord sur la prise de mesures significatives pour réduire d’au moins 30 % les émissions par rapport au niveau des « activités habituelles des entreprises » (Business-As-Usual), d’ici 2020. 5. Les émissions provenant de la destruction des forêts sont réduites de trois quarts (75 %) d’ici 2020, en tenant compte des droits des populations indigènes et des communautés locales. 6. Un cadre d’action visant une adaptation immédiate est mis en place, surtout pour les pays et les écosystèmes vulnérables, et il inclut des garanties et des compensations. 7. Un financement public de l’ordre de 160 milliards de dollars par an, issus de sources innovantes, est proposé aux pays en développement pour leur adaptation. 8. Un mécanisme est créé pour le renforcement de la coopération technologique en matière de recherche, de développement et de propagation des technologies « zéro carbone » et « résilience au climat ». 9. Un nouveau mécanisme institutionnel au titre de l’UNFCCC prévoit la coordination, la mise en oeuvre et l’allocation de fonds, de manière transparente et démocratique, et incite à la mise en conformité. 10. Les parties se mettent d’accord sur des normes transparentes et comparables pour les marchés du carbone, l’utilisation des forêts et des terres, les efforts d’atténuation de l’impact et les inventaires, ainsi que sur les moyens de limiter les émissions de l’aviation et de la navigation internationales. Avec le soutien de tous au niveau mondial, nous pouvons prouver aux milieux politiques que les retards et les tergiversations sont inacceptables. (*) Directeur de l’unité « politiques énergétique et climatique européennes » de l’EPO, le bureau des politiques européennes du World Wide Fund for Nature (WWF) |
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