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Défense européenne

Pas de coopération renforcée sans les Britanniques

Par Jakub Iwaniuk à Wroclaw | lundi 26 septembre 2011

Fermement opposée à tout renforcement de la défense européenne, la délégation britannique s’est trouvée isolée lors de la rencontre informelle des ministres de la Défense des Vingt-sept, qui s’est achevée le 23 septembre à Wroclaw (Pologne). Les propositions de la Haute représentante Catherine Ashton, visant, entre autres, à créer un QG européen, sont activement soutenues par cinq Etats membres (France, Allemagne, Pologne, Italie et Espagne) qui ont envoyé une lettre en ce sens à Mme Ashton, début septembre (Europolitique n° 4257). Mais le ministre britannique de la défense, Gerald Howarth, a campé sur ses positions : «  Si nous parlons d’une structure commune de coopération, et si on s’appuie sur le traité de Lisbonne, il n’a pas été créé pour cela », a-t-il affirmé devant la presse. «  Dépenser du temps et de l’argent pour de nouvelles institutions est difficile à défendre, compte tenu de nos différents engagements et de nos restrictions budgétaires. Ce serait un très mauvais message envoyé à nos alliés américains », a-t-il plaidé. Londres verrait également d’un très mauvais œil que d’autres Etats membres usent de la coopération renforcée dans ce domaine, pourtant prévue par le traité de Lisbonne.

Les partenaires européens ont tenu à rassurer les Britanniques sur ce point.

NE « RIEN FAIRE » SANS LONDRES

Le ministre français Gérard Longuet s’est voulu conciliant : «  les Cinq » se sont mis d’accord pour ne pas froisser la position britannique. «  On en a parlé en tête à tête. On est tombé sur l’idée qu’il ne fallait pas mettre les Anglais dans une situation impossible, et qu’il ne fallait pas non plus paralyser l’Europe (...) On sait régler ce genre de problème par la sémantique, a-t-il soutenu. Les Britanniques savent où est l’Europe quand ils en ont besoin. Et on ne peut rien faire sans eux. »

Pour éviter de paralyser le débat, « les Cinq » ont ainsi choisi d’éluder la polémique sur de nouvelles institutions, pour se concentrer sur des aspects concrets. «  La position britannique a été reçue comme une position ouverte sur bien des sujets, a précisé le ministre polonais Tomasz Siemoniak. Par exemple des groupements tactiques, il y a des convergences ».

Le secrétaire général adjoint du Service européen d’action extérieure, Maciej Popowski, a ajouté qu’il n’était pas question pour l’instant de mettre en place une coopération renforcée, et que l’approche pragmatique à l’échelle des Vingt-sept était privilégiée. «  Nous traitons ‘la lettre des Cinq’ comme une voix supplémentaire dans la discussion. On appuie surtout la nécessité de trouver des solutions pragmatiques, par exemple sur les limites de notre planification et de la conduite des opérations. Et sur ce point, tout le monde s’accorde pour continuer à débattre. »

Reste à savoir si les solutions pragmatiques prônées pourront se passer de nouvelles structures de coopération communes.



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