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Télécommunications

Très haut débit : trois questions à Michael Bartholomew

Propos recueillis par Nathalie Vandystadt | lundi 17 janvier 2011

Selon les chiffres dont dispose le directeur d’ETNO, l’association européenne des opérateurs télécoms ex-monopoles, construire les réseaux internet à très grande vitesse dans toute l’Europe coûtera jusqu’à 300 milliards d’euros sur quinze ans.

Pourquoi le déploiement de ces réseaux est-il devenu prioritaire ?

Tout simplement parce qu’il nous faut répondre aux demandes des consommateurs pour de nouveaux services innovants, qui vont réclamer de plus en plus de capacité en haut débit. Juste pour donner un exemple, le trafic des données doit passer de 100 à 600 exabits par an (unité pour mesurer le trafic d’internet, 1 exabit équivaut à 1 milliard de gigabits) d’ici à 2015. Les nouveaux réseaux sont au centre des priorités de l’Agenda numérique, c’est pourquoi la Recommandation de la Commission que nous attendons sera très cruciale pour définir les principes de régulation au niveau de l’UE.

Quels nouveaux services en attendre ?

Pour les consommateurs, les nouveaux services incluront la vidéo haute définition, les services vidéo simultanés, blog vidéo, les services de stockage de données sur le réseau, les applications réseaux, etc. Et pour les entreprises, on peut citer les systèmes de vidéo conférence et de télétravail beaucoup plus avancés qu’aujourd’hui, des solutions de collaborations en réseaux, cloud computing. Aujourd’hui, certains services de vidéo conférences sont disponibles mais certainement pas en haute définition. Tous ses services sont en attentes parce que nous n’avons pas encore les réseaux à très haut débit. En outre, de plus en plus de gens utilisent les réseaux, c’est aussi pourquoi nous avons besoin de ces réseaux. Ils créent de nouvelles opportunités dans d’autres secteurs, comme par exemple l’éducation et la santé (comme les diagnostics à distance, les systèmes de contrôle de patients atteints de maladies chroniques, des systèmes d’assistance).

Mais vous n’avez aucune assurance que la demande suivra…

Ces investissements sont en effet très risqués. C’est pourquoi nous attendons de la Commission qu’elle présente des recommandations (sur la régulation des nouveaux réseaux) qui prennent en compte ce risque. Toutefois, le trafic augmente énormément. Il suffit de voir le succès de l’iPad et l’iPhone. Or, tous ces outils, qui requièrent de plus en plus de bande passante, et les réseaux dont nous disposons aujourd’hui sont tout simplement incapables de faire face à ce trafic. Il est donc urgent que nous passions à la vitesse supérieure, comme d’autres régions du monde l’ont fait, et, ce, dès maintenant. Le déploiement des réseaux à très haut débit reposera sur un mélange d’investissements privés, de technologies, de plateformes, en fonction des moyens commerciaux et techniques. Avec tout ce développement technologique, les services mobiles et réseaux sans fil vont de plus en plus concurrencer les réseaux fixes et jouer un rôle majeur pour combler le fossé numérique entre les villes (bien couvertes en haut débit, NDLR) et les régions rurales ou reculées.



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