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Politiques sectorielles / Justice & affaires intérieuresImprimer l'article | ![]() IntégrationRoms : le Parlement tient des propos virulents contre la FrancePar Nathalie Vandystadt à Strasbourg | mardi 07 septembre 2010
Alors que la Commission européenne a clairement tempéré la polémique sur les expulsions de Roms roumains et bulgares par la France, le Parlement européen s’est, à l’inverse, emparé du débat, le 7 septembre à Strasbourg, tenant des propos souvent virulents contre le président français Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon. Une grande partie des eurodéputés est bien décidée à pointer du doigt la France. Et les protestations de Paris ne devraient rien y changer. Au contraire. Le refus du président de la Commission, José Manuel Barroso, de critiquer la France, a eu le don d’énerver les parlementaires européens. Même chose pour des déclarations de Viviane Reding, commissaire chargée de la Justice et des Droits fondamentaux, selon laquelle le gouvernement français lui avait assuré « ne pas avoir mené des actions ciblées contre les Roms incompatibles avec les valeurs et les droits de l’UE », ce qui est plutôt bon signe, selon elle. Dans un vote, prévu le 8 septembre, Libéraux, Verts, socialistes et communistes s’apprêtent donc à dénoncer la politique sécuritaire française et à exhorter la Commission à défendre les traités européens. Notamment la libre circulation des citoyens européens ainsi que l’interdiction des discriminations et des expulsions collectives. Le chef des Libéraux Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, a par exemple mis en garde contre la « tentation populiste, parfois raciste », qui s’exprime selon lui en France et dans d’autres pays de l’UE. Les projets de résolution pourraient donner lieu à un texte commun aux Libéraux et à la gauche européenne. Leurs auteurs espèrent toutefois être rejoints par certains élus conservateurs du PPE. Même si la famille politique de Nicolas Sarkozy a par ailleurs dénoncé une « manipulation politique » opérée contre la France, réclamant plus généralement à la Commission une « stratégie européenne pour la communauté rom ». « Ce que fait la France contredit tout bonnement les traités européens», a estimé, de son côté, le chef de file des Verts, Daniel Cohn-Bendit, ajoutant : « Et là aussi, l’Europe a besoin d’un président capable de monter au créneau lorsqu’un Etat membre ignore ces droits ou agit contre les intérêts de ses citoyens». Il en va, selon lui, de la crédibilité de la Charte des droits fondamentaux, rendue contraignante avec le traité de Lisbonne et interdisant les discriminations et les expulsions collectives. PROTESTATIONS FRANÇAISESFace à ce concert de critiques, la France a dénoncé des propos « totalement excessifs ». « J’ai trouvé des propos, dans la bouche d’eurodéputés, totalement excessifs et injustes à l’égard de la politique de la France à l’égard des Roms », a dit le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche. « Ces orateurs le savent parfaitement. Les démantèlements des camps de Roms l’ont été sous le contrôle du juge et l’ont été à la demande de municipalités» de tous bords politiques, a ajouté M. Lellouche. Selon lui, « la France ne fait qu’appliquer le traité de Lisbonne, le droit européen et la directive de 2004 » (sur la libre circulation des citoyens européens dans l’UE), ajoutant que « le droit de séjour des citoyens roumains, bulgares, irlandais ou belges ou d’autres pays est limité à trois mois et soumis à un certain nombre de conditions, il est strictement encadré». « Nous avons affaire à la carence d’un gouvernement européen, qui ne remplit pas ses obligations à l’égard de ses propres ressortissants », a conclu le ministre français. Alors même que la politique de son pays à l’égard des Roms est également sous le feu des critiques de l’ONU, des associations de défense des droits de l’homme et de l’Eglise catholique. La colère des eurodéputés ne devraient être apaisée par la Commission. Ni par les propos de José Manuel Barroso, qui après une rencontre avec Nicolas Sarkozy, le 6 septembre à Paris, a appelé à faire l’équilibre « entre la liberté de circulation et la sécurité », sous peine de donner des arguments aux « forces extrémistes ». Ni par l’annonce d’un porte-parole, selon laquelle l’exécutif européen ne publierait pas une analyse de la politique française à l’égard des Roms préparée par ses services, ne voulant pas « créer une controverse ». |
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