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Un rejet de la demande d’adhésion au Conseil de l’Arctique bâillonnerait l’UE

Par David Kepes | mercredi 01 septembre 2010

Le Conseil de l’Arctique serait, pour l’Union européenne, la meilleure tribune pour exprimer son point de vue. Né de la Déclaration d’Ottawa en 1996, le Conseil lie tous les Etats ayant des prétentions territoriales arctiques, et permet aux pays de coordonner leurs efforts dans la région. Le Conseil accorde le statut d’observateur à d’autres pays et à des ONG. L’UE a fait en 2008 sa demande de statut d’observateur, qui a été rejetée l’année suivante à la réunion de Tromso (Norvège) du Conseil. La demande de la Chine, de l’Italie et de la Corée du sud n’a pas été acceptée non plus.

Le Canada bloquerait l’octroi de ce statut en représailles contre l’embargo européen qui frappe les importations de produits dérivés du phoque. «  Le Canada n’estime pas que l’Union européenne, à ce stade, a la sensibilité requise pour pouvoir reconnaître le Conseil de l’Arctique, et son adhésion, c’est pourquoi je m’y oppose », indique Lawrence Cannon, ministre canadien des Affaires étrangères. Il note aussi que le Canada estime que la chasse au phoque est une pratique viable et dépourvue de cruauté. Le Canada n’est pas seul à rejeter la demande de l’UE, la chasse au phoque contribuant grandement à l’économie des Inuits du Groenland (Danemark). Si la Norvège chasse aussi le phoque, elle a choisi d’appuyer la demande européenne. «  La Norvège partage l’avis [sur l’embargo] du Canada. Mais pour la Norvège, c’est justement une raison de plus pour inviter des observateurs », explique le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Ghar Store. Cet appui pourrait provenir du rapprochement des deux parties sur la sécurité énergétique, l’UE cherchant à diversifier ses sources de gaz et de pétrole face à une Russie peu fiable.

Le Conseil de l’Arctique, qui se réunit tous les six mois, englobe cinq groupes de travail sur différents aspects de la région : protection des ressources, vie marine, climat, prévention des situations d’urgence, développement durable. Le Conseil est un formidable outil de recueil de données et d’analyse, comme en atteste son étude d’impact sur le climat arctique (ACIA, pour Arctic Climate Impact Assessment) auquel plus de 300 scientifiques ont participé.

Tous les deux ans, une « Déclaration » formelle mais non contraignante fait le bilan des travaux du Conseil et présente les travaux futurs. Sont couvertes les principales activités du Conseil dont le changement climatique, le développement durable, l’évaluation et la surveillance arctiques, les polluants organiques persistants (POP) et autres contaminants de l’Arctique, et les travaux des cinq groupes de travail. Le Conseil s’est vu récemment reprocher de ne pas faire assez pour associer les populations autochtones. A cet égard, le Conseil circumpolaire inuit a dénoncé, en octobre 2009, l’attitude des gouvernements. L’UE affirme qu’elle plaidera pour l’inclusion des autochtones, un objectif constamment cité comme une priorité absolue pour une politique cohérente de l’Arctique.



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